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SUPERMAN: THE BLACK RING
Les points positifs:
  • Une histoire épique centrée sur Luthor !
  • Un bon blockbuster: ce qui est rare…
  • Et c’est beau !
Les points négatifs:
  • Les histoires de l’annual qui brisent le rythme, sans être mauvaises.
  • Le titre ment : Superman n’est pas la star !
  • Une science un peu foireuse ?

« The t-truth… what I really want… is to be Superman » – Lex Luthor


  • Scénario : Paul Cornell, Gail Simone (sur le numéro tiré de Secret Six) – Dessins : Pete Woods, Jesus Merino, et plein d’autres… (oui j’ai la flemme, et Luthor s’en fout en plus !) – Couleurs :
    Brad Anderson, et autres
  • DC Comics – Superman: The Black Ring Vol. 1 – 30 Mars 2011 – 160 pages – 19,99$ – Hardcover – Collectionne : Action Comics (1938 – 2011) #890-895
  • DC Comics – Superman: The Black Ring Vol. 2 – 14 Septembre 2011 – 224 pages – 29,99$ – Hardcover – Collectionne : Action Comics (1938 – 2011) #896-900, Secret Six (2008 – 2011) #29 et Action Comics Annual #13


Je crois que je suis pris entre deux feux. Le Joker est venu me raconter ses histoires, comme vous le savez, et prévois de m’en raconter d’autres. Enfin peu-importe. Voilà que maintenant, Luthor se pointe et me somme absolument de partager avec vous l’histoire la plus importante de sa vie ! Son avènement, son plus grand succès, ou que sais-je encore. Et là, il me souffle à l’oreille : The Black Ring. J’en tremble d’effroi, vous imaginez bien… Je me suis donc plongé corps et âme dans cette histoire, en deux tome, autant vous dire qu’il y a de la lecture, afin d’être sûr, justement, de garder corps et âme aussi longtemps que possible. À la fin, j’ai eu envie de rire. Mais j’ai réprimé mon envie. Car intrinsèquement, c’est pas faux, Luthor n’a jamais rien accompli d’aussi bien de toute sa vie. Dommage qu’il ait un peu oublié comment ça se termine. Et dommage qu’il soit aussi… hum non, il va me lire.

Superman The Black Ring

Donc, cette histoire se passe peu après les évènements de Blackest Night. Attention, je risque un peu de vous spoiler l’affaire, mais c’est important. Pendant cette nuit très sombre, Luthor a eu le droit à un petit peu de lumière. Mais une lumière Orange, celle de l’avarice. Effectivement, l’espace d’un court instant, le destin (ou peu importe la vraie personne) lui a collé un anneau d’Orange Lantern autour du doigt. Imaginez-donc le type, pas mégalo du tout hein, juste un peu… ambitieux. Autant vous dire que l’avarice dont il fut envahit lui donna quelques idées par la suite, les effets de l’anneau se faisant encore ressentir les jours et les semaines suivant cet évènement. Et le monsieur ne faisant jamais dans la démesure, le voilà donc parti dans une quête pour trouver des traces résiduelles des anneaux des Black Lantern, histoire de s’emparer de ce pouvoir et de le maîtriser. Et bien cette petite ambition va le conduire sur une odyssée personnelle des plus incroyables et Luthor devra même affronter La Mort en personne sur son périple.

Et pour une odyssée, c’est une odyssée. En plus d’être fondamentalement une bonne histoire, intelligente, logique et un peu compliquée en même temps, si c’était un film, ça serait un ‘ain de blockbuster. Un casting de folie (Lex Luthor, Lois Lane, Vandal Savage, Mister Mind, Le Joker, Gorilla Grodd, La Mort, Brainiac, Laarfleeze, Deathstroke, les Secret Six, et en supra guest-star, Superman, avec aussi l’aimable participation de Ra’s Al Ghul et Darkseid), des décors terrestres variés (l’antarctique, la jungle africaine, l’asile d’Arkham, Metropolis, le laboratoire de Lex Luthor, l’espace, des villes européennes, et plein d’autres endroits extraordinaires), des scènes d’action d’anthologie (avec des robots tueurs, des super-gorilles, des combats de sabre, des combats cosmiques avec des dieux, des téléportations spatio-temporelles), des flashbacks sur quelques protagonistes importants, des trahisons, des complots, des intrigues sous les intrigues, des alliances improbables, et des caméos de star internationales comme Batman pour poser la cerise sur le gâteau. Le film de l’année, assurément !

