1. Introduction

2. Ère I : Le Golden Age

3. Ère II : Le Silver Age

4. Ère III : Le Bronze Age

Ère III : Le Bronze Age

 

Le Bronze Age fut un passage important dans la mythologie des Flash à deux niveaux. Tout d’abord, la vie de Barry Allen connut des bouleversement profonds à cette période-là, que nous détaillerons bientôt. Mais ce fut également à cette période que furent ramenés Johnny Quick et Liberty Belle, tirés d’un oubli quasi complet. Avant son grand retour dans le All-Star Squadron, on doit au grand Cary Bates la réinsertion de Johnny Quick dans le DC Special Series #11, qui figure notamment au sommaire du Flash : The Greatest Stories Ever Told (dont vous retrouverez la review sous ce lien). Ce numéro à la pagination augmentée proposait une histoire qui réunissait quatre bolides pour affronter Gorilla Grodd : Barry Allen, Jay Garrick, Wally West et Johnny Quick. Ce genre de réunion de coureurs n’était pas rare dans les runs de Mark Waid et Geoff Johns, mais ici ça devait être une des toutes premières histoires à mettre en scène autant de coureurs côte à côte dans un même récit. Ce numéro historique a ainsi probablement influencé Mark Waid dans ses ambitions de rassembler les bolides du DC Universe sous la même bannière.

Mais le grand événement fut la création du All-Star Squadron, sur Terre-2, qui est teasé d’abord dans le Justice League of America #193 d’Août 1981, avant de commencer réellement dans son propre magazine All-Star Squadron #1 en Septembre 1981. Cette team réunissait des oubliés du Golden Age, qui venait s’ajouter aux déjà existantes Justice Society of America et Seven Soldiers of Victory.  C’est d’ailleurs à l’occasion d’une menace mettant hors de combat ces deux dernières que le All-Star Squadron se forme. Sa première version comprend Doctor Mid-Nite, Hawkman, Johnny Quick, Liberty Belle, Plastic Man et Robotman. C’est surtout Johnny Quick et Liberty Belle qui nous intéressent ici. Extraits de leur oubli historique, ils sont réunis et ne tarderont pas à entretenir une relation amoureuse qui les poussera cinq ans plus tard à marcher vers l’autel. Leur union donna naissance à la célèbre Jesse Quick, qui reprit plus tard le costume de Liberty Belle.

L’effondrement de la vie de Barry

Si le mariage de Jay et Joan Garrick eut de beaux jours jusqu’à aujourd’hui, on ne peut hélas pas en dire autant de celui qui unit Barry et Iris. En effet, leur union connut une fin abrupte dans le Flash # 275 de Juillet 1979 dans lequel Iris fut assassinée. Le comics montrait d’abord au lecteur un certain Clive Yorkin comme responsable de cet horrible méfait. Ce sombre personnage a un peu pris la poussière depuis, mais c’était alors un criminel interné pour divers méfaits. Clive s’était porté volontaire pour une expérience scientifique qui lui aurait peut-être valu son ticket de sortie de prison. Malheureusement l’expérience tourna mal, lui conférant le pouvoir de drainer l’énergie vitale des gens par un contact physique, mais lui faisant par la même occasion perdre la raison. Fou de rage, il en tira une obsession maladive pour Flash, ce qui aurait justifié une agression contre Iris. Mais, huit numéros plus tard dans le Flash #283, Cary Bates (le grand scénariste de Flash au Bronze Age) révèle que c’est en réalité Eobard Thawne, le Professeur Zoom, qui est à l’instigation du meurtre d’Iris ! Mû par des motifs passionnels – il est lui aussi amoureux de la tante de Wally – il l’assassine froidement en faisant vibrer son bras à travers son crâne, et s’arrange pour que Clive Yorkin endosse la responsabilité du meurtre. Flash et Reverse-Flash s’affrontent avec violence, puis, suite à un dérèglement de la machine du Professor Zoom, se mettent à filer vers le passé à une vitesse vertigineuse. Prenant le risque d’être déchiqueté par le flux temporel qui les entoure, Barry Allen tente sa chance et plonge dans le vide pour tenter de retourner à notre époque, laissant son vieil ennemi condamné à un voyage vers l’infini… vraiment sans retour ?

