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[Test] Batman : Arkham Origins Blackgate
Batman : Arkham Origins Blackgate
Les points positifs :
  • L’esprit Batman Arkham bien présent
  • L’aspect Metroidvania
  • Jouer à Batman sur portable, quoi
  • La conclusion

Les points négatifs :

  • Une version downgradée de la version console de salon/PC
  • Beaucoup trop d’aller-retours
  • L’aspect collectibles poussif
  • Les cutscenes très moches

« I don’t see them as lunatics. For me, they’re just soldiers. » – ???


  • Scénario : Adam Beechen – Développeur : Armature StudiosÉditeur : Warner Bros Interactive Entertainment
  • PS Vita/Nintendo 3DS – 25 octobre 2013 – 40€

Ces derniers jours, l’actualité jeux vidéos aura été monopolisée par la sortie de Batman : Arkham Origins sur consoles de salon et PC – et pour les retardataires, je vous invite à consulter la review de mon confrère MFW. Cela dit, dans l’ombre, le petit frère de ce jeu, qui porte le très long titre Batman : Arkham Origins Blackgate (alors qu’un simple Batman : Blackgate Mayhem ou quelque chose du genre aurait été moins poussif… et peut-être moins vendeur, certes), essaie de s’imposer sur consoles portables, PS Vita et Nintendo 3DS donc. Le jeu est développé par les studios Armature qui avaient été responsables du portage HD de Metal Gear Solid HD Collection sur PS Vita et qui s’occuperont du portage PS Vita d’Injustice : Gods Among Us. Vous l’aurez donc compris, Blackgate est le premier jeu original (du moins, qui ne soit pas un portage) du studio. Alors, ce coup d’essai est-il réussi ? Avons nous LE jeu Batman sur consoles portables ? C’est ce que je vous propose d’examiner dès le paragraphe suivant.

La suite de Batman : Arkham Origins… Ou presque.

Ceci n’est pas une surprise, le scénario de Blackgate se déroule quelques temps après la fin d’Arkham Origins. N’ayant pas fini le jeu en question, j’étais un peu anxieux à l’idée de me faire spoiler des éléments de l’intrigue principale. Que nenni ! Il n’est en tout et pour tout fait mention des évènements d’Origins qu’une seule fois, au tout début. Genre « il y a quelques jours, j’ai passé une nuit très fatiguante », quelque chose comme ça. Rien de bien folichon, donc, ce qui sous-entend également que le jeu peut être joué comme stand alone puisque l’histoire se démarque du jeu sur console de salon. Mais qu’en est-il de cette histoire ? Elle ne commence pas vraiment au début du jeu à vrai dire. La première séquence sert, en toute logique, d’introduction aux bases du gameplay. Batman poursuit Catwoman sur les toits de Gotham City puisqu’elle a commis un larcin commandité par un mystérieux employeur. Quelques semaines plus tard, une explosion a lieu à la prison de Blackgate, permettant aux vilains qui y étaient enfermés d’en prendre le contrôle de l’intérieur. Batman enquête sur les lieux et retrouve Catwoman qui lui explique qu’à l’intérieur il y a des otages à secourir, et que c’est à ce dernier de le faire. Le Chevalier Noir se lance donc dans la prison dans laquelle il devra se débarrasser des caïds qui ont pris possession des lieux : Black MaskJoker et Penguin. Bien entendu, il y aura d’autres ennemis à affronter… Si le scénario de prime abord ne semble pas des plus poussés, il comprend quand même quelques situations sympathiques et c’est surtout dans sa conclusion qu’il se révèle intéressant ; je vous renvoie directement, pour ceux qui ne feront pas le jeu, à la citation en début d’article, pour que vous essayiez de comprendre qui se cache derrière tous ces évènements…

Arkham-Origins-Blackgate-1

Un metroidvania de poche. Et avec Batman.

