forever evil #5 review vo
Les points positifs :
  • Le tournant de l’event est là.
  • L’alchimie entre Luthor et les autres personnages.
  • Sinestro par Geoff Johns.
Les points négatifs :
  • Cela reste effectivement un blockbuster et c’est un peu bourrin…
  • Deathstroke est trop idiot pour être crédible.

« Leave me alone ! Who are you anyway ? » – Power ring à Sinestro…

  • Scénario : Geoff JohnsDessins : David Finch, Richard FriendCouleurs : Sonia Oback
  • DC Comics FOREVER EVIL – Forever Evil #5 : « Chapter Five: Hit and Run» – 5 Février 2013 – 32 pages – 3,99$

Lex Luthor et sa bande, prêts à aller faire un petit coucou au Crime Syndicate, tombent sur Batman et Catwoman. À ce moment là, Power Ring débarque, un peu trop sur de lui, ce qui n’est pas vraiment dans son caractère. Batman enfile son super anneau du Sinestro’s Corps qu’il a chopé on-ne-sait-comment, mais c’est Batman, donc c’est pas surprenant. Mais il n’aura pas le temps d’agir (si ce n’est lamentablement), puisque débarque Sinestro lui-même, qui s’apprête à foutre la raclée du siècle non pas à Batou, mais à ce simulacre de Green Lantern. Ça va péter chérie !

Et nous y revoilà, avec un retard remarqué pour ce numéro qui s’est fait légèrement attendre ! Mais ce n’était pas pour rien ! On prétend à droite ou à gauche que dans cet event, il ne se passe rien. Qu’il est mal branlé. Que les ties-ins sont vides et inutiles. Et j’en passe. Que l’on soit relativement blasé parce que c’est un gros crossover pan pan boum boum et qu’on en a vu des millions ainsi, je veux bien le comprendre. Mais alors totalement ! C’est une lecture bien ciblée. Si, pour moi, la situation est relativement inédite, on a déjà vu certainement plus incroyable et mieux pensé avant et/ou ailleurs. Et ce côté commercial forcément maléfique nous rebute (oui, sur cette phrase je « trolle » un peu, mais je suis pas payé, j’ai le droit). Pour autant, intrinsèquement, même si je n’ai pas la prétention de détenir l’ultime vérité (quoique…), est-ce que Forever Evil, c’est vraiment aussi chiant et mou que ça ? Est-ce aussi inutile que de se rappeler le repas avalé y’a six mois jour pour jour ? Allez, admettons qu’entre le numéro 3 et le numéro 4 on aurait pu faire qu’un seul épisode, je trouve pourtant que l’event progresse relativement bien et permet aussi de développer ses rôles principaux, chacun offrant une avancée dans l’intrigue de manière raisonnable et pas nécessairement poussive. On reviendra en détail, un jour, sur le découpage des ties-in et la mise en place de ce gros crossover, mais foncièrement, le titre principal propose comme personnage central un Lex Luthor brillant jusque là absent des New 52, et qui tend à bien profiter de la situation pour se faire une place ! Un Luthor qui malgré la décadence de ce monde (renforcé cette fois dans les ties-in et non dans l’event principal), arrive à trouver le temps de s’isoler pour penser un plan (pas si déconnant), de recruter les bonnes personnes (Rome ne s’est pas construite en un jour, faut pas déconner), et de mettre en perspective sa place dans ce monde, ainsi que celle de Superman, aujourd’hui absent. Beaucoup de thèmes autour du personnage ont été traités et abordés, démontrant ainsi une évolution nette du personnage (qui paraît de peu de chose dans cette univers, il faut le dire). Batman, commence lui aussi, depuis le dernier numéro, à se faire un peu plus remarquer. Et si des éléments impromptus ont pu vous étonner dans le numéro #4, comme ce fut mon cas (comme la perte de l’anneau de Batman, qui n’a finalement servi à rien, mais en fait si, et l’évidence coule de source d’ailleurs), sachez que Johns ne s’en lave pas les mains et trouve explication à tout (même si, finalement, c’est assez simple, mais loin d’être déconnant). Cela rend à l’ensemble une cohérence appréciable et prouve (plus ou moins) que chaque intervention héroïque ou vilaine a été pensée en amont.