Superman The Black RIng

Oui, je sais, ça emballe autant que ça fait peur ! Mais imaginez que chaque personnage, chaque élément et chaque scène soient à leur place. Et que le tout s’assemble comme des briques de LEGO pour former la plus belle et géante construction de toute votre enfance (ou de votre vie d’adulte, ça dépend, vous pouvez continuer d’aimer les LEGO… non, ce n’est pas du sarcasme, même si je suis obligé de mettre le ton, vu que les vilains me regardent). Je sais qu’il n’y a que ma parole pour vous convaincre, et pourtant, Paul Cornell a fait un travail exemplaire sur la caractérisation de Lex et sur l’utilisation des différents protagonistes qu’il va rencontrer pendant sa quête. Et quête, c’est le mot juste. Une quête de pouvoir, une quête de soi aussi. De plus, la présence de Lois Lane (mais pas comme vous l’imaginez, pour ça, je préfère vous laisser la surprise) donne un contraste assez fort sur la personnalité de Lex, puisqu’elle va l’accompagner dans toute sa démarche. Et c’est brillant. Bien sûr, je ne peux pas ne pas citer les passages et les dialogues savoureux que Cornell nous offre entre Lex et le Joker. Du pur génie, et une caractérisation du Joker là aussi au poil, et ce jusqu’à son caméo à la toute fin, qui en dit long sur l’esprit puissant du personnage. Et bien évidemment, il y a la rencontre et le dialogue avec la Mort (oui, le personnage de Nail Gaiman, de l’univers de Sandman). D’une saveur là aussi, incontestable, c’est un grand moment de comics. Je ne peux évidemment vous dévoiler les circonstances de cette rencontre, au risque de vous gâcher une partie de l’entreprise de Lex. Mais sachez que chaque élément n’est pas là par hasard et trouve une logique implacable pour la fin de l’histoire.

Superman The Black Ring

La fin… C’est là qu’il faut que je me retienne de ne pas me moquer de Lex pour éviter de me retrouver en petite écolière, une fois de plus, ou pire encore, en fringues de Minnie Mouse, comme ils ont fait à ArnoKikoo la semaine passée… Oui, il n’avait que la jupe et le nœud rose, une horreur… Enfin bref ! Comment dire poliment que tout se retrouve à sa place, au vu des caractères et des égos de chacun et que cette confrontation avec Superman se termine de la manière la plus logique qui soit ? Alors que le choix ne lui appartient qu’à lui et lui seul. Des choix, il ne sera que question de ça pour Lex, tout cet effort et tout ce génie pour en arriver à ce point crucial, sa dernière épreuve, son dernier travail. Car oui, toute son odyssée rappelle aussi les différents travaux d’Hercule, Lex devant le plus souvent faire preuve de malice pour arriver à passer les embûches qui se mettent sur son chemin. La quête d’un grand pouvoir impliquant d’autres personnages très avides de celui-ci. Et son dernier travail l’opposera à Superman. Comme la logique de l’histoire le veut, et comme Lex l’aura souhaité. C’est fluide, ça a du sens, c’est bien écrit… Je ne sais pas trop comment il faut vous dire ça ! C’est sans aucun doute l’histoire de Superman sans Superman (ou presque) la plus réussie de la fin de l’univers classique ! Et le fait que Superman ne soit qu’un guest, c’est presque un comble. Mais je crois que Luthor méritait aussi son exposition, même si il a déjà eu des tas d’histoires à son nom. En soit, il a raison le bougre, c’est tout de même une belle victoire, puisque la meilleure histoire de Superman des cinq dernières années pré-relaunch, ça pourrait être la sienne. Ce n’est pas moi qui tiens les scores, mais si je le faisais, elle aurait sans doute sa place en haut du tableau.

