Comme le dit l’adage bien connu, « Jamais deux sans trois, mais le quatrième c’est le mieux ». Il allait donc de soi que pour ce quatrième numéro de notre rubrique Showcase, ce soit moi le rédacteur attitré ! En toute modestie, bien entendu, je ne voudrais pas rendre mon camarade Freytaw jaloux. Déjà que l’autre jour… Non, passons. Nous sommes aujourd’hui le 27 Février, et si nous demandons gentiment à Booster Gold de remonter le temps, et qu’il nous transporte au 27 Février 1941, sur quoi tombons-nous donc ? L’occupation d’Athènes par les forces allemandes ? Oui, certes, amis historiens, mais pas que ! Sur Detective Comics #50 !


Vendu à l’époque 10 cents pour plus de 68 pages de comics (les temps ont bien changé, hein), le numéro contient notamment, et c’est à celle-ci que nous allons nous intéresser, une histoire de Batman and Robin, The Boy Wonder ! Elle est intitulée « The Case of The Three Devils » – L’Affaire des Trois Diables pour les anglophobes.

 Showcase #4 - CV

Alors que Batman et Robin patrouillent de nuit, et, je cite, aperçoivent des gens habillés bizarrement. Et du coup leur sautent dessus pour aller les taper. Bah ouais, parce qu’en 1940, il est chose courante d’aller embêter des gens JUSTE parce que leur style de fringue est particulier. Aucune tolérance, vraiment, j’aimerais bien voir le Batman de ’41 se balader de nos jours à Shibuya, la distribution de mandales que ça serait. Mais bon, bref, je m’emporte. Là n’est pas la question. Nos deux super-héros se retrouvent donc face à 3 mecs déguisés en diable rouges (et Batman parle même de « dare devils » à un moment, un lien quelconque avec le personnage de Marvel ? J’en sais rien, je pose vraiment la question naïvement), qui ont des pistolets à la ceinture, donc forcément c’est des méchants, et pas juste des mecs qui ont pas capté que Halloween c’est plutôt à l’Automne que ça se fête. Ils se battent donc, et les diables parviennent à s’échapper, avec moult cabrioles acrobatiques. Parce qu’en fait, plutôt que des diables, ce sont des acrobates, les mecs.

Ensuite, Bruce découvre que ces petits chenapans s’amusent à voler des bijoux. Or, se demande-t-il, que peuvent-ils bien faire de ces bijoux ? J’aurais pour ma part bien une réponse, mais je crains qu’elle ne soit appropriée à ce genre de rubrique. Oui, je pensais à « ça », bande de polissons. Alors qu’en fait, tout ce qu’il y a de plus simple à faire avec des bijoux volés, c’est de les revendre. Pour avoir du pognon. Et c’est cool le pognon, parce que ça paie ta drogue tes comics, vous comprenez la démarche ? Du coup Batman a tôt fait de surveiller les deux seuls receleurs de Gotham (ceux qui récupèrent les bijoux volés, pourriture capitaliste, tout ça…) et de tomber sur qui ? Ô quelle surprise, les voilà qui tombent sur Joker et Freeze !!!! Ce retournement de situation, j’en ai poussé des cris aigus !!

Nan, je déconne, ils tombent sur les Three Devils. Mais ces derniers arrivent de nouveau à s’échapper, tu parles d’une efficacité ! Heureusement que Robin a pris ses patins à roquettes !! HE OUAIS MEC !! You don’t mess with da Robin ! Bon par contre, le con, il se prend les pieds dans une rame de métro, mais il arrive quand même à s’en sortir. De son côté, Batman est laissé seul, et la police arrive. Enfin, un policier. Et là, il y a une scène d’anthologie. Le policier lui demande ce qu’il s’est passé, Batman lui explique le tout. Je suppose que comme Batman est un peu hors-la-loi, le policier devrait l’arrêter, mais voilà, il aime trop Batman pour ça. Du coup, il lui dit.

Et sinon, Batman, tu pourrais me frapper et me rendre inconscient. Comme ça tu t’en vas, et moi je suis quand même en train de faire mon boulot.

Naaaaan, là je déconne pas, et Batman tout content de lui répondre que dans ce cas, oui, il le fait volontiers, et de lui mettre un uppercut dans les dents. C’est… juste mythique. Passé cela, on a droit à Robin qui se retrouve malencontreusement accroché à l’aiguille d’un clocher, mais Batman sauve la situation et les Three Devils sont rétamés bien comme il faut, parce que non mais, s’habiller comme un super-héros de Marvel, c’est une faute de goût impardonnable ! Voilà, voilà, ce n’est pas l’histoire la plus folle du Golden Age, mais malgré l’âge, ça reste plutôt bien amené, tant dans la narration que dans la façon dont l’action est dépeinte. Merci à Bill et Bob !


Pas de bonus cette semaine, vous avez été assez gâtés, non mais oh !