Introduction

1. Premiers pas d’un grand sorcier

2. Intégration ambiguë

3. Trouver sa place

4. Virages mortels

1. Premiers pas d’un grand sorcier

Arion est un point de convergence, possédant divers sens, et associé à des éléments que l’on retrouve dans l’histoire du mage et son évolution. Arion est un nom au passif mythologique. Arion est le fils de Poséidon, dieu des mers, et Déméter, déesse de l’agriculture. Ils ont ensemble une relation sous la forme de chevaux, donnant ainsi naissance à Arion, un cheval immortel. Son rapport à Atlantis n’existe pas. Il est en quelque sorte un cadeau des dieux au roi d’Argos, Adraste, autour duquel tournent diverses légendes. Paul Kupperberg s’en inspire, à la manière du mangaka Yoshikazu Yasuhiko quelques années auparavant, pour son origine mythologique et évoquer un personnage d’une grande puissance.

Un Seigneur entré par la petite porte

ARIONArion suit, dès sa première apparition en 1982, une publication régulière à travers les back-ups de Warlord #55#62. Sans grands espoirs, le personnage n’est pas mieux annoncé que le back-up précédent. La différence se fait sur d’autres facteurs. Paul Kupperberg pioche des éléments dans les titres à succès, comme il a pu le faire maladroitement pour la Doom PatrolArion est une sorte de Doctor Strange inscrit dans le monde d’Atlantis de chez DC, accompagné de Wyynde, une copie d’Arak (lui même copie de Conan), et de Chian, copie de Sif, en guise de background.

Leurs fonctions se réduisent à faire interagir Arion dans deux relations différentes, et présenter une diversité ethnique. Chian est une asiatique maniant le katana, et Wyynde, un natif américain, guerrier et trappeur. Derrière ces clichés généraux, Paul Kupperberg parvient à briser la glace. Il ne met pas Arion en avant. Arion est un mage, finalement, assez faible. Il est souvent montré en détresse. Ses compagnons ne tiennent ce titre que par le rang que possède Arion. Paul Kupperberg ne les délaisse pas.

Le premier arc présente le personnage et son univers de manière très concise. Paul Kupperberg invente le royaume d’Atlantis à un temps oublié, et présente le roi D’Tilluh alors qu’Atlantis n’est pas encore engloutie. Arion est le disciple de Caculha, un vieux mage d’une grande puissance, qui n’est autre que son père. La cité est attaquée régulièrement par des barbares. Lors d’un affrontement, Arion perd soudainement ses pouvoirs. Il a alors une vision de son ancien maître disparu. Tourmenté et effrayé, il comprend qu’il doit, pour les retrouver, se lancer à la recherche de son maître.

Paul Kupperberg fait de Arion un personnage fragile, possédé par une force inconnue et redoutable, qu’il doit apprendre à maîtriser. De manière brève, il expose un début de relation entre ses trois protagonistes, et une relation amoureuse déjà existante entre Arion et Lady Chian. L’intérêt premier du personnage repose sur la volonté de l’auteur d’étoffer le passé d’Atlantis. Il comprenait, déjà, beaucoup d’incohérences, et une histoire inexploitée, et surtout, inexplorée. Il instaure, dans les back-up de Warlord, une introduction à travers ce qu’il nomme les Chroniques de Choloh. Ces chroniques sont des écrits pré-cataclysmiques d’Atlantis. L’idée n’a pas été réutilisée jusqu’à ce jour, mais permet au lecteur de tenir ce rôle d’explorateur des écrits perdus.

L’arc second entraîne Arion dans un duel magique avec l’apparition de Garn Daanuth en tant que némésis. Après trois épisodes, les back-up sont interrompus, annonçant l’arrivée prochaine d’une série solo, à l’effigie du nouveau mage de DC Comics. Arion cherche à évoluer, et comprendre la nature de son pouvoir caché, amorçant ainsi une quête initiatique pour le nouveau personnage. Celle-ci révélera au fur et à mesure son origine, et ses relations à l’univers comique/magique DC.

