Introduction

II. Just Watch Me !

I. Le Québec, plus qu’une simple province canadienne

III. Plastique, entre caricature et idéologie perdue

I – Le Québec, plus qu’une simple province canadienne

 

Le Canada, c’est 3 territoires et 10 provinces, et parmi celles-ci, une que tout le monde connait : Le Québec. Mais cela n’a pas toujours été le cas. En effet, il faut comprendre que quand Jacques Cartier fout les pieds en Amérique du Nord en 1534, il ne s’est pas tapé la traversée de l’Atlantique pour aller chercher du sirop d’érable, et est bien décidé à contribuer au premier empire colonial français. Ainsi, est créée la Nouvelle-France, au drapeau marqué par ses lys, vice-royauté qui perdurera tout de même jusqu’en 1763. A cette époque, le Canada n’est qu’une des diverses colonies constituant cette monarchie, dont la capitale créée pourtant bien des années plus tard, en 1608, est la ville de Québec. Comme sur le reste de ce nouveau territoire, la langue officielle est bien entendu le français. Tout cela va perdurer pendant plusieurs longues années, jusqu’à ce que, comme d’habitude lorsque tous les dirigeants d’Europe décident de montrer en même temps qu’ils ont la plus  grosse, la guerre éclate. Et cette guerre, qualifiée sobrement « Guerre de 7 ans », bien que quasiment exclue des manuels d’histoire européens, est pourtant considérable. Une véritable guerre mondiale au sens littéral du terme, qui se conclut par la défaite du Roi de France, de l’archiduché d’Autriche, et du Saint-Empire face à la Grande-Bretagne et la Prusse.

Ainsi, en 1760, la Nouvelle-France se rend, Québec ayant été prise un an auparavant, et en 1763, suite au Traité de Paris, Louis XV auquel il a été laissé le choix, préfère céder à son ennemi la Nouvelle-France, plutôt que les Antilles.  Avec les provinces du Canada et de l’Acadie, et les territoires du Haut du Mississipi et des Grands lacs, The Province of Quebec est formée, et c’est un peu le début des emmerdes pour les britanniques, qui ont un peu trop poussé à bout les habitants. En effet, en plus de leur imposer des taxes histoire de renflouer les coffres après la guerre, Londres tente de gérer cette nouvelle terre dont elle ne connait rien avec des lois inadaptées, et pour couronner le tout, les lois anglaises sont imposées à tous. Et alors que la colère monte, arrive dès 1773 les prémices de la Guerre d’Indépendance, et les anglais commencent à flipper. Entre les français et les américains qui s’allient, et la colère des francophones qui grimpe depuis dix ans, il y a quelque chose de pourri dans l’ancien royaume de Nouvelle-France. En 1774 est donc promulgué L’Acte de Québec, rendant aux français des droits issus de leur pays d’origine,  les laissant pratiquer leur religion –catholique-, les habitants d’Albion étant anglicans, et la Province de Québec est agrandie. Et enfin, Lafayette et Washington débarque, l’occasion pour tous de choisir un camp. Certains restent fidèle à la couronne de France et aident les américains, certains se sentent plus assimilés aux britanniques, et enfin, troisième catégorie, certains loyalistes anglais se tirent au Québec lorsqu’ils voient la défaite venir pour leur équipe vers la fin de la Guerre d’Indépendance.

