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Critique de Justice League Crisis On Two Earths
Les points positifs:
  • Bonne introduction au multivers
  • Owlman
  • Son lot de mort et d’émotion
Les points négatifs:
  • La romance de Martian Manhunter
  • Vous avez une dent contre le concept du multivers ?
  • Dur à trouver en France (et en Suisse, mais pas Belgique)

« No need to make a scene. I want you to call the Justice League for me. » – Lex Luthor


  • Justice League : Crisis On Two Earths – 23 février 2010
  • Blu-ray & DVD – 75 minutes – 7.99€

Durant leur conquête de Prime-Earth qui les occupera le temps de l’event, les doubles maléfiques de la Justice League n’ont pas oublié de passer par les bureaux de DC Planet (enfin, c’est pas comme si on en avait). C’est donc le owlarang sous la gorge que je suis contraint de parler du CSA (Crime Syndicate of America), l’équipe de super-vilains créée en 1964 dans les pages de Justice League of America aux tout premiers balbutiements du multivers. Ces abominables personnages nous réservent à toute la rédaction un sort terrible si d’aventure on refusait de leur faire un petit coup de pub. J’ai au moins eu le choix des armes, et c’est du long-métrage d’animation Crisis On Two Earths que je vais vous parler. Sorti en 2010, ce dernier est réalisé à quatre mains par la talentueuse Lauren Montgomery (Wonder Woman, Green Lantern : First Flight) et par le non moins talentueux Sam Liu (Batman : Year One, All-Star Superman).

[Review TV] Justice League - Crisis On Two Earths

Inspirée par Crisis On Earth Three (le run qui offrit aux lecteurs la première apparition du Crime Syndicate), et surtout par le graphic novel JLA : Earth-2 de Grant Morrison, l’histoire commence dans un bâtiment apparemment très sécurisé dans lequel Lex Luthor et le Joker semblent pressés de dérober un objet mystérieux. La Justice League n’aura pas de difficultés pour mettre un terme aux agissements suspects de ces deux malfrats, mais il y a quelque chose de surprenant dans l’allure de nos justiciers favoris, tout comme dans leur attitude et dans leurs costumes. Qu’a-t-il bien pu arriver aux plus grands super-héros du monde ? Le téléspectateur aura tôt fait de découvrir la réponse tandis que Lex Luthor utilise le mystérieux appareil fraîchement subtilisé pour gagner le monde que l’on connaît. Une fois la vraie Justice League contactée, il leur explique, non sans avoir au préalable joué des pieds et des mains pour prouver qu’il n’a rien à voir avec le méchant Lex Luthor croupissant en prison à quelques kilomètres de là, qu’il provient d’un autre monde, dans lequel des doubles maléfiques de Superman, Wonder Woman, etc. ont mis l’humanité au tapis pour assouvir leur soif de pouvoir et d’argent. Dernier survivant des gentils de son monde, Luthor demande de l’aide aux héros de la Terre.

S’ensuit une épopée épique qui emmènera la Justice League dans une dimension lointaine pour qu’ils se heurtent à leurs alter-egos corrompus. On verra ainsi Superman, Batman, Wonder Woman, Green Lantern, Flash et Martian Manhunter s’opposer respectivement à Ultraman, Owlman, Superwoman, Power Ring, Johnny Quick et Jedd J’arkus (de ceux-ci, seul le double du Limier Martien n’est pas un membre du CSA d’origine). La caractérisation de ces vilains est très réussie, et constitue un des atouts de ce film. Qu’il s’agisse d’Ultraman, le big boss aux allures de parrain mafieux, de Owlman, le cynique aspirant à l’annihilation du libre arbitre (esprit de Darkseid es-tu là ?), de Superwoman, petite tigresse cruelle et séductrice, ou de Johnny Quick, pas le plus terrible au fond vu qu’il trouve la voie de la rédemption au final. Seuls Power Ring et Jedd J’arkus sont en retrait, mais quant aux autres, les scénaristes ont réussi le coup de maître de brosser le portrait de ces nouveaux visages et de cette nouvelle planète sans alourdir le film. Et même si le background de cette Earth-3 est moins approfondi que dans les pages de Justice League of America #29, on est agréablement surpris de découvrir que le président des États-Unis s’appelle Slade Wilson et qu’il lui manque un œil, ou que le singe de compagnie du gentil Joker s’appelle Harley Quinn. Tout est dans le détail.

[Review TV] Justice League - Crisis On Two Earths

Pour le reste, le film s’enorgueillit de nombreuses scènes d’action entre les gars de la Justice League d’un côté, et le Syndicat du Crime ou leurs innombrables sous-fifres de l’autre. Le téléspectateur peut d’ailleurs s’amuser à reconnaître en chacune de ces petites frappes un héros de seconde zone version ‘evil’ de notre Terre. L’intrigue de son côté n’est pas révolutionnaire. Superman et ses amis s’appliqueront à renverser le dictat du Syndicat du Crime, tout en essayant de redonner foi aux hommes de cet autre monde en leur capacité à se gouverner eux-mêmes. Un petit coup de chapeau apocalyptique à la fin recentrera les préoccupations de chacun vers l’essentiel (à savoir : survivre), et réunira les ennemis d’autrefois pour contrer les machinations d’Owlman.

Suffisamment polyvalent pour plaire à tout le monde, Crisis on Two Earths est un mélange équilibré d’action, de tragédie, et même d’amour, puisque le Limier Martien deviendra épris de la fille du Président local. Heureusement que cette romance maladroitement amenée reste suffisamment en retrait pour ne pas faire grincer trop de mâchoires. Elle aura cependant le mérite d’approfondir le personnage de J’onn J’onzz pour ceux qui ne le connaîtraient qu’à travers ses apparitions sur le petit écran. Les voix originales constituent par ailleurs un autre point fort, jusque dans les accents étrangers ou aristocrates qui sont prêtés à tel ou tel personnage. Les dessins, irréprochables, ne tombent pas trop dans le body-buildé comme avait la fâcheuse tendance de le faire le récent Justice League : The Flashpoint Paradox, et caressent l’œil dans le sens du poil.

[Review TV] Justice League - Crisis On Two Earths

Probablement le meilleur dessin animé DC basé sur un scénario original, Crisis on Two Earths peut se vanter d’avoir bien dissimulé ses défauts. Porté par des personnages fascinants, quelques références de bon goût et un final mémorable, il conviendra aux amateurs de bastons comme à ceux que les gros serrements de cœur attirent plus. Une réussite !

(C’est bon Ultraman ? Vous allez me détacher maintenant ?)

TheRiddler

TheRiddler