La magie de l’espérance

Paul Kupperberg scénarise les trois premiers numéros, où il clôt l’intrigue introductive entamée dans les derniers back-up de Warlord. Il amène avec lui les défauts d’un titre qui se perd, qui peine à structurer une cohérence. On y trouve tantôt des hommes des cavernes, des barbares à dos de dinosaures/dragons, ou des samouraïs. Le tout avec un design des moins inspirés. Arion retourne à Atlantis, après quelques indices sur ses origines, sa relation avec Garn Daanuth.

Entre temps, Doug Moench ne supportait plus Jim Shooter chez Marvel Comics. Ce dernier affirme, encore aujourd’hui, que Doug Moench était la cause des départs des artistes vers DC Comics. Doug Moench en a pourtant fait autant en affirmant : « I didn’t quite Marvel Comics ; I quit Jim Shooter.« . La cause principale est la politique rigide imposée chez Marvel, une liberté trop mince, et surtout un gain de considération des artistes après avoir travaillés chez les deux grandes maisons. Du côté des artistes, Jim Shooter paraissait fou. Il voulait instaurer ce qu’on appelle aujourd’hui une série de relaunchs. Ce projet secret a été appelé le Big Bang de l’univers Marvel, qui voulait tuer tous les personnages, pour tous les remplacer le mois suivant, avec un renouvellement des séries au premier numéro. Nous sommes en 1982.

L’arrivée de Doug Moench au scénario change du tout au tout. Il reste fidèle aux caractères créés par Paul Kupperberg, mais la narration devient plus dynamique. Doug Moench rend l’écriture plus fluide, épure le comics, et dynamise le titre en présentant les origines d’Arion. Dans un style très proche de son Moon Knight – et son étrange passion pour les divinités Égyptiennes -, Doug Moench définit l’origine d’Arion, dans un face à face avec son frère Garn Daanuth. Arion a pour but de protéger Atlantis du Déluge. En même temps, il apprend qu’il est fils de divinités cosmiques, sa mère liée au Chaos, son père à la Lumière ; et lui confère le statut de demi-dieu. Arion devient, tardivement, un personnage mieux défini – ce qui semblait être le plan narratif de Paul Kupperberg. Après quoi, le scénariste l’envoie braver divers dangers pour protéger Atlantis, associé aux démons et divinités à sa poursuite.

Doug Moench n’a fait que fixer l’origine d’Arion et présenter un sotrytelling plus digeste ; le reste étant très fidèle à l’esprit du titre. C’est à dire : un mélange d’heroic-fantasy et de science-fiction, dans une représentation particulièrement commune des deux genres, très hétérogènes. Le retour de Paul Kupperberg au #12 n’arrange rien. Le titre s’enfonce dans le mélange vaseux des genres qui le constituent. Le titre souffre d’un grand manque d’originalité sur tous les plans, mais intrigue par son potentiel. Au bas de l’échelle des ventes chez DC, Crisis On Infinite Earths aura raison de lui. Le titre s’arrête brusquement, et se conclut après un numéro spécial.

Dors et déjà, Arion est un personnage résistant. On le croise en 1984 dans DC Comics Presents #75 où il s’associe à Superman. Paul Kupperberg a tenté d’imposer sa création, sans se douter de l’arrivée d’un événement qui allait chambouler l’univers DC tout entier : Crisis on Infinite Earths. En 1987, le titre Warlord emmène ses protagonistes à Atlantis. Le scénariste Michael Fleisher (qui a remplacé Mike Grell) ne manque pas de présenter une statue à l’effigie d’Arion, seigneur et protecteur d’Atlantis. Warlord #121 présente en flashback une bataille qu’avait mené Arion.

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Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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knightwing
knightwing

Super dossier, très riche en information, ça n’a pas dû être simple, bravo Watch ;-)

The Trickster
The Trickster

J’ai joué ce perso sur dc-earth. C’est vraiment une perle de personnage à découvrir. Ce dossier est très cool

mavhoc
mavhoc

Merci pour ce dossier précis, puissant, intelligent et des plus instructifs ! Tu gères Watchy !

urbanvspanini10
urbanvspanini10

Très bon dossier bien fouillé pour un personnage que je connaissais peu au final (pour moi c’etait juste un mage d’atlantide).
Bravo pour ce dossier !

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