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Histoire de faire un peu de reproches, ou pourra toujours pinailler sur l’utilité de quelques chapitres présents dans le livre, notamment ceux revenant sur le passé de Lex (qui sont en fait des histoires de l’annual publiées dans le tome 2). Ces épisodes ne sont absolument pas mauvais, bien au contraire. De plus, ils complètent bien le personnage que nous dessine Cornell tout au long de cette saga (saga qui a duré plus d’un an quand même). Et c’est ici que nous voyons les apparitions de Darkseid et Ra’s Al Ghul. Encore des idée très intelligentes et très intéressantes sont distillées ici sur le passé du personnage et sur sa destinée. Le bémol, c’est que ça casse un peu le rythme de l’arc principal. Elles arrivent en plein milieu du tome 2 et font en quelques sortes suite à quelques flashbacks qui impliquent Vandal Savage dans l’arc principal. Mais c’est tout. Ensuite, il y a aussi matière à pinailler toujours, sur les raccourcis scientifiques qui sont expliqués (ou non) dans l’histoire pour expliquer le plus souvent la démarche de Lex dans sa recherche du dit pouvoir. Mais a-t-on vraiment besoin d’en savoir plus ? A-t-on vraiment besoin de comprendre les technologies Kryptoniennes et Coluennes pour savoir que Lex les utilise et que ça fait des trucs de foufous ? Je n’en suis pas bien sûr. D’autant plus qu’ici, le « super pouvoir » de Lex est utilisé à bon escient (peut-être un peu trop diront certains), je parle bien sur de sa super intelligence et du fait qu’il a toujours un coup d’avance sur ses adversaires. Ce ne sont là pour moi que de simples détails qui ne viennent en aucun cas gâcher la lecture. Et pourtant, j’aime bine pinailler ! Et non, je ne dis même pas ça sous la contrainte, je vous jure !

Superman The Black Ring

Et que dire des traits de Pete Woods d’une propreté sans pareil, des expression faciales superbes, des décors fournis, des designs assez géniaux concernant les quelques nouvelles features (notamment le boss final, si je puis dire, autre que Superman j’entends). Tout ça avec grâce et volupté. Une colorisation douce, un encrage propre et non exagéré. Nous ne sommes pas dans le glauque. Ici tout est censé nous ramener sur Terre. Le monde est censé être froid et dur, à la manière que le voit Luthor. Certains passages sont donc très peu nuancés en variations de couleur, mais c’est du plus bel effet. Palme des dessins pour le passage avec Death, où le décor se floute pour mieux laisser transparaître la confusion et le désarroi de Lex. Mais j’en dis déjà trop là ! A noter aussi quelques parties dessinée par Jesus Merino, mais cela reste très beau, bien que son trait diffère légèrement. Rien de réellement choquant ceci dit dans l’ensemble, ça passe très bien. Là où ça passe moins, c’est sur les histoire de l’Annual qui reviennent sur le passé de Lex, mais bon, c’est pas non plus très grave.

Bref, vous l’aurez compris, je pense, mon enthousiasme parle pour moi. Et contrainte ou non, je suis assez ravi finalement que Lex m’ait obligé à relire cette histoire, car je la trouve encore meilleure que dans mes souvenirs. Sans doute aussi parce que j’ai le recul nécessaire sur l’univers DC pour apprécier toutes les subtilités de l’histoire. Peut-être effectivement, qu’un des défauts du titre que je n’ai pas cité est celui-ci : cela s’apprécie mieux quand on comprend et connait tout ce monde. Mais disons qu’il ne s’agit pour la plupart, aucunement de personnages anodins ou secondaires. Donc il est vraiment dur je pense, même pour le néophyte, de passer à côté de tout ce que cette superbe histoire a à nous offrir ! Et maintenant mon enthousiasme se tasse, car je dois retourner dans ma pseudo cellule… et attendre gentiment que le Joker vienne me chercher pour sa deuxième session d’histoires courtes. Et moi qui me disait que finalement, la compagnie de Luthor arrivait à me calmer et me faire penser que j’étais presque normal… Misère de misère !

Superman The Black Ring

Freytaw

Freytaw