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[Review VO] Batman: Joker's Asylum Vol. 2
Les points positifs:
  • Un bon petit focus sur les bat-vilains (bis)
  • Les méchants vu par le Joker, idée originale (bis)
  • Vraiment un second volume excellent !
Le point négatif:
  • Alex Sanchez, sérieux, arrête… oui, même si tu ne participes pas à ce TPB !
  • Je pourrais presque dire la même chose à Kelley Jones, mais ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu lui…


Glups… Ils m’ont forcé à parler de la mégalomanie de Lex Luthor, et ça y est, ils me remettent maintenant dans cette fichue pièce, avec le Joker en face, qui me raconte la vie des autres ! La seule solution pour me sortir de ce pétrin, c’est de me plier, hélas, à leur volonté… De nouvelles histoires à raconter, encore cinq petites. Mad Hatter et sa fixation sur le thé, Harley Quinn et sa fixation sur le JokerThe Riddler et sa fixation pour les énigmes, Killer Croc et sa fixation pour heu… heu… la chair humaine ? Et enfin Clayface qui rêve encore d’être un grand acteur. Venez donc faire un autre petit tour avec moi dans la folie, je me sentirais ainsi moins seul.


The Mad Hatter : Tea Time

  • Scénario Landry Quinn Walker – Dessins Keith Giffen & Billie Sienkiewicz – Couleur : David Baron

Voici une petite introspection dans l’esprit dérangé du Mad Hatter via l’esprit dérangé du Joker. Oui, c’est dérangeant… Jervis Tetch est en voie de guérison, du moins il essaye. Il essaye de poursuivre une vie normale. Sans thé, sans folie, donc sans meurtres. Le point de départ, c’est le thé donc. Le thé. C’est si bon le thé ! Mais dès qu’on en boit, on devient vite barje et on se prend pour le Chapelier Fou, le vrai, celui de l’histoire de Lewis Caroll, et on pense à Alice. La seule et l’unique. Blonde, belle, généreuse, douce… Et elle ne s’appelle pas Germaine ou Cathryn, c’est Alice, il faut que ce soit Alice. Et il y a justement cette jeune caissière, du super-marché du coin. Si gentille, bien que triste. Et Jervis, il la remarque, elle est belle, elle est douce, elle est blonde. Et elle doit certainement s’appeler Alice, comment se pourrait-il autrement ? Et c’est l’heure de la déconvenue. Et c’est donc l’heure de boire du thé. Et le Mad Hatter fait son grand retour.

Astuce incroyable que cette première histoire que de nous confondre d’empathie de ce personnage si seul, si malheureux et qui, comme énormément de gens sur cette planète, ne rêve que d’une chose : trouver l’amour. Dommage que ce dernier ait un esprit complètement barré et une idée trop précise de ce que doit être la femme de sa vie. Et quel dénouement, qui nous rappelle à quel point finalement, l’humanité peut être dérangée. Si propre et si touchante en apparence, bien qu’avec un physique disgracieux dans le cas de Jervis. Et complètement dingue en profondeur ! Pauvre, pauvre Jervis.

Le style graphique est très coloré, très forcé sur le crayonnage, très Keith Giffen en fait. Tantôt brouillon, tantôt mignon, tantôt complètement fou. Cela fonctionne à merveille avec le personnage. Style qui ne peut cependant pas plaire à tout le monde, car Giffen est de la vieille école, avec un découpage très classique dans les cases. Une mise en scène toute conforme et des dessins d’une autre époque, mais qui a encore selon moi, des idées à nous apprendre.

Merci Joker, pour cette belle histoire, et cette morale, qui n’appartient qu’à toi…

Note: 4/5

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Harley Quinn : The Most Important Day Of The Year

  • Scénario James Patrick – Dessins Joe Quinones – Couleur : Alex Sinclair

Et le thème de l’amour continue de déambuler ici. Mais pour Harley Quinn, c’était une évidence. L’amour est l’objet de sa folie (même si pour Jervis, c’est en fait aussi le cas, mais soit). Harley va mieux. Elle est à trois semaines de sa sortie de l’asile. Longtemps séparée d’avec le Joker, qui ne cesse d’ironiser sur sa participation à cette histoire, tout en rajoutant, l’ingrat, qu’il est célibataire en ce moment… Harleyhuntress, tu n’es pas obligée de succomber hein ! Ha rien ne va plus ici, enfin bref… Sauf que voilà, Harley va de nouveau dérailler un peu parce si elle est prête à faire des concessions le reste du temps, elle ne peut pas ne pas se passer du Joker le jour de la Saint-Valentin ! On ne déconne pas avec ça ! Et la voilà qui part en vadrouille, s’échappant de l’asile avec quelques acrobaties, poursuivant ses propres délires tout en planifiant avec habileté le rendez-vous parfait. Mais la quête à la recherche du Joker ne va pas être simple. Et la belle va devoir même se frotter à la pègre de Gotham et aux Falcone. Mais rien ni personne ne l’empêchera d’atteindre son but !