Seul problème, même si Washington décide de ne pas aller les poursuivre, ces soldats se réfugient dans une province qui est certes britanniques, mais se retrouvent en minorité face aux francophones deux fois supérieurs en nombre. L’impossibilité de s’intégrer se fait donc vite sentir, les natifs anglais voulant qui plus est de nombreux privilèges sur le reste de la population. Le gouvernement voit la catastrophe arriver, et décide par l’Acte constitutionnel de 1791, de scinder le territoire en deux, divisant la province en un Bas-Canada francophone, et un Haut-Canada anglophone. Néanmoins, après plusieurs années, les Canadiens-français se rendent compte qu’ils se sont fait entuber, et qu’un bon nombre de lois les désavantagent totalement. En 1834, un cahier de doléance est envoyé directement à Londres pour expliquer leur situation, mais la capitale, en plus de mettre trois hivers à traiter la requête, répond par la négative, et renforce le pouvoir des anglophones, mettant le feu aux poudres. Entre révolte armée, et répression sanglante, le gouvernement cède, mais à sa manière, en unissant de nouveau les deux Canada en 1840, tout en prenant des mesures claires et précises visant à intégrer convenablement les francophones, de plus en plus nationalistes. 1867 marque un tournant pour le Canada. En effet, les britanniques décident progressivement de découper le pays ainsi que de l’agrandir.  Scindé une nouvelle fois en deux provinces, le Québec –français- et l’Ontario –anglais-, viennent se greffer à l’ancien Canada, la Nouvelle-Ecosse et Nouveau-Brunswick. Par l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, ce nouveau Canada devient, bien qu’il ne soit pas entièrement souverain sur certains plans politiques, indépendant. Le Québec et ses habitants peuvent enfin jouir d’un territoire reflétant leur culture et leur langue. Enfin, dans l’idéal…

Mais -parce qu’il y a un mais-, tout ne se passe évidemment pas comme prévu. Au cours des années suivantes, le Québec, ainsi que le Canada connaissent tous deux un fort essor industriel, mais la crise économique va progressivement pousser les habitants à remettre en doute l’idée du modèle fédéral, jugeant le gouvernement du pays en partie responsable de ce qui arrive. Alors qu’ils n’avaient pas totalement disparu mais s’étaient grandement calmés, les mouvements indépendantistes reviennent progressivement en force, allant jusqu’à revendiquer un nationalisme québécois, et sont soutenus par divers homme politiques allant de députés au premier ministre de la province. La crise s’intensifie, et la colère monte. Durant la Première Guerre mondiale, le Royaume-Uni coupe les fonds alloués au Canada pour se consacrer à la reconstruction d’Albion, les ressources n’arrivent donc plus outre Atlantique, et ce sont les USA qui contribuent alors au développement industriel du Québec, jetant encore un peu plus d’huile sur le feu dans une contrée qui prône de plus en plus le rejet du Canada.  Tandis qu’entre deux guerres, le pays à la feuille d’érable devient enfin souverain via le Statut de Westminster, le fameux krach boursier de 1929 met l’économie du pays en position banqueroute, le clivage continue de se former, et les carabistouilles d’Hitler ne vont pas arranger les choses. Les Canadiens-français, majoritairement non touchés par la propagande militaire, cette dernière n’étant pas traduite car le gouvernement du pays n’en voyait pas l’intérêt, sont, contrairement au reste des autres habitants, contre une politique interventionniste dans ce conflit mondial. Une fois le petit moustachu défait, le Québec se démarque par une période ultra-conservatiste socialement ainsi qu’économiquement, que certains qualifieront de « Grande Noirceur » qui se termine en 1960. Les dix années qui vont suivre vont ainsi nous amener au cœur du problème, la Crise d’octobre 1970.

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urbanvspanini10
urbanvspanini10

Je me demandais pendant 2 pages c’était quoi le rapport entre ce personnage que je connaissais peu et l’histoire du Québec X).
Mais finalement ça a un sens toute cette histoire. GG pour ce dossier qui met en lumière un perso assez méconnu.
Par contre je me demande comment tu trouve tes sujets pour tes dossiers assez particulier ?

The Trickster
The Trickster

Ça c’est du cours d’histoire mes amis ! A noter que le ministre Pierre Laporte serait mort d’une tentative d’évasion et saurait étouffer lui même avec sa chaînette de cou. (Version officiel mais mis en doute par beaucoup) et le FLQ bien que réel n’était en fait qu’un mouvement marginal avec peu d’adhérents réel dû a sa violence.

Mais wow quel dossier pour la belle Plastique qui méritait d’être aussi bien traité.

BRAVO!

À noter que chez marvel il y a aussi Northstar ( chez les xmen) qui a une histoire semblable, mais qui fini par être héroïque.