Batman : Arkham Origins
Les points positifs:
  • Un gameplay toujours aussi jouissif
  • Une map gigantesque
  • La direction artistique et le fan service
  • La qualité de la BO
Les points négatifs:
  • Un jeu moins bien optimisé que ses grands frères
  • Le scénario a quelques temps faibles et semble trop convenu
  • Le multi sympa mais vite lassant

« I just want the Bat dead. » – Black Mask


  • Scénario : Corey May, Dooma WendschuhDéveloppeur : Warner Bros Game MontréalÉditeur : Warner Bros Interactive
  • PS/360/WiiU/PC – 25 octobre 2013 – 60€

Préambule : 36/15 ma vie

En ce 25 Octobre, en rase campagne, je guette depuis 8h du matin mon colis contenant ce doux sésame qu’est Batman : Arkham Origins. Dire que j’attendais ce jeu est un doux euphémisme et je campais, tel Scott Pilgrim attendant sa Ramona Flowers, devant ma porte d’entrée. 11H, le livreur UPS arrive et je saute sur le paquet, déballe frénétiquement le tout, il s’agit de la collector. La figurine de 30 cm de grande qualité justifiant à elle seule l’achat de cette dernière en jette alors que je n’en collectionne pas à la base. Le steelbook, l’artbook, tout est parfait. On est bien loin de ce batarang minable auquel nous avions eu droit pour Arkham Asylum.
J’allume la ps3 et je remarque que la télé familiale n’a pas de prise HDMI, diantre ! Je passe ma journée à faire le tour du quartier et à quémander pour une péritel ps3. J’avais promis un test pour dimanche soir, il aura fallu attendre un peu plus longtemps. Mes excuses chers lecteurs adorés. Oui ce premier paragraphe bien trop long n’était qu’un subterfuge pour vous dire que la collector est bonne et que j’attendais le jeu. Zut, j’aurais pu faire une ligne sur le sujet.

collector-arkhamorigins

Arkham ça vous gagne !

Depuis 2011 et la fabuleux Arkham City le chevalier noir commençait à nous manquer. La série Arkham a enchanté bon nombre de joueurs, proposant dans son premier épisode une quête linéaire en monde semi-ouvert et terrifiant pour terminer avec un vrai monde ouvert dans Arkham City. Ces deux jeux, considérés comme les meilleurs jeux Batman à ce jour et comme ce qui se fait de mieux et plus encore dans les adaptations vidéoludiques de comics ont marqué les esprits. Alors que son développeur original, Rocksteady, planche vraisemblablement sur le Batman next-gen, Warner Bros Montréal a eu la lourde tâche de proposer un 3e épisode préquel à la série. Ce tout jeune studio qui s’était occupé du portage d’Arkham City sur Wii U (l’armored edition) avait tout à prouver.
On nous a promis beaucoup de choses et il convient de décortiquer le jeu. Alors que j’ai terminé ce dernier en mode normal, que j’ai fait toutes les quêtes annexes sauf celles d’Enigma et que j’ai testé pour vous le multijoueur je vais enfin vous livrer mes impressions.

Batman : A long christmas ?

Je vous rassure, le test ne contient aucun spoilers, de peur de vous gâcher des twists ou révélations. Bien. Donc nous lançons le jeu, Bruce Wayne, visiblement peu adepte du rasage, apparaît devant nos yeux pour décoller avec son Batwing. Bruce tu as raison, la barbe de 3 jours c’est classe. Dans la Batcave ! Hé oui, nouveauté de cet épisode, même si nous n’avons pas accès au manoir Wayne, la Batcave est bien là, avec son Bat-Ordinateur ou sa Batmobile en chantier. C’est la deuxième année de service pour notre justicier en herbe et il n’est pas content, en plus on lui gâche son Noël. Il y a du grabuge au pénitencier de Blackgate. Black Mask, cette chère victime qui se faisait martyriser dans un caméo hilarant au début d’Arkham City n’est pas content et fait évader moultes prisonniers en allant jusqu’à tuer le commissaire Loeb. On va dire que c’est une référence à cet homme qui a apporté au moins 4 grandes histoires dans le bat universe. On rencontre d’emblée un Killer Croc moins épais et on apprend rapidement qu’un contrat de 50 millions de dollars pèse sur notre petite tête de chauve souris pour qui arriverait nous tuer pendant cette veille de Noël. Huit assassins sont en course pour rafler la mise dont Bane, Deathstroke et Deadshot. Je m’arrête là pour le pitch de départ, mais sachez que la nuit sera longue, très longue pour Batou.