J’insiste un peu sur cet aspect non aléatoire de la chose car depuis le début, on pourrait penser qu’on pioche à droite et à gauche des personnages un peu au hasard pour faire du remplissage (ce qui peut paraître surtout vrai dans certains tie-ins). Ce numéro démontre que la majorité des choix se veut en vérité pertinente. Et fort à propos. Et sincèrement, les gens, je sais que vous êtes blasés et tout, mais… du bad ass, du vilain, de l’anti-héros, vous ne demandez que ça (y’a qu’à regarder les ventes des séries Batman pour s’en convaincre), n’allez pas me dire maintenant que la présence de Sinestro vous incommode ? Que l’alliance de Luthor et Black Adam est déplacée ? Que le fait que la Justice League ne soit pas là depuis cinq épisodes vous ennuie profondément ? J’aurais bien du mal à décerner quelque peu de sagesse dans ce raisonnement tant il me paraîtrait tout au plus hypocrite. Forever Evil n’a jamais été vendu comme autre chose qu’un gros crossover (et pas une Crisis aux implications mystérieuses), blockbuster si il en est, avec des vilains en personnages principaux (et Batman). Et c’est clairement ce que nous avons, ni plus ni moins. Et dans la catégorie des blockbusters, sincèrement, l’ensemble se tient. Ce numéro tend à le prouver, d’où mon besoin irrémédiable de vous en parler aujourd’hui. J’ai moi-même douté de tout ça lors de ma lecture du numéro #4, sincèrement, mais aujourd’hui, il n’y a plus de doute à avoir. Ce numéro, qui se concentre essentiellement sur l’action (parce que ça va saigner, et il va y avoir des pertes, vous voilà prévenus) est à mon sens une réussite. Le crossover atteint sa maturité de développement et passe à la case supérieur (attention, je ne parle toujours pas des tie-ins qui suivent leur propre chemin et logique). J’aurais peut-être préféré voir ça un numéro plus tôt, mais avec le #5, ce n’est pas encore trop tard, il reste deux numéros pour bien conclure, et celle-ci se fait bien sentir tant le cliffhanger de fin est percutant et effrayant (manie diabolique et commerciale elle aussi, pardon pour le pléonasme). Dans tout ça finalement, je ne retiendrai qu’une chose, question nullité, un Deathstroke un peu trop caricaturé à mon goût, qui ne sert ici que de faire valoir à Luthor (qui n’avait pas forcément besoin de ça pour le coup mais bon). Limite même un peu stupide le gars, bien qu’il voit évidemment toujours midi à sa porte (mais disons qu’à sa place, j’aurais réfléchi à ça depuis le début, et je ne suis pas une lumière pourtant).

Niveau dessins, j’ai envie de dire que le retard est justifié. Après, je n’ai pas forcément l’œil pour ça, mais je n’ai rien remarqué de choquant sur ce numéro. Bien au contraire, l’action est bien dépeinte, lisible, violente par moment, et certaines pleines pages et splash pages sont magnifiques. Je pense notamment à la dernière, qui, si elle ne montre pas réellement de détails dans sa composition, reste quand même bien pesante et arrive bien à transmettre le message qu’elle est sensée donner. David Finch, Richard Friend et Sonia Oback se surpassent sur ce numéro. Spéculation débile du jour : peut-être ont-ils été mis sous pression en lisant les critiques des premiers numéros de l’event, d’où le retard ? Pff, je ne crois même pas à ce que je raconte. Dans tout les cas, ça fait plaisir de voir un numéro aussi bien abouti visuellement. Par contre bien évidemment, cela reste du Finch, avec la noirceur d’un Finch, des visages sérieux et fermés à la Finch, et j’en passe. Évidemment, si on n’aime pas son style, ça ne passera jamais.

Sans crier au génie, je suis très enthousiaste. Me traitera de fanboy qui le voudra, je n’en ai cure ! Mais ce numéro, et cet event, jusque là, me plaît, aussi honteux et dérisoire que cela puisse paraître. Mais pour moi, c’est de l’inédit tout frais, avec un Luthor charismatique. Un Batman qui n’est pas en position de force (et y’a un peu d’humour là dessus aussi, cliquez sur la dernière image pour les détails), un Sinestro qui pète la classe comme jamais à qui on donne une perspective intéressante, une guerre de pouvoir qui s’annonce entre Batman et Luthor (et Sinestro ?), un groupe de vilains finalement cohérent entre eux et qui a un certain cachet, et une Catwoman qui sait se positionner par rapport à Batman et aux vilains qui l’entourent. Si cet event ne change pas la face du monde à sa conclusion comme on nous l’annonce à chaque fois, la caractérisation des personnages et les épreuves qu’ils affrontent ici ne pourront que s’inclure dans leur mythologie, surtout pour Luthor, cible de Geoff Johns sur ce crossover. Et quand Johns développe une histoire autour d’un personnage, et qu’il y met du cœur, on sait très bien que ça peut donner de jolies choses pour la suite (surtout qu’il exploite bien Sinestro ici, ce qui prouve ce que j’avance et c’est loin d’être surprenant pour le coup).


UN DEUXIEME AVIS C’EST BIEN AUSSI !!

Forever Evil #5 était sans conteste le numéro que j’attendais le plus puisque c’est dans celui-ci que pour la première Geoff Johns amène sa nouvelle équipe de vilains directement au combat avec le Crime Syndicate. Même si celui-ci affiche de très bons moments, de ceux que le crossover a fait de plus mémorables pour l’instant d’ailleurs, il n’en reste pas moins que l’ensemble tombe un peu à plat. Si ce n’est pas pour Sinestro, Bizzaro ou Black Adam ce numéro est décevant. La notion de pression a complètement disparu, le final n’est pas plus excitant que cela même s’il donne envie de connaitre la suite et à deux numéros de la fin il y a encore beaucoup d’éléments à aborder pour conclure ce crossover correctement. Batman sonne presque faux et j’ai vraiment du mal à le voir comme il est dépeint ici. L’action est omniprésente dans ce chapitre #5 et même si c’est indéniablement divertissant, elle me parait bien trop molle et expéditive. Par contre, David Finch a apparemment repris du poil de la bête parce que c’est franchement son meilleur travail sur cette mini-série, ou en tout cas le plus constant. Comprenez qu’en soi, ce Forever Evil #5 n’est pas mauvais, mais ce n’est clairement pas la claque que j’aurais aimé prendre.