La mort d’Iris affecta profondément Barry, Mark Waid rendit d’ailleurs un hommage à cette sombre période de la vie du bolide dans le dernier numéro de la mini-série Flash & Green Lantern : The Brave and the Bold. Au comble du désespoir, il se tourne vers ses amis de la Justice League pour les supplier d’utiliser leurs pouvoirs afin de ressusciter Iris. Devant leur refus et obstiné, il se met en colère et saccage le satellite de la Ligue. Après ça, il songe à avouer publiquement sa double-identité pour ensuite se retirer du combat contre le crime. Il se ravise heureusement au dernier moment.

Une fois revenu à son époque, Barry Allen parvient à faire le deuil d’Iris, aidé par la certitude qu’il n’entendra plus jamais parler du Professor Zoom. Leur ancienne maison étant devenue trop grande pour un homme seul, Barry décide de déménager. Le destin, ou un scénariste conscient de la nécessité d’un love interest, décida d’en faire le nouveau voisin de sa future fiancée, Fiona Webb, qu’il découvre dans le Flash #285 de 1980. Seulement deux numéros après la révélation sur les circonstances de la mort d’Iris West, Barry est ainsi déjà introduit auprès d’un nouveau personnage qui s’intégrera de manière permanente dans ses aventures. Le délai peut sembler bref, Cary Bates n’était pas dupe et soulignait dans les répliques de Barry Allen que celui-ci ne pouvait s’empêcher de se sentir coupable de s’attacher à une autre femme si peu de temps après la mort de son épouse. Leur relation se solidifia, notamment au fil d’aventures qui éprouveront beaucoup Fiona, jusqu’à aboutir à leur mariage. Mais depuis le Flash #321, les lecteurs savent que le Reverse-Flash n’est pas complètement hors de combat, puisqu’il a réussi à s’extraire de sa prison temporelle, rempli d’une vengeance terrible envers le justicier qui l’y avait condamné : le Flash ! C’est alors que débute l’un des arcs les plus importants de la carrière de Barry Allen : son procès, qui fut réédité dans un Showcase Presents spécialement consacré à cet event.

Le jour du mariage entre Fiona et Barry arrive. Seulement, alors qu’il est en plein préparatif, Barry reçoit un message des Gardiens de l’Univers qui l’avertissent que le Reverse-Flash a réussi à s’échapper de sa prison temporelle. Barry leur demande de ne pas s’en mêler, pour le pire et pour le meilleur, et part à la poursuite de sa nemesis. L’heure du mariage approche. Les premières minutes, personne ne s’inquiète, tout le monde connaissant la tendance de Barry à débarquer en retard où qu’il aille. Mais le temps passe et le jeune marié ne se présente pas, laissant sa fiancée en pleurs, persuadée qu’il l’a abandonnée. Notons qu’elle n’était alors pas dans le secret de sa double-vie, contrairement aux parents de Barry, à Elongated Man et Wally West, qui soupçonnent une crise d’importance majeure pour empêcher le justicier d’assister à son propre mariage. Cette crise porte un nom : le Reverse-Flash est de retour, et si Barry est absent de l’église, c’est qu’il s’est engagé dans une folle course-poursuite à travers la Terre pour arrêter sa nemesis qui, elle, profite de leurs retrouvailles amères pour le narguer en ramenant le souvenir d’Iris avec ignominie.

Lorsque le Professor Zoom confesse son intention de tuer Fiona Webb, répétant le crime qu’il avait commis sur Iris et détruisant le deuxième amour de la vie de Barry, celui-ci n’y tient plus et brise la nuque de son ennemi en plein jour à Central City !

Cet acte décisif ne va pas sans rappeler la mort de Maxwell Lord des mains de Wonder Woman ou celle de Zod des mains de Superman dans le film Man of Steel à la différence près qu’il est clair que Barry agit ici sous le coup de la passion, la longue course-poursuite où Thawne se vante de la mort d’Iris servant à attiser la fureur du Bolide Écarlate. Hélas, la passion n’excuse rien, et Barry tombe sous le coup de la justice de Central City. On songe également à l’exclure de la Justice League of America, où le vote de Superman s’avère décisif pour départager une égalité tendue, mais il est finalement décidé de le garder dans les rangs, bien que ce verdict ne semble guère affecter le Sultan de la Vitesse, complètement abattu par la destruction de sa carrière de justicier et de sa vie amoureuse. En effet Fiona Webb, à moitié folle de chagrin de s’être faite abandonner devant l’autel, est achevée lorsque, reconnaissant Barry Allen dans le costume de Flash, celui-ci la rejette et feint de ne pas la connaître pour protéger son identité. Pour couronner le tout le Flash Museum est détruit par des vandales et le maire rechigne à libérer les fonds pour le reconstruire vu la disgrâce publique de la Comète Cramoisie. C’est réellement une période noire de la vie de Barry Allen, éprouvante pour lui comme pour le lecteur, songeons à cette décision que doit prendre Superman et qui stagne sur trois numéros (véridique !) Encore un exemple de direction éditoriale radicale prise par un justicier et qui met les scénaristes dans de beaux draps après coup pour lui en faire assumer les conséquences.

