L’onc’ Freytaw m’a mis de corvée sur sa rubrique Showcase ! Il m’a dit, et je le cite,  « TheRiddler, t’es bien gentil, mais t’es suisse et t’es vilain, alors tu vas me lire ce Butcher et m’en faire un bon Showcase, ou te taper les reviews de quatre tomes de Showcase Presents : Legion of the Super-Heroes. » Le bougre sait pertinemment que 2’000 pages de Legion en noir et blanc, j’ai de la peine. Alors, bon gré mal gré, me voici, pour permettre à l’autre vieux de prendre des vacances.


Batman #300

Je ne vais pas vous mentir : je n’avais jamais entendu parler de The Butcher, dont le premier numéro est sorti il y a très exactement 24 ans, soit le 13 mars 1990. Mini-série de cinq numéros introduisant le personnage éponyme, qui ne fera pas vraiment date, apparaissant uniquement, en plus de sa série principale, dans une vaine tentative de lui allonger son agonie dans la série Brave and the Bold (vol. 2), qui ne dura que six numéros, également écrite par le créateur du personnage : Mike Baron, connu notamment pour avoir créé le personnage de Badger chez IDW Publishing. Chez DC, le scénariste a pas mal écrit sur Action Comics à la fin des années ’80, avec à côté de ça des discrets passages sur d’autres séries. Enfin pour en revenir à sa création qui nous occupe, soulignons qu’en tout et pour tout, John Butcher (c’est son nom) n’est donc apparu que dans 11 comics chez DC. Du moins, pendant vingt ans, puisque tout récemment, on l’a vu furtivement réapparaître dans la série New 52 de Green Arrow. Simples clins d’oeil ou préparation d’une future réintroduction du personnage ? L’avenir nous le dira.

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Mais, c’est qui ce bonhomme, vous demandez-vous ? Eh bien, j’ai eu de la chance, parce que c’est dans ce Butcher #1 que ses origines sont racontées pour la première fois. Issu d’une famille indienne de souche (indienne d’Amérique donc), il s’entraînait avec son senseï japonais (?) lorsque des mafieux ricains ont fait sauter sa station-service, et toute sa famille avec. Il n’en faudra pas plus pour John pour devenir un vengeur sans pitié, marchant sur les traces de ses ancêtres guerriers pour faire payer à ces malfrats le sang de ses parents.

Sans vouloir risquer une analyse trop poussée, on pourrait déceler dans la création de ce héros la volonté discrète de DC de suivre la tendance nineties. C’est frappant au niveau des dessins (qui sont pas folichons), mais l’arrivée de ce nouveau personnage violent et qui n’hésite pas à tuer rappelle bien trop d’autres schémas de la même époque pour avoir ne serait-ce que l’ombre d’un goût de nouveauté.  Sans surprise, ce n’est d’ailleurs pas en un seul numéro qu’on s’attache au personnage, même si ses origines native-americans lui apportent une originalité bienvenue. Pour le reste le numéro se concentre sur l’action, évoquant brièvement les origines du héros dans un flashback mais préférant l’efficacité percutante de coups de pied lancés à celle de dialogues à double-lecture.

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Pas grand-chose à rajouter, la lecture passe assez facilement mais si le personnage a sombré aussi facilement dans l’oubli, c’est pour des raisons que vous devinerez, aussi sinon pour la curiosité archéologique de se pencher sur un oublié du DC Universe, il n’y a pas vraiment de raison de rester par ici.


Puisque les bonus c’est à la mode, je vous mets un gros plan du personnage principal pour que vous puissiez admirer son look atypique d’apache anachronique. Sexy hein ?

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