Comme vous le savez probablement, le 22 Mars dernier s’est ouverte une exposition centrée sur les comics à la Maison d’Ailleurs à Yverdon-les-Bains, nous vous en parlions récemment dans un compte-rendu de l’exposition. Aujourd’hui nous vous proposons de prolonger un peu la visite en rencontrant une des artistes dont les œuvres seront exposées dans ce musée contemporain jusqu’en septembre : la photographe suisse Audrey Piguet, qui à travers ses portraits de super-héros est parvenue à donner une humanité et une fragilité jamais vues à nos icônes.

 

Bonjour ! Alors, pour commencer, oserais-je vous demander de vous présenter, vous ainsi que votre parcours ?

Audrey – Oui ! Je m’appelle Audrey Piguet, j’ai 24 ans. Concernant mon parcours, j’ai étudié au CEPV à Vevey, avec une formation de photographe sur quatre ans. J’ai obtenu mon diplôme en 2012, donc ça fera bientôt deux ans.

Vous partez des super-héros qui sont des personnages issus de la fiction et vous les abordez avec la photographie qui s’intéresse à la réalité, comment voyez-vous cette opération ?

Audrey – Ce côté très réaliste et très humain du super-héros était vraiment le point principal de mon travail. Il y a tout un esthétisme qui gravite autour d’eux qui me parle beaucoup personnellement. Tout ce qui a trait à l’onirique, au fantastique, c’est quelque chose dont j’aime parler. Et les super-héros entrent totalement dans cet univers, et je me disais que vu que c’était un sujet qui a déjà été énormément traité, de plein de manières différentes, ça représentait un certain challenge de proposer quelque chose de différent. Après c’est à double-tranchant, car il faut produire quelque chose de nouveau. Je me suis dit que ça n’était pas forcément intéressant de représenter le super-héros tel quel, avec ses pouvoirs, dans toute sa gloire et sa force, mais plutôt justement de les rapprocher de nous. Je voulais créer un dialogue avec le spectateur, qui a ses propres faiblesses d’être humain, ses doutes, ses remords, ses tristesses, et de projeter ces émotions sur ces icônes.

L’être humain a une part super-héroïque, le super-héros a une part humaine. Ces deux affirmations pourraient se retrouver dans votre travail, laquelle vous semble la plus proche de votre travail ?

Audrey – Je pense les deux. La première chose est que, pour moi, les super-héros ont une part humaine dans la mesure où ils sont nés de notre imaginaire. Nous les avons créés pour représenter des notions qui nous sont chères, comme la notion de justice, de gloire, de réussite. Ensuite il y a aussi ce côté où nous, parfois, nous sommes aussi des « super-héros », sans super-pouvoirs ou capes, mais à travers la société de consommation. Tout va très vite, on nous demande d’être performants, d’être plus forts, de sans cesse repousser ses limites. Quelque part on peut faire un parallèle entre ces icônes très connues et nous-mêmes. Et c’est aussi pour ça que j’ai appelé mon travail ‘La Chute du Héros’ et non pas ‘La Chute du Super-héros’, pour favoriser cette identification.

Êtes-vous satisfaites de vos œuvres ?

Audrey – Oui, je suis contente de mon travail. Forcément, il y aura toujours des choses à redire parce que j’ai un côté très perfectionniste, qui me pousse à ne jamais être complètement satisfaite. Mais j’ai eu beaucoup de retours, et c’est extrêmement gratifiant de voir que ce sont des images qui parlent au public et à plein de personnes différentes. C’était vraiment mon but de toucher les gens, et ça semble avoir bien marché, donc je suis plutôt satisfaite.

Beaucoup de bruit est fait autour de votre portrait de Wonder Woman, est-ce que vous pouvez nous en parler ?

Audrey – Cette image est particulière, je pense qu’elle se détache de ma série. C’est une image très frontale, dénuée d’artifices. On rentre directement dans le sujet avec ce visage en face de nous. La femme est marquée par le temps, qui porte sur elle les combats de sa vie. Le modèle, il s’agit de ma maman. J’ai choisi de la prendre comme modèle, non pas parce que c’est ma maman, mais parce que j’avais déjà perçu cette expression sur son visage, et je savais qu’elle pouvait faire passer cette émotion. Après c’est aussi emblématique de prendre sa maman en photo pour représenter une Wonder Woman fragile et désabusée, que le temps a marquée.

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Freytaw
Freytaw

Super intéressant ! Ca me donne envie de voir toutes ces photos !

batmatt
batmatt

d’autre photo SVP

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[…] d’un compte-rendu de l’expo ici et d’un interview de la photographe Audrey Piguet ici. Vous devez commencer à la connaître ! Mais nous récidivons une fois encore puisqu’un […]