Si cet immense procès qu’on élargit sur grosso modo vingt numéros eut une énorme importance sur les derniers jours de la vie de Barry Allen, on ne peut pas dire que ce soit une des meilleures aventures de sa carrière. Des menaces mineures ne cessent de s’enchaîner, le confrontant au Pied Piper, à Grodd, aux Rogues, tandis que son procès avance en arrière-plan à un rythme d’escargot. Les scénaristes essaient maladroitement de monter une sous-intrigue autour de son avocate froide et détestable qui lui en veut pour une obscure raison. Tout ça avance très lentement et ne montre pas Barry Allen sous son meilleur jour.

Le procès de Barry Allen

Les choses s’améliorent un peu lorsque le procès en tant que tel débute. Si l’auteur se sent obligé de le compenser avec de l’action un peu forcée en arrière-plan qui soulève moins d’intérêt, le chemin vers le verdict est riche en rebondissements et en interventions inattendues. La défense publique rejette ainsi le témoignage de Ralph Dibny, alias Elongated Man, sous prétexte qu’il ne constitue pas un véritable témoin oculaire puisque le meurtre s’est déroulé à une vitesse telle qu’un œil humain n’aurait pu l’observer. Des témoins inattendus font leur apparition, comme Rip Hunter, qui donne son point de vue sur les voyages temporels pour expliquer comment Eobard Thawne a pu mourir au 20e siècle s’il est originaire du futur.

Mais un des clous du spectacle fut sans doute l’irruption inattendue de Wally West.

Qu’était-il devenu, lui, de son côté ? Eh bien après la dissolution des Teen Titans en 1978, il avait fait partie des membres fondateurs de sa reformation dans le titre New Teen Titans lancé en 1980 par les deux brillants Marv Wolfman et George Pérez. Seulement, ces deux compères désiraient éviter de donner au titre des airs de mini-Justice League. C’est dans cette optique qu’ils introduisirent des personnages comme Starfire, Cyborg ou Raven afin de ne pas avoir que des sidekicks au sein de l’équipe. Dans la même idée, ils travaillèrent à éloigner Robin de Batman pour en faire le nouveau Nightwing émancipé. Pour en venir à Kid Flash, lui aussi un sidekick, les scénaristes l’amenèrent à abandonner l’équipe. Épuisé par une relation difficile avec Raven, compliquée par leurs vies respectives et leur attirance mutuelle, une crise de possession de la puissante empathe qui la retourne contre le jeune bolide le décide définitivement à quitter l’équipe.

C’est ainsi en tant qu’ex-justicier que Wally se présente à la barre pour témoigner de la mort du Reverse-Flash. Étant lui-même doté de super-vitesse, il est ainsi capable de dire si oui non Barry a tué le Reverse-Flash de son plein gré ou non. Il affirme quoi, Barry aurait pu éviter la mort de son vieil ennemi, et qu’il a choisi de le tuer. Passé le choc de la surprise, Barry se montre compréhensif envers son vieux sidekick, même si ce témoignage retentissant s’avère décisif dans le verdict final.

Mais les choses se compliquent encore ! Pour vous épargner les retournements de situation abracadabrants que connaît ce procès, autant pour ne pas vous gâcher la surprise que pour éviter de m’enliser dans des explications laborieuses ne touchant au fond qu’à de petits détails scénaristiques, je fais un petit flash-forward en avant pour dire que Flash quitte son époque à l’issue de cet arc tragique pour aller se la couler douce dans le futur avec sa femme Iris, qui n’était en réalité pas morte, mais qui avait l’esprit transféré dans le corps d’un gros moustachu (heureusement elle finit par récupérer le corps d’une jolie femme de l’âge de Barry lorsque celui-ci décide d’aller finir ses jours dans le futur). Mais son repos devait être de courte durée, puisqu’une terrible crise s’annonçait.

