Introduction

1. Présentation de l’univers et direction artistique

2. L’univers Arkham, une histoire de chronologie : Adaptations et apports

3. Arkham : Développer son univers

4. Conclusion

Arkham : Développer son univers

Batman : Arkham Unhinged

Review VO – Batman : Arkham Unhinged Vol.1 – Vol.2

Après ses comics digitaux Arkham City : End Game, Derek Fridolfs se voit confié une série régulière consacrée à l’univers Arkham lancée en 2012 sous le nom de Batman : Arkham Unhinged. Présenté comme tiré du jeu, le concept du titre reste très libre et voit passer de nombreux auteurs/dessinateurs (Derek Fridolfs est le scénariste le plus actif) pour des histoires brèves se déroulant dans l’univers Arkham, tantôt en rapport à Arkham City, tantôt extérieur aux événements des jeux. Des noms connus sont à relever : Paul Dini, Pete Woods, Mike S. Miller, Darick Robertson ou encore Jorge Jimenez.

Dossier - L'Univers Batman : Arkham et ses comics 1On note que certains jouent avec la relation de l’univers DC et l’univers Arkham, faisant ainsi apparaître les Gotham City Sirens, ou jouent sur les représentations de Batman, faisant de ses différentes représentations dans les comics, une image post-traumatique des patients de l’asile. À savoir, Arkham City : End Game a ensuite été inclu dans la série régulière Arkham Unhinged, comme histoire annexe de l’univers Arkham.

Après 58 chapitres digitaux, une réédition en singles (26 au total) regroupés ensuite en quatre volumes reliés, la série s’arrête en janvier 2013 pour laisser place au prochain jeu : Arkham Origins. Le succès du titre a entretenu et grossi une communauté de fans de l’univers Arkham, menant les joueurs vers le monde des comics, tout en développant, sous ce média l’univers du jeu vidéo. L’intérêt de ce titre ne se limite pas à cette conséquence, pourtant majeure. Le succès du titre (et du jeu Arkham City) a donné suffisamment confiance en l’éditeur pour développer la branche d’adaptation comics concernant le volet suivant.

Batman : Arkham Origins

Dossier - L'Univers Batman : Arkham et ses comics 2Ce volet, déjà à part dans la saga, car développé par Warner Bros Games et non Rocksteady, apparaît tout autant dans son adaptation en comics. Bien plus discret, les artistes sont restreints à une adaptation plus ou moins libre des origines d’un Batman opposé à des sous-fifres, ayant comme lien un rapport avec Black Mask – antagoniste principal du jeu. Cette adaptation dénote. Carlos D’Anda s’est pleinement écarté des adaptations, le design reposant désormais uniquement entre les mains de Rocksteady.

C’est à Christian Duce à qui revient la tâche d’illustrer cette nouvelle adaptation/prologue. Après la publication de Unhinged, Arkham n’a plus réellement de dessinateur, ni de style propre et peut se permettre cet écart. D’autant plus qu’il s’agit d’un prologue à un jeu servant de prologue à la licence. Le florilège de scénaristes, mené par Adam Beechen (Batgirl, Batman Beyond), est donc assez libre. Une liberté qui peut être contraignante, puisque aucune situation initiale ne leur est donnée. Ils s’appuient alors sur les intrigues majeures du jeu et prolongent les premiers pas de Batman, sans avoir l’audace de réécrire pour le studio les origines de leur Batman.

Batman : Arkham Knight

Review VF – Batman : Arkham Knight Tome 1

Dossier - L'Univers Batman : Arkham et ses comics 3L’adaptation du troisième volet est la consécration de l’univers Arkham. L’éditeur va tenter de lui apporter une allure similaire au titre Batman de l’époque réalisé par le duo Snyder/Capullo. L’éditeur confie la tache à Peter Tomasi qui va réaliser le lien entre Arkham City et Arkham Knight par des aventures variées. À la manière d’une réécriture de l’univers de Batman dans une série régulière, le comics Arkham Knight va présenter Batman, parfois accompagné, faisant face à des ennemis de l’univers DC, parfois apparus ou non dans l’univers Arkham.

Le scénariste s’octroie de nombreuses libertés. Il y fait apparaître Metamorpho, forme une Suicide Squad. Tim Seeley signe quelques numéros spéciaux, et écrit les origines de Batgirl. Avoir des auteurs familiers à l’écriture de comics réguliers à succès permet de rapprocher l’univers Arkham du système des comics et des titres réguliers, ce qui permet une réelle exploitation de l’univers. Il ne s’attache pas à l’objectif d’offrir un point plus ou moins superficiel vers le prochain jeu. On pourrait également lui reprocher le fait de ne pas s’intéresser concrètement aux relations entre les deux jeux.

Dossier - L'Univers Batman : Arkham et ses comics 4L’univers Arkham se trouve une nouvelle identité graphique à travers Viktor Bogdanovic. Entre le style cartoon pour ses traits souples et courbés, et son dynamisme mettant en avant une violence brute, l’artiste s’écarte de la quête de vraisemblance (pour ne pas dire réaliste) du jeu, mais conserve, on ne sait comment, l’esprit du jeu et reste fidèle à l’univers. Apogée de la licence en comics, Arkham Knight permet de donner une vie pleine à l’univers Arkham dans des histoires variées, imparfaites, à l’image d’une série régulière.

Dossier - L'Univers Batman : Arkham et ses comics 5Cet écart des objectifs premiers d’un prélude/prequel a entraîné la création d’une mini-série en six parties : Arkham Knight : Genesis. Celle-ci se concentre sur le personnage du Chevalier d’Arkham, ses origines et ses motivations. Elle attaque un prisme important de l’univers du chevalier noir dans l’univers Arkham. Toujours scénarisé par Peter Tomasi, la mini-série suit un découpage scénaristique dynamique, mais parfois légèrement confus, la faute à un rythme effréné, aussi efficace pour les sensations provoquées que maladroit dans la disposition de certains éléments et certaines révélations.