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lex luthor
[Review VO] Lex Luthor : Man of Steel
Les points positifs :
  • Les planches de Bermejo, magnifiques
  • Une véritable plongée dans la psychologie de Luthor
  • Une nouvelle vision de Superman
Les points négatifs :
  • L’apparition de Batman, peu justifiée
  • Le personnage d’Hope, qui aurait mérité un développement plus poussé

« I am a man. I Hope. » – Lex Luthor


  • Scénario : Brian Azzarello – Dessin : Lee Bermejo


Les initiales « LL » ont toujours eu une signification particulière dans l’univers de Superman, on les associe notamment à ses plus grandes conquête, Lana Lang, Lori Lemaris et bien sûr Loïs Lane, mais aussi à son plus grand adversaire : Lex Luthor. Personnage complexe, aux origines maintes fois remaniées, le Luthor que nous avons tous en tête est le résultat de l’influence de John Byrne, qui en a fait en 1986, dans sa série Man Of Steel le chef d’entreprise machiavélique que l’on aime. Ou que l’on aime détester, c’est selon.

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Ce que Brian Azzarello et Lee Bermejo nous montrent dans leur graphic novel est simple : l’homme n’est pas un simple un super-vilain, il n’est pas un dangereux psychopathe pour qui le meurtre est un jeu, ni un criminel avide d’argent (ou de gâteaux, rappelez-vous des « fourty cakes »). C’est avant tout l’histoire d’un « self-made man » qui avait tout pour devenir le plus grand homme de Metropolis, mais qui se retrouve « renversé » par un extra-terrestre considéré par le peuple comme un héros, alors que lui ne peut s’empêcher d’y voir une simple menace pour toute la race humaine, percevant le Kryptonien comme un danger en puissance, un alien qui pourrait se retourner contre l’humanité qu’il semble pourtant protéger.

L’histoire qui nous est proposée ici sert de toile de fond à ce portrait psychologique du chauve le plus célèbre du DC Universe et la trame du récit n’est pas des plus originale : Luthor veut faire passer Supes pour le méchant aux yeux du grand public et lui substituer « Hope« , une créature cybernétique ayant l’apparence d’une jeune femme, à l’homme d’acier. Cette dernière permet de voir Lex sous un jour nouveau, tant les liens entre le scientifique et sa création tendent à devenir étroits, alors que l’homme nous était toujours apparu comme étant d’une froideur extrême. Le seul défaut du récit est l’apparition de Bruce Wayne/Batman, peu justifiée, qui occasionne toutefois de très jolies planches de la part de Bermejo.

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En effet, la partie graphique de cet album est particulièrement soignée, le dessinateur est au top de sa forme et nous livre de magnifiques pages, les détails y sont nombreux et les expressions faciales des différents personnages sont très réussies. De même, Bermejo nous montre Superman à travers les yeux de Luthor : dans ce graphic novel, il n’a plus rien du héros chaleureux et rassurant que l’on connaît : il est un alien aux yeux rouges, au visage fermé et à la musculature aussi imposante que menaçante.  Azzarello et Bermejo forment un tandem de choc sur cet album, travail bien plus abouti que celui qu’ils ont fourni sur le Joker, où l’on voyait les frasques du Clown le plus célèbre de Gotham à travers les yeux d’un simple sbire. C’est ici à la psyché de Lex lui-même que nous avons accès, et l’ambiance graphique retranscrit à merveille le personnage : sa part d’ombre y est symbolisée par un encrage lourd, contrebalancé par des décors lumineux, faits de verre et d’acier qui représentent la face qu’expose Luthor au monde, sa « couverture » aux yeux des citoyens de Metropolis.

Mais n’allez pas croire que la valeur de cet album se limite à son graphisme exceptionnel, l’écriture d’Azzarello est ici bien plus efficace que sur son autre incursion dans l’univers du kryptonien à la cape rouge : Superman, Pour Demain, qui était loin d’être un travail véritablement abouti. Les dialogues sont excellents, et retranscrivent à merveille les différentes émotions du personnage principal, pour qui l’on ressentira parfois du dédain, parfois de la compassion. Le texte joue également sur un jeu de mots, certes évident, qui prend tout son sens au milieu de l’histoire, il y est en effet question de « l’espoir » de Lex et de la race humaine, incarné ici par le personnage d’Hope (oui, ça veut dire espoir en anglais) , dont on aurait d’ailleurs voulu savoir un peu plus de choses.

S’il ne vous faut qu’un seul album consacré à un méchant, je vous conseille vivement ce Lex Luthor : Man of Steel. Non content de nous faire découvrir la psychologie de Lex, personnage fascinant tant ses défauts sont humains (on se surprend assez vite à ressentir un peu de compassion pour lui), ce graphic novel nous livre une vision nouvelle de Superman, que vous ne verrez plus jamais comme un « boy scout » lisse après cette lecture.

zeppeli

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