À part le niveau d’introduction qui se déroule dans Gotham City, l’ensemble du jeu se passe dans la prison de Blackgate qui est divisée en quatre sections : le quartier des cellules, la section administrative, la zone industrielle, et le phare. Le tout est présenté dans un univers en 2,5D. Le personnage évolue la plupart du temps en deux dimensions (avec plusieurs zones de profondeur par moments) dans des niveaux labyrinthiques dans lesquels il vous faudra utiliser tous vos gadgets pour vous frayer un chemin. Des ennemis se dresseront sur votre chemin même s’ils ne sont pas très nombreux. Dans sa conception, le jeu fait donc partie de ce genre metroidvania, avec une grande map divisée en plusieurs sections, dont certaines ne sont pas accessibles au début de l’aventure puis se débloqueront au fur et à mesure de l’aventure. Au départ, l’approche est plutôt bien réalisée : beaucoup de couloirs certes, mais des trappes à débloquer, des murs à exploser, des conduits à explorer, des plateformes auxquelles s’agripper, des espaces à traverser avec le line launcher, la diversité de mouvements est présente. De même, les environnements présentes des interactions qui sont utilisables dans les phases predator. Un mélange d’action et d’inflitration qui vous semblera bien familier donc. Néanmoins, il y a quelques points noirs au tableau. En général dans un jeu de ce genre, lorsqu’on est amené à faire des aller-retours (pour accéder aux zones nouvellement accessibles), le cheminement peut être différent, ou des ennemis peuvent respawner pour que le tout ne tombe pas à plat. Ce n’est pas le cas ici. Il y a déjà très peu d’ennemis, mais une fois les combats terminés, ce sont des environnements complètement vides qu’il vous faudra traverser, re-traverser, et encore re-traverser. Pour être honnête, les aller-retours sont bien trop nombreux, imposés par l’histoire, et les derniers sont vraiment lourds et laissent place à un sentiment de lassitude. Le fait qu’il n’y ait que 4 gadgets de disponibles rend aussi les choses redondantes à la fin. Mais je pense que le plus mauvais point ici est l’utilisation de la carte, complètement foirée. Chaque salle peut comprendre plusieurs niveaux mais elle ne s’affiche que sur un seul plan. Du coup, pour accéder à ce petit couloir qui tourne à gauche, la recherche peut être bien longue, et de façon générale, il est assez pénible de se repérer dans certaines sections du jeu. Je suppose que la donne peut être changée sur 3DS avec le second écran qui affiche la carte en permanence. Il faut noter également, quelques petites difficultés à se déplacer entre différentes sections qui sont liées à des pressions de boutons un peu maladroites.

Qui dit Batman dit action. Action. Allez quoi, un peu…

Les jeux Batman : Arkham sont réputés pour leur mélange action/infiltration. Si le côté exploration est bien présent (avec quelques phases d’infiltration), qu’en est-il des combats ? Le système de free-flow est bien conservé (à la façon des cartes de challenge Black Mask d’Arkham City – le niveau « Fright Train ») mais est trèès limité : vous ne disposez que de la touche de frappe, du contre, du cape stun, du beatdown qui s’ensuit et de l’esquive. Au niveau des ennemis, vous retrouverez les ennemis basiques, ceux avec un couteau et une armure qui se battent au beatdown, et ceux avec un bâton électrique qui nécessitent une esquive d’abord. Ce n’est pas non plus beaucoup. Les combats ne sont d’ailleurs pas nombreux, sachant qu’un des plus gros intervient… dans le niveau d’introduction. Ce comble. Les combos peuvent se faire à condition d’avoir une bonne maîtrise de l’espace. En effet, les combats se font à deux niveaux de profondeur et il n’est pas rare de louper un combo à cause d’un ennemi situé dans le mauvais plan que du coup vous n’atteignez pas. Rageant. Et de façon générale, il n’y a clairement pas assez de combats, ou pas assez d’ennemis dans les combats, ou les deux. En revanche, les affrontements de boss sont assez variés et vous demanderont l’utilisation de l’environnement et de vos gadgets, et certaines phases peuvent même être ardues avant que la technique soit comprise. On peut mourir quelque fois dans ce jeu, oui oui.

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Et graphiquement qu’est-ce que ça vaut ?

Oui parce que même si on dit que les graphismes ne font pas tout, des fois c’est important. De façon générale, le jeu est plutôt beau. Il y a clairement un manque de diversité dans les décors (et c’est dû à l’histoire aussi), mais ils ne sont pas trop mal réalisés bien qu’un peu vides. Les textures ne sont pas affreuses, loin de là. Batman et les différents personnages sont plutôt bien animés. Les mouvements du Caped Crusader sont très proches de ce qu’on a déjà vu, les combats disposent de ces même ralentis à leur fin, et le personnage répond plutôt bien aux touches. Comme je vous l’ai expliqué, j’ai fait le jeu sur PS Vita. Si j’ai été content de que la console m’affichait, j’ai quand même la désagréable impression que le jeu aurait pu être deux fois, voire dix fois plus beau s’il n’avait pas été développé sur 3DS. Clairement, la portable de Nintendo tire la qualité graphique vers le bas (et je ne trolle pas cette console, je la possède également). Du coup, une de mes plus grosses craintes, compte tenu de ce que j’avais pu voir sur iPad et autres tablettes, c’est que le jeu soit au final porté à moindre coût sur plate-formes mobiles. Si d’un point de vue gameplay, le jeu ne s’y prête clairement pas, d’un point de vue graphique, les tablettes et smartphones dernier cri sont largement capables, je pense, d’afficher quelque chose de la trempe de ce jeu. Comme les deux consoles sont différentes, il aurait été plus malin (mais moins avantageux financièrement, c’est sûr) de faire deux jeux bien différents. Tant pis. Par contre, s’il y a bien UNE chose qui soit vraiment laide dans ce jeu, ce sont les cut-scenes. Présentées sous forme de comics un peu animé, au départ elles ne choquent pas – parce que les décors sont passables. Mais dès qu’on en vient aux personnages, tout se casse la gueule : BatmanCatwomanJoker, personne n’est épargné, il y a certains visages vraiment horribles. Et le pire, c’est quand les personnages bougent. En fait il n’y a pas d’animation, c’est comme si le personnage se déplaçait de façon statique, sans bouger aucun muscle. Il y a une scène où une femme marche d’un bout à l’autre d’un bureau, avec les jambes qui ne changent pas de position, c’est grotesque. 