Voici les premières minutes de jeu capturées par l’ami Deiimo, merci à lui !

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Un scénario à la hauteur ?

Puisqu’on en est là parlons donc du scénario. Paul Dini évincé je me demandais bien ce que pourrait nous réserver ce dernier. Il souffre tout d’abord et c’est normal du fait que ce soit une préquelle. Dans le sens où l’on est jamais inquiet pour Batman et les protagonistes qui sont du bon côté de la force. Très linéaire et classique dans son déroulement il déçoit au premier abord. Mais très vite apparaît un twist assez sympathique et certaines séquences sont aussi cultes que celles des deux premiers. Je ne vais pas vous spoiler davantage mais on est pris au tripes lors de ces moments de grâce, qui pardonnent un tout un peu convenu. On est donc très loin d’un ratage. Les fans seront contents de trouver de nouveaux vilains, souvent des seconds couteaux. Sans spoiler car il été annoncé, la séquence du Mad Hatter (optionnelle) était absolument géniale et très sombre dans son épilogue. D’ailleurs le récit est sans concessions et se révèle bien plus sombre qu’Arkham City – ce qui n’est pas pour me déplaire. Toutefois il y a deux ou trois moments qui font retomber la tension. À noter l’omniprésence encore une fois du Joker, bien plus important que d’autres dans cette intrigue. Heureusement le personnage est magnifiquement traité, certaines séquences m’ont marqué et sont d’ores et déjà cultes à mon sens. Si vous avez aimé The Killing Joke vous serez servi. Les facilités scénaristiques sont là mais le tout tient debout. Par exemple, pour justifier l’absence de civils dans la ville à la Beware the Batman on nous balance dès le début que les citoyens sont priés de rester chez eux à cause de la tempête de neige, bon, mouais. Les vilains font leur taffe, on voit l’évolution de Gordon et j’ai trouvé un Alfred bien traité.

batman arkham origins

VO ou VF ? Débat et consensus.

Tant qu’à parler du Joker autant parler des doublages. Pour la VO et la VF les doubleurs ont changé et si je regrette déjà Pierre Hatet pour la VF, le nouveau doubleur VO, Troy Baker, n’a rien à envier à Mark Hamill ! Quelle prestation ! En VO le tout est de toute façon de très bonne facture, j’ai quelques reproches sur la VF, la voix d’Alfred est insupportable à mon sens. La bande son est bluffante, je pense que c’est la meilleure des 3 opus. Toutes les musiques rappellent les meilleurs morceaux des films de Burton ou de Batman TAS. Le tout colle parfaitement à l’ambiance pesante et sombre qui pèse sur le jeu.

Des évolutions mineures mais intéressantes de gameplay !

Côté gameplay on ne change pas une recette qui gagne. Le studio n’a pris aucun risque. L’ajout de gadgets comme la griffe télécommandée ou les gants électriques sont un plus indéniable. Les combats sont toujours aussi dynamiques. De toute façon les Arkham avec leur système de combat, le free flow, sont une référence absolue en la matière. Je les ai trouvé plus vifs mais l’évolution est mineure. Les phases prédateurs, sauf avec l’utilisation de cette fameuse Griffe télécommandée sont identiques et même un peu trop faciles. C’est tout à fait paradoxal quand on voit que globalement le jeu propose dès le mode normal un challenge plus important que dans les autres opus et que le mode hard est un régal pour les amateurs rodés à la série. Je n’ai pas encore tenté le new game + mais il sera forcément de qualité, les icônes de contre ne s’affichant pas, les combats sont d’autant plus jouissifs dans leur déroulement. Le mode I am the Night, où la mort est synonyme de Game Over risque aussi d’être particulièrement intéressant pour les plus acharnés d’entre vous. Qu’on se le dise le challenge est bien là malgré ces phases prédateurs avec une IA aux fraises. Le point qui a vraiment évolué c’est au niveau de l’analyse des scènes de crime où l’on opère une reconstitution minutieuse de ce qui s’est passé. On peut ensuite avoir une petite vidéo nous montrant le déroulement des évènements, que l’on peut rembobiner ou avancer ce qui permet de suivre d’autres pistes menant à de nouveaux indices. C’est très bien fait est fort bien pensé.

batman arkham origins preview

Who’s the Boss ?

