Blackhawks Vol. 1
Les points qui dépendent de quel côté de la barrière vous êtes :
  • C’est un ‘ain de nanard !
  • Les personnages sont barrés et clichés au possible.
  • C’est une BD où on apprend à ouvrir les portes à distance avec des “prises USB” en intraveineuse.
  • Et heu oui, c’est complètement idiot, mais aussi complètement assumé.

“This is a big problem !” – Andrew Lincoln


  • Scénario : Michael Costa – Dessins : Ken Lashley, Graham Nolan, CAFU et autres – Couverture : Ken Lashley


Des terroristes avec des masques à gaz, ou un truc du genre, prennent en otage des gens dans heu… j’ai oublié l’endroit, enfin on s’en fout (j’suis pas un professionnel, je suis pas obligé de tout noter… oui c’est une excuse pourrie, je sais !). Ils sont là pour être très méchants ! Enfin c’est ce qu’on croit, parce que niveau revendications, on en sait pas plus. Par contre ce que l’on sait, c’est qu’on y envoie les Blackhawks nettoyer le bordel. Et ça je peux vous dire, niveau agence gouvernementale qui dépote, y a du niveau. C’est l’Agence tout risque version remasterisée avec un avion de chasse, des tanks et autres instruments de guerre de bonne facture ! Ha oui, nous pouvons aussi rajouter qu’eux, ils ne sont pas là pour faire des blagues. Tout ça devient encore plus bizarre quand l’un des terroristes mord le bras d’une des membres des Blackhawks (ouais, ils sont pas misogynes, ils ont même des nanas). Cette morsure va contaminer la jeune femme avec des “nanicites”. La nano technologie, vous savez, ces minis-robots aux pouvoirs surnaturels… Non parce que ça peut tout faire, c’est bien connu. Finalement, ces terroristes, c’était peut-être vraiment des gens bizarres !

Blackhawks fait partie de ces séries qui n’ont pas passé la première vague. Est-ce que cela est justifié ? Les Blackhawks ont toujours été plus ou moins présent dans l’univers DC. À la base, il s’agit d’un groupe militaire qui sévissait pendant la seconde guerre mondiale et aidait à combattre contre les nazis. Une sorte de cellule spéciale, surtout équipée en avions. Il y avait aussi toute une histoire avec “l’île des Blackhawks“. Mais je ne maîtrise pas assez le sujet pour rentrer dans les détails. À noter aussi que le personnage de Lady Blackhawk a fait partie des Birds of Prey à une époque. Avec un nom d’héroïne pareil, ça n’avait rien de choquant. Mais elle a troqué tout ça contre une perruque brune et une attitude encore plus bad ass qu’avant. Tout ce qu’il y a à savoir, c’est qu’ici la donne change. Pendant l’introduction, je compare maladroitement l’équipe des Blackhawks avec l’Agence tout Risque. Cela n’a pas grand chose à voir, si ce n’est dans l’exécution un peu bourrine des missions. Les Blackhawks sont toujours une organisation militaire plus ou moins indépendante. Ils interviennent sur divers opérations qui peuvent les mener un peu partout et à combattre des menaces terroristes en tout genre. En apparence, tout ceci est très conventionnel. Dans l’idée, c’est de faire un comics plein d’action composé de membres tous plus déjantés et charismatiques les uns que les autres avec de fortes personnalités et des dégaines bien différentiables. Point positif pour le lecteur, puisqu’il arrivera rapidement à reconnaître les protagonistes (contrairement à d’autres séries plus brouillonnes pour les novices, au hasard, Legion Lost). Le grand black canadien qui est “pilote”, la petite japonaise aux cheveux roses qui est un peu kamikaze (paye tes clichés…), la brune ténébreuse avec son cache oeil qui va vous faire passer un sale quart d’heure, le gros bras avec sa tronche d’irlandais, l’informaticien du groupe, et le boss de l’équipe avec ses lunettes qui claquent et ses cheveux blancs de tombeur… Bref. Attendez-vous à une galerie de personnages très franchement stéréotypés sur les bords mais qui finalement tous ensemble, fonctionnent plutôt bien. On s’en amuse plus qu’on ne s’en agace.

