Batman : Joker's Daughter
Les points positifs :
  • Une ambiance dérangée
  • De jolies planches
  • Une bonne caratérisation
Les points négatifs :
  • Âmes sensibles s’abstenir
  • Quelques grossièretés
  • Une couverture qui ne rend pas hommage à l’intérieur

« Yes. Yes. I’m his Heir. » 


  • Scénario : Marguerite Bennett  – Dessins : Meghan Hetrick –  Couverture : Georges Jeanty


Tout d’abord, il est sage de préciser qu’il n’y a aucune comparaison possible entre ce numéro consacré à la fille du Joker version New 52, et celui d’Ann Nocenti paru lors du Villains Month, qui était plutôt mauvais. Ici, on a un joli travail de la part de Marguerite Bennett qui s’est, on dirait, plutôt bien amusée à l’écriture.

Nous découvrons (redécouvrons ? ) donc la Joker’s Daughter (que je franciserai dans la review) dans les égouts, en total communion avec le masque du Joker qu’elle a précédemment récupéré. C’est un cadeau de son Dieu, enfin son nouveau Dieu à elle qui n’est autre que son « père » aka le Joker. Si vous trouvez que c’est étrange jusque là c’est plutôt soft. Car être en communion avec le masque ne signifie pas juste le contempler pour elle. C’est plutôt le porter, le manger, le sentir. Son but, sentir le Joker sur elle, en elle, dans ses veines. Devenir sa chair et son sang. D’entrée de jeu, on sait qu’on a affaire au même personnage que dans le Villains Month mais la scénariste va au bout des choses. Ici les intentions du personnage sont claires, nettes et précises. Si tu n’aimes pas, tu peux fermer ton comics.

Batman : Joker's Daughter #1

Du coup, on la suit à travers son pèlerinage pour retrouver la trace de son père. Elle forcera Batman à se montrer mais il n’est pas dupe, et ce passage de l’histoire  traduit bien le proverbe « tel est pris qui croyait prendre ». Mais la demoiselle prise au piège s’offusquera pour au final finir délibérément à l’Asile d’Arkham, après une scène très délicate dont les deux policiers qui l’accompagnaient se souviendront (enfin si je puis dire ça comme ça). Bien sûr, c’est à la fois cruel, tordant, touchant et complètement fou. On découvre une nouvelle facette d’elle même à l’Asile grâce à un personnage atypique. On en apprend plus sur sa non-personnalité, sa non-existence. Hein sa quoi ? Mais qu’est-ce qu’elle dit encore ? Je vous promets que c’est ça, mais il faut le lire pour comprendre. C’est plutôt pas mal et les révélations enfoncent le clou sur l’identité et le passé de cette jeune femme torturée.

Jusque là, vous me direz que c’est peut-être pas passionnant, mais ce que je n’ai pas encore mentionné, c’est que nous sommes dans son subconscient depuis le début. On suit la moindre de ses pensées, même si parfois on aimerait ne plus lire ses élucubrations fanatiques envers le Joker. Et la suite dans tout ça, hé bien la demoiselle continue son périple jusqu’au Dollmaker, responsable de ce visage de Dieu. Comme dit plus haut, elle veut faire corps avec le Joker, même si elle doit en payer le prix. S’ensuit alors quelques actes plutôt surprenants. Malheureusement, je n’adhère toujours pas à ce visage arraché qui n’a toujours pas pourri, mais ce côté pointilleux mis de côté, c’est plutôt osé et pas mal ce que fait la demoiselle. Puis, lors d’un repos ésotérique, nous apprenons enfin la vérité sur le passé de la demoiselle qui devient de plus en plus schizophrène. Et c’est franchement bien trouvé. Au lieu de chercher un passé compliqué on va au plus simple et on a un effet de surprise réussi.

Batman : Joker's Daughter #1

Mais que serait un scénario sans les planches, on se retrouverait avec une sorte de pièce de théâtre, et encore sans didascalies. Ici c’est Meghan Hetrick qui se charge des dessins. Et franchement, j’adore. Un style direct, beau, percutant. C’est top. C’est sale quand il le faut, beau même en pleine scène qui pourrait être dégoutante. Elle insiste sur certains détails que vous ne pouvez pas esquiver même si c’est pas évident à regarder, car oui, ce numéro n’est pas pour les âmes sensibles. Même le Joker est top, car oui bien sûr on le voit en flashback. Et en parlant de lui, cette petite fin ouverte est spéciale. Certes, un retour pourrait être éventuellement possible dans le futur, mais je ne suis pas spécialement convaincue même si notre Joker’s Daughter a de nouveau du baume au coeur.

En gros, c’est plutôt pas mal, c’est bien écrit, c’est tordu, c’est fou, c’est sordide, tout ce qui me plait. Marguerite Bennett va au bout de ses idées même si elles doivent choquer et ça fait du bien. C’est vraiment une agréable surprise, alors que pour être honnête, j’avais plutôt très peur du machin.