Men of War Vol. 1
Les points positifs :
  • Frankenstein et G.I. Robot !
  • Un concept de série vraiment bon…
Les points négatifs :
  • … mais mal présenté et utlisé.
  • Une histoire principale vraiment mauvaise.
  • Et d’autres plutôt insignifiantes.

“And I’m sure I’m going to die today.” – Sergent J. Rock


  • Scénario : Ivan Brandon, Jeff Lemire, Matt Kindt, Jonathan Vankin, James Robinson, J.T. Krul, B. Clay Moore, John Arcudi – Dessins : Tom Derenick, Phil Winslade, Scott Kolins, Paul McCaffrey, Richard Corben, Patrick Scherberger, Dan Green – Couleurs : Matt Wilson, José, Villarrubia, Thomas Chu, Phil Winslade, Mike Atiyeh, Paul McCaffreyCouvertures : Viktor Kalvachev


Comment aborder celui-ci ? Ce titre en huit numéros (et pas un de plus, la série s’est vu très vite annulée) comporte pas mal d’histoires ! À l’instar d’un Action Comics ou d’un Detective Comics (enfin, c’était encore le cas il y a peu…), Men of War est un mensuel de plus de 30 pages de BD (contre la vingtaine habituel), pour un dollar de plus. Nous appelons encore ces séries aujourd’hui des “anthologies”, c’est à dire : qui contiennent plusieurs histoires chaque mois. Ça a moins de sens aujourd’hui car on se contente de suivre deux arcs tout au plus (des fois trois ou plus, dans de très rare cas de one shot ou numéro spéciaux, comme le dernier numéro #27 de Detective Comics). Je vais essayer de balayer chacune des histoires du livre, de manière plus ou moins rapide. Mais brisons tout de suite le suspens… C’est pas brillant brillant…

Uneasy Company (par Ivan Brandon et Tom Derenick)

C’est un peu l’arc principal de la série, puisque l’histoire s’est étalée sur les six premiers numéros du comics. Et quel dommage. Parce que très franchement, c’est mauvais. Cette histoire essaye d’intégrer le Sergent Joseph Rock, le militaire américain du DC Universe, dans un contexte plus contemporain et baigné dans un monde de super-héros. Le Sergent Rock est juste un bon soldat qui sait prendre des initiatives. Il n’est d’ailleurs que caporal au début de l’arc. On suit son équipe dont la mission est de récupérer un sénateur quelconque dans un endroit quelconque. Et là j’ai résumé le problème. Brandon oublie les détails et se contente de dépeindre une action fade et sans grand intérêt en essayant de coller de temps en temps un super-héros en caméo (si léger d’ailleurs qu’on est incapable d’affirmer de qui il s’agit, Superman ?), ou de coller à l’intrigue une super vilaine comme Circée (normalement lié au mythe de l’amazone Wonder Woman) sans prendre la peine de nous expliquer qu’est-ce qu’elle fout ici et quelles sont ses motivations. On est baladé de cases en cases sans trop comprendre ce qui arrive (des gens se tirent dessus, y’a des explosions, des gens meurent, Rock donne des ordres, c’est la guerre mais on sait pas pourquoi, etc.), les intrigues se perdent toutes seules et les flashbacks incessants et inutiles finissent de nous noyer dans la confusion. Si on se contente de regarder le personnage de Rock, on pourrait se sentir vaguement intéressé, mais ce dernier n’a pas grand chose d’original. Sur les 240 pages (à la louche) que contient ce TPB, cette histoire en prend la moitié. Vous comprendrez donc que l’on part déjà avec des lacunes conséquentes. Restent cependant les dessins du titre, qui sont relativement jolis. Cependant, la mise en scène est parfois vraiment dure à suivre… ce qui n’arrange rien et et nous fait revenir aux problèmes cités plus haut.

Remembering The Leopard (par James Robinson et Phil Winslade)

L’histoire dépeint une aventure d’un certain George Saint (personnage DC dont j’ignorais l’existence). Enfin une “aventure”, plutôt une simple entrevue (qui commence et finit avec des couteaux) entre un soldat solitaire qui se la joue chasseur et un taliban qui se planque au milieu d’un champs de fleur (et qui se fait appeler le Léopard, il dit qu’il ne voit pas le rapport, mais je rate très certainement une référence que le plus cultivé d’entre vous aura saisie tout de suite). Les dessins sont sobres et efficace et certaines cases font de bien belle peintures, mais clairement, on se fiche totalement du tenant et de l’aboutissant de cette intrigue qui ne dure que 14 pages (histoire stand alone principale du numéro #7 de la série). Je n’ai sans doute pas compris la beauté du message.