Là où le bât blesse, c’est sur la faiblesse de l’intrigue, et sur la facilité du scénariste (Mike Costa) de trouver réponse à tout et de faire un peu de magie avec la technologie. Je suis d’accord, nous sommes sur du comic book. Question réalisme, on a vu mieux. Mais justement, je trouve qu’ici, c’est un peu too much. La nana qui se fait “infecter” par des nanicites et qui est capable ensuite, en se branchant une prise USB dans les veines, de commander la porte du garage, je trouve ça légèrement abusé. Tout ça sans avoir jamais essayé avant, ouais (je déconne presque pas, je vous jure… en fait, c’est plus une prise Jack qu’une prise USB mais ça n’a aucun sens et … vous avez compris l’idée) ! Pareil aussi, je ne sais pas si c’est dû à l’annulation prématurée de la série, mais on a droit à des non-dits dans le scénario plutôt énorme. Genre, y’a un mec qui se fait couper le bras dans le numéro #2. Pas de problème, les bras ça repousse il paraît, et hop, le mec a de nouveaux deux bras dans le numéro #6. Comment ça des explications, à quoi ça sert ? Vous allez me dire, c’est peut-être juste une connerie du dessinateur !

Au delà de ça, et c’est là que cette review prend une tournure des plus étranges, les personnages et les situations sont tellement, je ne sais pas, grotesques, je trouve ça carrément fun à lire. C’est trop gros, mais c’est amusant. Amusant dans le sens : “waouh, il se passe plein de trucs, super !”. La série n’a duré que huit numéros, mais c’est bien rempli croyez moi ! Ça taillade, ça explose, ça détruit des civilisations entières à coup de vaisseau spatial, ça détruit aussi des stations spatiales, tant qu’à faire… Tout ça dans une joyeuseté en demi-teinte, puisqu’il faut que l’équipe paye les pots cassés. D’ailleurs, les instants dramatiques du titre sont louables, mais le tout est tellement juste bourrin et sans réalisme qu’au final, on a du mal à compatir et à se laisser porter par nos émotions… Mais bon, qu’est-ce qu’on a rigolé ! Et encore, je ne vous ai même pas parlé du passage avec les chiens qui parlent ! Finalement, on peut arriver à apprécier cette série de la même façon qu’on apprécie regarder de temps à autre un bon vieux nanard bien débile.

Les dessins quant à eux sont de bonnes factures. Bémol quand même, même si les pauvres bougres essayent de s’imiter les uns les autres, c’est le nombre de dessinateurs qui est passé sur le titre (qui n’a eu que huit numéros je vous le rappelle). Y’en a quatre. Et je parle juste des dessinateurs, pas des encreurs et des coloristes… Mais faut dire qu’à quatre, ils s’en sortent pas si mal, sauf quand les yeux des personnages se barrent en cacahuète (la premier image de la review est parlante pour ça). Dans la moyenne dirons nous, et leur propre style se trouve noyé dans cette banalité efficace. Bah, pas grave, on est en train de lire un nanard je disais.

Au final, un titre bien couillon, mais bien fun. Parce qu’on a tous nos petites faiblesses, voyez-vous ? Après clairement, c’est une lecture totalement dispensable, surtout que la série est belle et bien morte et enterrée. On voit passer l’équipe des Blackhawks de temps en temps dans d’autres séries, et encore, ça fait bien longtemps qu’on ne les a plus vu (en fait genre deux ans… donc vous affolez pas). Au moins, ça aura l’avantage de me faire sourire si jamais ils réapparaissent ! Mais par contre pour le coup, je dirais que son annulation précoce est justifié. Pas autant que celle de Hawk and Dove, parce que quand même des fois, dans la vie, faut pas déconner. Et à choisir, pour cette première vague, j’aurais plutôt foutu Firestorm au placard par contre, et j’aurais donné une nouvelle chance à cette bande de bras cassés. Dommage ! Ha et pour ceux qui éventuellement aimaient les Blackhawks d’avant, avec leur avion noir qui en jette et leurs prouesses à la guerre, ben je suis juste désolé pour eux, tout ça aussi, c’est visiblement mort et enterré, sauf les avions, enfin y’a au moins un pilote dans l’équipe, donc ça sauve les meubles. Je crois…

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