Un numéro plein de bonne humeur, d’optimisme convaincu mais un peu barje, une caractérisation au poil pour la donzelle, dans une histoire certes avec un objectif des plus simple mais un déroulement des plus fous, à l’image de son personnage principal ! Pour un final des plus touchants, avec une implication d’un Batman toujours aussi malin, mais aussi plein d’empathie, pour ce jour seulement et pour elle seulement. Un bel hommage à notre bonne vieille Harley Quinn, comme on aimerait la retrouver, de temps en temps.

Les dessins sont quand à eux parfaits (ou presque). Un style cartoon très marqué rappelant généreusement le style de Bruce Timm, en un peu plus courbé. Avec une Harleen dans tout ses états ! Et une colorisation juste propre comme Alex Sinclair sait les faire. T’es un joli salopard Joker, mais je te respecte au moins pour cette histoire, que tu ne devais absolument pas rater !

Note: 4/5

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The Riddler : The House The Cards Built

  • Scénario Peter Calloway – Dessins Andres Guinaldo & Raul Fernandez – Couleur : Tomeu Morey

 Et c’est l’amour toujours. Avec le Riddler. Beaucoup plus inattendu avec lui ! Plus passionné par les énigmes que par les femmes. Mais dans ce cas précis, les deux sont peut-être liées, non ? Et c’est une nouvelle quête pour le personnage. Lassé des crimes et petits méfaits, Edward Nigma va consacrer tout son temps à résoudre l’énigme la plus difficile à ses yeux : comment cette femme peut-elle m’aimer ? Tache ingrate s’il en est, propulsant le vilain dans une déprime profonde.

Là où le traitement aurait pu être attendu, où à chaque page, je m’attend à ce que le Sphinx pète les plombs et vire de bord en massacrant tout simplement cette nana injurieuse et hautaine envers lui, qui le repousse sans cesse malgré ses douces avances (l’empathie marche aussi avec ce personnage et dans cette histoire, ou alors je passe beaucoup trop de temps avec eux…). Mais il n’en est rien. Il garde son sang-froid. Se laisse rejeter sans demi-mesure, se sentant pour seul responsable, étant indigne d’elle, étant incapable de résoudre l’énigme qu’elle représente. Jusqu’à ce que… Mais ça, je vous laisse le découvrir. Vraiment une histoire que je n’attendais pas ici, quelque part beaucoup plus surprenante que les deux précédentes par son contexte. Et qui se termine toujours sur une morale plein de dérision, toujours dépeinte avec fracas par le Joker, qui continue d’intervenir sur la première et dernière page de chaque histoire (je ne sais plus si je vous l’avait dit aussi clairement, c’est que je perds un peu la tête en ce moment !).

Les dessins sont plutôt propres, peut-être un poil classiques, mais l’univers du Riddler et l’histoire que l’on suit ici n’exige pas vraiment de style particulier, donc cela convient très largement. Colorisation au poil et dessins agréables, avec notamment de très bonne expressions faciales sur les personnages. La plupart du temps…

Note: 4/5

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Killer Croc : Beauty And The Beast

  • ScénarioMike Raicht – DessinDavid Yardin & Cliff Richards – Couleur : Jose Villarrubia

Mon coup de cœur ! Et si c’était inattendu sur l’histoire précédente, ça l’est encore plus ici. Même si le thème est moins franc, et se base plus sur l’amitié et la confiance, il arrive doucement à se placer là, et à carrément nous surprendre, surtout à la vue du personnage et du contexte de départ. Car le démarrage est à l’image que l’on a du personnage : violente et monstrueuse ! Je vous laisse imaginer, en plus de l’image ci-dessous, comment il fait pour s’échapper de l’asile dans un premier temps. Et oui, y’a pas beaucoup de survivants. Et pourtant, tour de force énorme, l’auteur, à force de persuasion et surtout après une fin juste incroyable, arrive à nous faire ressentir de l’empathie pour Killer Croc. Et non, cela ne tourne pas autour de son enfance désastreuse comme essaye de nous le faire croire le psychiatre au début de l’épisode, mais plutôt de l’histoire de toute une vie de rejet et de trahison. Le grand Biggy vous en a d’ailleurs légèrement parlé dans son dossier sur les Bat-Vilains. Croc est un suiveur, et à cause de cela, les bonnes histoires le concernant sont rare. Mais ici, c’est ce qui fait la force de l’intrigue et de toute la compassion que l’on peut ressentir pour le personnage, manipulé jusqu’au bout.