Frankenstein and G.I. Robot : Dead Man Flying (par Jeff Lemire, Matt Kindt et Tom Derenick)

La seule bonne raison d’acheter ce TPB. Bien que ça ne fasse toujours que 30 pages d’intéressante sur les 240. Jeff Lemire et Matt Kindt viennent ici faire honneur à la série Men of War, qui aurait franchement du ressembler à ça pendant les sept autres numéros. De l’action claire, une intrigue nette, des personnages qui envoient du lourd et même un peu d’humour. Directement tie-in à la série Frankenstein, Agent of S.H.A.D.E. (voir la critique sur le premier volume ici), on y voit un Frankie en grande forme qui agit déjà pour le compte de S.H.A.D.E. et Father Time, pendant la seconde guerre mondiale. Il va devoir retrouver, avec sa femme (avec qui il est encore en bon terme visiblement), une arme japonaise destructrice qui pourrait faire basculer la guerre. C’est sans compter sur l’ingénieur américain capturé qui a construit cet engin et y a inclus des features intéressantes, J.A.K.E. le G.I. Robot est né. Une histoire bien punchie, toujours en rapport avec la guerre, mais qui ne nous perd pas dans des idéologies faussement guerrières et qui essaye de ne pas trop se prendre au sérieux. À vrai dire, une bonne histoire qui fleure bon les années 80 et nous renvoie directement aux Creatures Commando, personnages crées par J.M. DeMatteis et Pat Broderick (groupe aussi nommé ainsi dans Frankenstein, Agent of S.H.A.D.E.) dans la série anthologie (elle aussi) Weird War Tales, à la même époque. Le personnage principal de ce groupe se nomme “Lucky” Taylor et il n’est rien d’autre que la version du monstre de Frankenstein de l’époque, tandis que le G.I. Robot, qui partage aussi beaucoup les pages avec ces monstres sur cette anthologie, en est un membre presque honoraire puisqu’il vivra quelques aventures avec eux dans quelques crossover et y trouvera même la mort. Le clin d’oeil et la référence est en soi évidente (surtout que le personnage du Lieutenant Shrieve, humain et chef des Creatures Commando, fait aussi une brève apparition dans cette histoire). Et c’est là que je suis relativement frustré, car si la série avait pris ce ton décomplexé et fun dès le départ, elle ne serait certainement pas tombée en désuétude si vite.

Le reste…

Viennent ensuite les histoires back-up qui s’étalent tout au long des 7 premiers numéros. À l’image du reste, c’est insipide et sans grand intérêt. Sauf peut-être les deux mini-histoires de Matt Kindt, Knife Fight (qui nous propose juste un combat entre deux personnes de camps opposé et nous exposant leur point de vue, plutôt bien vue), et de J.T. Krul, Survival Mode qui revient sur “la retraite du soldat”, sans tomber dans le larmoyant et le cliché. Ce deux dernières histoires rehaussent vraiment l’ensemble, mais ne restent en soi, pas vraiment inoubliables. Le reste, ça parle de guerre en Irak, de robot tout moche et y’a même une histoire avec des zombies… qui est un peu présentée n’importe comment. Bien sûr, il s’agit là aussi d’une autre référence à la vieille anthologie Weird War Tales. Si l’intention est plus que louable, le résultat est plutôt mauvais.

Vous l’aurez compris, ce bouquin est une déception. Pour la curiosité, et pour le concept, n’hésitez cependant pas à y jeter un oeil curieux. L’idée de base est vraiment très très sympa pour le coup. Elle se base sur la même intention que ma série favorite All-Star Western, et a tenté de ramener le format anthologie tout en reprenant le concept de toutes ces vieilles séries de guerre qui ont fait les beaux jours de DC Comics il y a de nombreuses années. Ce qui, au final, ne fait qu’engendrer un peu plus de frustration aujourd’hui, tant cette série, avec sans doute les bon auteurs et les bonnes histoires des le départ, aurait vraiment pu être une mine d’or exceptionnelle. Si à cause de mes réticences, vous ne voulez pas franchir le pas, rabattez vous au moins sur le numéro #8 de la série, après tout, ça vous coûtera toujours moins cher et croyez moi, vous en aurez pour votre argent tant ce numéro est une pure petite friandise de qualité ! Parait que y’a des gens qui ont aimé globalement la série, dont l’histoire principale avec Rock qui pour moi a vraiment plombé le titre. J’espère pouvoir lire leur avis ici même ! J’ai vraiment dû passer à coté de quelques choses sur cet arc… autres que les grosses références les plus visibles, évidemment.

6 Commentaires

  1. Bon ou pas, ce n’est pas des anthologies qui durent longtemps habituellement. Au fond, elles sont créées pour agrandir le catalogue Comic Book chez DC en dehors des super-héros. Elles existent surtout pour le Comic Book en soi vs ses différents thèmes. À comparer au thème du Western chez DC, le thème de la guerre a toujours été moins populaire, malgré de magnifiques titres datant du Silver et quelques uns de l’Age Moderne avec Rock, le seul Héro vraiment le plus raconté. Le Western a plus qu’un nom dans sa liste, ça tout le monde le sait, à part de Hex lol lol

    • J’attendais ce commentaire ! :D
      Ces séries duraient tout de même un peu plus longtemps encore dans les années 70. Justement, la Weird War Tales que je cite à largement dépassé les 100 numéros, et à largement agrandi la liste des héros de guerres aux coté de Rock. Je pense clairement que c’est un frmat qui aujourd’hui a du mal à s’imposer au public, et c’est vraiment dommage. A noter quand même que cette série à eu sa seconde vie dans GI Combat (si on veut) et franchement, les histoires étaient bien meilleures, j’aurais l’occasion d’en reparler. Mais la sauce n’a pas pris non plus hélas…

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