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Ouuuuh que je suis pas beau…

Et combien de temps ce jeu va-t-il me prendre ?

Pour répondre à cette question, pas énormément de temps. Il faut savoir qu’en marge de la quête principale, il y a plusieurs quêtes annexes, qui sont en fait toutes des recherches de collectibles. Il y a des objets à détruire dans chaque section, des coffrets avec des pièces de costumes à récupérer (5 costumes en tout, dont un débloquable uniquement en possédant la version PS3 du jeu), des améliorations d’équipement. Et il y a aussi des enquêtes à élucider, ça consiste à trouver des preuves cachées dans tous les niveaux. Au départ plaisant, ça en devient vite relou, parce que ça implique de scanner toutes les pièces dans lesquelles vous arrivez (en activant le mode détective en glissant le doigt sur l’écran, une mécanique de jeu dont je n’ai pas parlé avant d’ailleurs, et qui est omniprésente. Elle permet de voir en effet tous les objets avec lesquels interagir. Le comble, c’est que même en refaisant le jeu, il vous faudra re-scanner tous ces éléments…), et qu’il n’y a aucune façon de voir où sont les indices manquants. Et hop, encore plein d’aller-retours… Il faut également savoir que pour débloquer tous les costumes, il vous faudra finir le jeu 3 fois, la dernière pièce acquise pour 3 costumes étant différente selon l’ordre dans lequel vous affrontez les 3 méchants principaux. Un pseudo argument pour entraîner une certaine rejouabilité, le jeu n’étant pas très très long. En fonction de cet ordre d’affrontement, vous aurez également droit à des cut-scenes (moches) différentes sur la fin. Pour ma part, j’ai fini le jeu à 91% en 7h30 – j’attaque ma seconde partie pour récupérer le reste des collectibles et faire les fins différentes. Oui parce que la complétion à 100% du jeu est nécessaire pour obtenir tous les trophées du jeu (un élément absent sur 3DS), et si ce n’est pas forcément un argument de vente du jeu, vous savez d’ores et déjà que la quête de ces trophées pourra être fastidieuse, pas sûr que vous soyez prêts à boucler le jeu 3 fois pour ça.

Si vous m’avez lu jusque là, vous devriez avoir une impression négative sur le jeu ; sûrement parce que je me suis plus attardé sur les défauts, mais dans l’ensemble sachez que j’ai passé un relativement bon moment de jeu sur ma première partie – puis jouer à Batman dans le train, ça n’a pas de prix. On a bien l’ambiance Arkham dans les mains (et les oreilles, la bande-son et les doublages étant de bonne facture), mais le jeu souffre trop de la comparaison avec ses aînés. Avec un système de combat moins bridé, plus de gadgets, plus d’ennemis et d’action, un système de leveling plus poussé, le jeu aurait facilement pu être un incontournable. Ce qu’il n’est de loin hélas pas. Très sincèrement, je vous conseillerai d’acheter le jeu, mais attendez juste une baisse de prix. Il y a clairement du potentiel pour faire de très bon jeux Batman sur consoles portables, on peut se consoler en se disant que Blackgate ne fait qu’ouvrir la voie. 


UN AVIS SUR LA VERSION NINTENDO 3DS, C’EST BIEN AUSSI !

La version 3DS comporte un rendu graphique un peu plus faible que son homologue PS Vita : les textures sont un peu plus « brutes » et lors des zooms, le rendu est assez pauvre. Toutefois, la fonction 3D de la console apporte vraiment un plus, l’apport de la profondeur permettant de donner vie à cette « 2,5 D ». Cet effet est d’autant plus appréciable lorsque l’on utilise la fonction d’analyse en vue de détective. Sinon, Batman Arkham Origins Blackgate est pour moi un jeu dispensable, qui veut nous offrir la possibilité de prolonger un peu le plaisir de la version console de salon du jeu, mais ne s’en donne pas les moyens. Il s’agit d’un « Metroïd-Vania » un peu simpliste, parfois ennuyeux, qui ne brille que par son ambiance et quelques rares phases originales, entrecoupées d’exploration parfois soporifique. Reste le plaisir de pouvoir emporter un mini Batman Arkham dans votre poche.

– Zeppeli

ArnoKikoo

ArnoKikoo