Suite à sa fuite de l’asile, il va se faire recueillir par un couple, et l’homme du couple va ensuite se servir de la dette que Waylon a envers lui pour en faire son garde du corps personnel. Et plus si affinités, non, pas ce genre d’affinités… Le type trempe dans des affaires vraiment pas claires et va se servir de Croc pour monter des échelons dans le domaine de la criminalité. Tandis que la femme du monsieur est pleine de bons égards avec Croc, le soignant, lui apportant à manger et discutant avec lui, comme si il était une personne normale. Symbole d’un attachement particulier pour lui, même si on ne peut que le deviner à la vue de ces actions. Car lui ne prononce aucun mot de toute l’histoire, si ce n’est à la toute fin, des mots pleins de sens, qui sont encore plus impressionnants quand on sait que c’est le Joker lui même qui raconte la dite histoire. Du pur génie pour un message tout ce qu’il y a de plus pertinent et glauque à la fois. Tout ce que je peux vous dire, c’est que l’humanité prend cher, et à juste titre ! Saloperie de cancer de la planète qui mériterait à lui seul qu’on DETRUISE LE MONDE !

Oups… des restes d’une vieille connaissance, qui a pris le large avant que tout ceci ne commence d’ailleurs… Hum… si ça se trouve elle est responsable de … Han ! Peut-être même qu’elle a donné l’adresse du local de DC Pl… Argh !

Heu oui, pardon, l’histoire… Les dessins. Ils font mouche. Ils sont assez sombres, un peu crades par moment, donnant un plus bel effet à l’ensemble. Et j’aime bien quand Croc est représenté réellement avec sa tête de crocodile, avec le museau allongé, et non comme un semblant d’humain et une tête plate. Il est plus impressionnant et plus effrayant ainsi. Et je trouve qu’il a une touche assez géniale en costard ! Mouhahahahahahahaha ! Hum, qu’est-ce qui m’arrive moi ?

Note: 5/5

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Clayface : Mudnight Madness

  • Scénario Kevin Shinick – Dessins Kelley Jones – Couleur : Michelle Madsen

Et parce qu’il en faut un, voici le flop du recueil. Le numéro sur Clayface. Une intrigue tout sauf solide, avec un espèce de mouvement qui porte ses bases sur un vieux film de Basil Karlo, avant acteur raté, aujourd’hui Clayface. Ce mouvement rassemble plusieurs jeunes tarés, se rendant dans un petit cinéma de quartier, convaincu que Clayface représente la déchéance du cinéma et veulent en faire une victime de la grosse machine à fric que représente Hollywood. Je ne sais pas si c’est le manque cruel de crédibilité de la chose ou du simple fait que je ne sois absolument pas convaincu de l’honnêteté de la démarche, mais la sauce n’a pas pris pour moi. Même si par certains aspects, nous voyons aussi bien paraître le malaise de Clayface, son amour (encore) pour le cinéma (c’est lui qui tient le guichet du dit cinéma de quartier en fait, avec déguisement inclus bien sur), mais aussi et surtout pour lui même. Persuadé de ne jamais avoir atteint le succès qu’il mérite, justement à cause de toutes ces saloperies de films à gros budget écrasant ses petites productions d’auteur. Moui, si on veut, mais je n’y ai pas cru une seule seconde.

Et reste les dessins qui n’arrangent rien. Kelley Jones a un style très dépouillé, et c’est assez spécial. Je verrais plus ce genre sur une histoire onirique ou féerique, avec des papillons et des arc-en-ciel. Mais là, c’est juste, moche et pas très raccord avec ce que l’on nous raconte. Même si pour le coup, Clayface n’a jamais autant eu l’air d’être un amas de boue qu’ici (le problème, c’est que c’est le cas des autres gens aussi en fait…). Bref, cette histoire ne prend pas pour moi à tous les niveaux, et sur ce coup là, alors que sur la quasi-totalité des autres Joker’s Asylum ce fut le cas, même les moins bons, je n’ai eu aucune compassion pour le personnage. Nada, que dalle ! En fait, j’crois que je m’en fous de Clayface (pourvu qu’il ne me lise pas, pourvu qu’il ne me lise pas…).

Note: 1,5/5

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Hum, plus d’histoires qu’ils m’ont dit. Terminé. Je devrais être heureux, je devrais être satisfait. Alors pourquoi ai-je la gorge nouée ? Pourquoi voudrais-je entendre les histoires d’autres vilains ? Pourquoi est-ce que je commence à ressentir de la compassion pour eux ? En dehors d’ un ou deux échecs bien appuyés (un seul sur ce tome en tout cas), je ne peux pas dire que je n’ai pas apprécié ces fameuses histoires, le Joker sait très bien raconter… Surtout sur cette deuxième session. Mais cela m’angoisse… Sont-ils en train de me manipuler ? Sont-ils en train, par force de compassion, de me faire devenir l’un des leurs ? Je… Je vais y réfléchir, et je reviens vers vous. Sûrement. Oui, sûrement…

Freytaw

Freytaw