– Nathko

16 Commentaires

  1. fanboyyyyyyyyyyyyyyyyyy!!!!!!!!!! non je plaisante^^ même si j’ai pu me montrer véhément à l’encontre de forever evil je le trouve finalement plutôt pas mal comme event, le n°4 avait largement rattrapé la déception du 3. Vivement demain que je me lise ça!!

  2. Merci pour cette review. C’est vrai que ce numéro était peut être un peu bourrin, mais la fin vaut largement le coup (et puis c’est de la bonne castagne). Franchement, ce Forever Evil est un très bon event jusqu’ici, le Crime Syndicate est une bonne team de vilains qu’on se plait à détester, Luthor est super bien écrit (et sa relation avec Bizarro est assez mimi ^^), vraiment à part Deathstroke, je vois pas vraiment de fausse note dans tout ça.

    Juste une inquiétude: comment réussir à caler la méga baston finale en seulement deux numéros?

  3. Le pauvre Power Ring, qu’est-ce qu’il prend cher dans ce numéro… Je ressentirais presque de la pitié pour lui.
    Très bonne review par ailleurs.

    • On frôle le degré zéro de la review tout de même. Peu d’objectivité pour présenter le comics, juste une incursion dans le journal intime d’un fanboy (bah ouais, j’le dis).
      En moitié moins de mots, Comic Box est plus intéressant… un modèle à suivre ?

      • Fallait bien l’avoir ce commentaire tiens! Pour info, nos review n’ont pas pour unique but de présenter froidement la critique d’un comics. Freytaw ne fait que raconter sa lecture avec passion et donc par extension, peu d’objectivité. C’est un fanboy parce qu’il a aimé et qu’il s’épand allégrement? Fine.
        Dire que c’est niveau 0 c’est juste gratuit puisqu’il s’agit bien d’une critique argumenté du début jusqu’à la fin.
        Ah oui, tu n’es pas obligé de lire la review si il y a trop de mot aussi ;)

        • Pas grave Nath, il fallait bien que je vexe quelqu’un !
          Marrant ça sinon, un « journal intime ». Je vais l’accrocher sur mon mur ! Et dire qu’ici, je raconte même pas ma vie, mince, j’aurais du ! :D

          • « Alors que je montais un meuble ikéa, je me suis rappelé que j’avais acheté le cinquième numéro de Forever Evil, c’est après avoir décapsulé une goûteuse bière de marque flamande que je m’installai dans mon fauteuil afin d’entamer la passionnante lecture de ce précieux ouvrage. » Allez ma prochaine review, tu la fais comme ça, il sera content :D

        • « Ah oui, tu n’es pas obligé de lire la review si il y a trop de mot aussi ;) »
          Tu trouves pas que t’y vas un peu fort avec lui ? :/
          Sa critique est pas nécessairement à jeter quand on lit à un paragraphe « Je sais pertinemment ce que vous voulez au fond, si vous dites le contraire vous êtes débile et hypocrite » (je synthétise et caricature, un poil, mais dans le fond c’est ça et ça n’a pas grand-chose à faire là) .
          Je ne dis pas que le bonhomme qui se ramène avec pour seul argument « c’est de la merde » a raison mais essayer de discuter avant de se sauter dessus ou chercher à tourner en dérision serait nettement plus sympathique. ;)

          A part ça, la review donne envie de lire et c’est le principal.

          • Pour le coup, Nathko essaye de discuter tandis que lui ferme plutôt à la discussion :)
            Sinon, pour rectifier le tire, je pense n’insulter personne de débile. Tout au plus « hypocrite » oui, mais j’utilise une vilaine généralité qui se base sur les chiffres de vente pour ça, bref… Je sais que de toute manière, en écrivant les choses ainsi, je m’expose à des retours de bâton, c’est complètement légitime. Même si encore une fois, et j’ironise assez dans ma review j’espère, pour que cela se remarque, je n’exprime que mon point de vue et non une vérité prétentieuse et universelle ! :)

            En tout cas, je suis ravi qu’elle te donne envie de le lire, c’est aussi le but :D

  4. Franchement, par définition, une review c’est subjectif. Pour revenir sur le numéro, je suis pas entièrement emballé, mais les défauts que j’y trouve sont clairement évoqués par Freytaw, qui explique bien qu’il choisit de passer outre tout cela car son ressenti sur le numéro, au final, est très positif. Ce qui se comprend tout à fait, c’est un bon épisode, pour un crossover. Et j’imagine qu’il note « à la Roger Ebert », c’est à dire qu’il note « pour ce que c’est » et quatre étoiles sur un épisode de crossover, c’est pas un quatre étoiles pour un TPB de Sandman.

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