Difficile de savoir si la manière étrange dont s’est terminé le titre Flash avant la Crisis annonçait cette dernière ou pas. D’un côté, on a le départ dans une autre époque du bolide, ce qui devait lui donner les premières loges pour assister à la destruction du Multiverse. De l’autre côté, ce final s’inscrit de manière évidente dans l’intention de donner un happy ending au bolide, en effet à quoi ça sert de faire revenir Iris si c’est pour ne pas la voir avant le cataclysme qui mènera son univers à la ruine ?

La mort de Barry Allen

Dans tous les cas, les aventures de Barry reprennent lorsque l’Anti-Monitor décide de détruire tous les univers. Flash occupera un des rôles centraux au sein de cet événement dantesque qui marqua l’univers de DC Comics. Il sera sur tous les fronts, voyageant entre les planètes, les époques et les mondes, s’occupant de prévenir ses amis comme de saboter les plans de l’Anti-Monitor après avoir réussi à se libérer d’une captivité terrible rendue plus douloureuse par l’horrible Psycho-Pirate (avec le concours forcé duquel il parviendra néanmoins à contrer les machinations de l’Anti-Monitor). Hélas, si Barry Allen finit par sauver l’univers, il y perd également la vie, devenant probablement le martyre de Crisis On Infinite Earths le plus regretté des fans.

La mort de Barry signe la fin d’une époque. On le considère largement aujourd’hui comme LE bolide principal, mais il faut garder à l’esprit que de nombreux lecteurs, que ce soit à travers le Timm-verse ou les comics, ont grandi avec le nom de Wally West, Barry Allen n’étant que ‘celui qui était là avant mais qui est mort’. Car c’est un des morts du DCU à être mort le plus longtemps : disparu dans le Crisis On Infinite Earths #8 (1985), il ne revient physiquement que dans le Final Crisis #2 (2008), pour un total de 23 ans de mort confirmée, un record dans le DCU !

Mais si sa mort fut un événement tragique qui marqua les esprits, elle fut également la trompette qui annonce une nouvelle aube. Son héritage fut en effet perpétué directement par ses enfants, les Tornado Twins, mais aussi, dans une plus large manière, par son neveu Wally West qui reprit le célèbre costume sur les traces de son mentor. Mais ceci mes amis est une autre histoire, et la nôtre est terminée.

17 Commentaires

  1. J’ai grandi avec le Timm-verse et donc Wally mais quand j’ai commencé les comics avec Barry il m’a toujours paru comme être naturellement le Flash principal, j’ai beaucoup plus de mal avec Wally.

  2. Excellent dossier, dommage de ne pas y avoir ajouter la mythologie apporté par l’ère Wally, Bart et le retour de Barry ou bien serait-ce un odieux teasing qui n’a que pour but de me faire baver sur ma chaise ?
    Ce mois sur Flash est décidément une excellente chose, il apporte une foule de dossiers particulièrement intéressants.

    • Hélas malheureusement rien de prévu pour la suite, il faut soit se tourner vers les reviews, soit attendre les 85 ans de Flash. Promis, en 2025, on s’occupe du Modern Age !

      • Tu es prêt à t’engager sur l’honneur, signer un traiter et tout ça ? :D
        J’attendrais dans ma boite au lettre, tu as jusqu’au 31 décembre 2025 !

  3. c’est génial chaque jour un petit dossier sur the flash et ça fait plaisir c’est du gros et du bon boulot :)

  4. Dossier très intéressant. J’ignorais que Flash avait vécu des aventures si sombres au Bronze Age !
    Maintenant il ne reste plus qu’à lire réellement tous ces vieux numéros.

  5. Dossier très bien construit, j’ai beaucoup appris, merci beaucoup ! Et comme mavhoc j’attends avec impatience un dossier sur le Modern Age de Flash !

  6. Souhaitant en savoir plus sur le personnage, je suis comblé ! J’ai pour l’instant lu tous les sujets le concernant sur le site et ne compte pas m’arrêter. Seulement, il va me falloir des relectures pour essayer de tout assimiler. Merci à DCP et à TheRiddler bien sûr.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.