Les boss, gros points faibles des Arkham sauf pour certains (l’épouvantail et Ivy dans Asylum ou Freeze dans City) ne sont pas tous réussis. Qu’on se le dise il y a même des moments où j’ai eu envie de me mettre la tête entre les mains. Le combat contre Deadshot par exemple est un copié collé complet de celui contre Two Face quand on joue Catwoman dans Arkham City. Reste quelques moments de grâce, j’ai aimé celui contre Deathstroke et contre Firefly et même le tout dernier. Mais franchement je m’attendais à mieux.

batman arkham origins

C’est long et c’est bon.

Sur la durée de vie, une douzaine d’heures pour boucler l’aventure principale est raisonnable, rajoutez en quelques unes de plus pour faire tous les most wanted, tags d’Anarky et autres joyeusetés. Enigma est présent mais il n’y a plus ces 300 et quelques trophées laborieux à récupérer, et tant mieux, la quête est plus intéressante pour ce dernier. La map de toute façon est immense et on prend plaisir à se balader à la recherche d’easter eggs, moins nombreux peut être que dans les autres épisodes même si cela reste à prouver. Pour finir les traditionnels challenges en campagne tiendront les plus acharnés d’entre vous en haleine.Pour se déplacer plus vite le Batwing est un atout fort intéressant car se rendre au vieux Gotham quand on est tout en bas de la map peut se révéler assez long, surtout vu la longueur du pont qui sépare les deux parties de la ville. Je regrette vraiment que la ville soit si vide de tout ce qui n’est pas un gangster ou un flic, ce qui est compensé par le décor.

J’ai un PC j’ai presque tout compris.

Je m’explique, même si graphiquement c’est une banale utilisation du moteur d’Arkham City, le rendu de la neige est fabuleux, encore plus sur PC forcément. C’est même le jour et la nuit, une vraie superior version. C’est graphiquement propre et les cinématiques en CGI sont de toute beauté. Gros point noir, les bugs majoritairement sur console. Sur le forum officiel les plaintes sont légion, que ce soit pour des ennemis coincés dans le décor impossibles à interroger, des sauvegardes auto qui font n’importe quoi ou encore des quêtes annexes qu’on ne peut pas valider (Enigma). Pour ma part j’ai subi d’importantes chutes de framerate sur ps3 et quelques freeze ce qui ne m’étais pas arrivé avec les opus précédents. C’est très dommage, on voit que Rocksteady était clairement meilleur en optimisation sur ce point même si tout n’était pas parfait.

Du risque de proposer un mode online.

Terminons notre tour d’horizon par le online en 3vs3vs2 développé en externe. Une première dans l’histoire de la série. Soit la team Joker contre la team Bane contre Batman et Robin. Développé en externe il se révèle tout de même assez dispensable. Disons que même si on a un système d’xp, une fois la dizaine de parties passée on s’en lasse incroyablement vite. Le tout étant à mon sens redondant et plutôt mal équilibré. À voir sur le long terme mais ce n’est pas sur ce mode que je vais m’attarder pour ma part.

batman arkham origins

Batman : Arkham Origins est clairement un bon jeu, au scénario sombre mais trop linéaire et convenu quoique fort plaisant. Il ne renouvelle en rien la série, les environnements varient d’ailleurs du très bon au très fade et le gameplay est toujours aussi jouissif. Sa mauvaise optimisation et les bugs sur consoles plombent un peu le plaisir de jeu mais la version PC est franchement de qualité. Classique et ne prenant aucun risque, il ravira les amateurs des précédents volets et les fans du chevalier noir. Quelques boss sont vraiment réussis, certaines séquences sont marquantes et le challenge est présent. Le online est anecdotique. La formule de la série commence quand même à s’essouffler et j’espère que le prochain sera une véritable révolution dans la série.

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Grand gagnant du concours Picsou Magazine Batman et Robin (True Story), Superman de Donner est son film d’enfance préféré même devant les goonies. Il tombe dans la Batmania des années 90 ruinant ses parents au magasin de jouet. Il lit à l’époque toutes les sorties Image chez Semic et reste un amoureux de Spawn. Les années passent la passion pour DC grandi et surtout son univers cosmique. La vénération de les Légion des Super Héros et de Booster Gold peut commencer. La série hebdomadaire 52 a changé sa vie de lecteur de comics.