Review VF – Dawn of Justice Society of America Tome 1 : Le Nouvel Âge d’Or

La Justice Society of America a beau être théoriquement revenue d’entre les disparus en 2019, lors de la maxi-série Doomsday Clock, aucun titre ne lui a été accordé depuis. Il semblerait ainsi que seul le responsable de ce retour, Geoff Johns, lui accorde de l’intérêt. C’est donc lui qui se charge de les remettre au centre de l’attention trois ans plus tard dans l’initiative The New Golden Age, lançant alors une nouvelle ongoing JSA et la mini-série Stargirl and the Lost Children. Regroupant ces deux titres, c’est un premier tome 100% Geoff Johns que l’on tient entre les mains avec ce Dawn of Justice Society of America qui est, disons-le immédiatement, déjà un immanquable pour les amateurs de l’équipe.

Relance et renouveau : la mission de Geoff Johns

Le retour de Geoff Johns sur la JSA est à double tranchant : personne n’aime et ne connaît mieux cette équipe que lui, mais après un long run dans les années 2000 (publié actuellement dans Justice Society of America Chronicles), l’auteur a-t-il encore à dire sur elle ? Peut-il se renouveler ? Le défi est quelque peu similaire puisqu’il s’agit à nouveau de la relancer après une longue disparition, ce que James Robinson avait à l’époque amorcé avant de transmettre le flambeau au jeune auteur. Ici, Johns poursuit ce qu’il avait initié dans DC Universe Rebirth et Doomsday Clock : la thématique des héros oubliés.

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Avec un tel propos et un historique aussi long et complexe, il est naturel de se poser la question de l’accessibilité, ce que l’auteur n’ignore pas. Stargirl et les Enfants Perdus se veut ainsi assez didactique, expositoire mais organique : chaque personnage et événement déterminant est présenté de façon plus ou moins détaillée, avec en supplément quelques pages “à l’ancienne” plaçant les nouveaux arrivants dans leur contexte. Quant à JSA, Johns nous y tient un peu moins par la main mais rien d’insurmontable. Il est forcément plus grisant et facile d’avoir suivi le “projet” de l’auteur depuis DC Universe Rebirth, surtout qu’il continue ici son exploration/manipulation de l’espace-temps du DCU, mais ce Dawn of Justice Society of America reste (à l’instar de la collection Chronicles) une bonne porte d’entrée pour qui veut s’y intéresser.

Stargirl et les Enfants Perdus

Le principe de Stargirl et les Enfants Perdus est relativement simple : le monde a oublié une partie des héros de l’Âge d’Or, et particulièrement les “acolytes”, ces jeunes disciples inhérents à cette époque. En remontant la trace de l’un d’entre eux, les jeunes Stargirl (Courtney Whitmore) et Red Arrow (Emiko Queen) découvrent l’existence d’acolytes dont personne ne connaît l’existence, comme si l’Histoire les avait effacés. En réalité, ceux-ci n’ont même jamais existé éditorialement et c’est là que Geoff Johns se montre malin : il profite de revenir sur une génération oubliée, un concept qui a vieilli, pour ajouter ses propres créations. En quelque sorte, l’auteur fait du vieux avec du neuf, ce qui permet de revitaliser à nouveau une époque pourtant passée.

Démarre alors une intrigue palpitante sans temps mort où nos jeunes héroïnes découvrent ce qu’il est advenu de cette multitude d’acolytes réunissant anciens personnages et créations nouvelles. Les pages sont alors forcément riches en éléments mais jamais trop grâce à Todd Nauck qui se révèle parfait pour illustrer cette histoire. Son trait est en soi assez mainstream, mais l’artiste parvient idéalement à créer et respecter les designs “old-school” originaux de ces figures du passé tout en les inscrivant dans une partie graphique moderne. Le tout est dynamique, coloré, et particulièrement convaincant dans les séquences de l’Âge d’Or.

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Aux côtés de ces vestiges d’une époque révolue se trouvent Courtney Whitmore, héritière de Starman créée en 1999 par Geoff Johns lui-même, dont elle est en quelque sorte l’avatar et le messager. Initialement peu intéressée par le passé, elle le connaît aujourd’hui sur le bout des doigts et transmet ce goût à Emiko Queen, création plus récente encore qui porte aussi un certain héritage. Le propos de l’auteur est clair : il est essentiel de ne pas oublier les héros du passé, de s’en souvenir avant leur disparition, il s’agit d’un devoir de mémoire. A l’échelle du DCU, transmettre la cape des justiciers d’antan permet de perpétuer leur mémoire, et on ne saurait écrire correctement cet univers en l’oubliant.

Le nouvel Âge d’Or de la Justice Society of America ?

Le dernier tiers du tome contient quant à lui le numéro The New Golden Age #1 lançant cette nouvelle ère, ainsi que les trois premiers numéros de la série principale : Justice Society of America. Geoff Johns promet ainsi un nouvel Âge d’Or pour l’équipe (rien que ça), dont l’existence est pourtant déjà menacée. En effet, un personnage nommé le “croquemitaine” s’attaque à chaque Docteur Fate dans un but qui demeure encore inconnu à la fin du tome, si ce n’est qu’il concerne toute la JSA. Le récit ne s’ancre nulle part et jongle sans cesse entre les différentes époques, parfois dans une même page, chaque alternance se répondant toujours sans que l’on ne saisisse forcément encore comment.

Que ce soit dans le fond ou la forme, on y retrouve ainsi la même ambition dont faisait déjà preuve l’auteur dans Doomsday Clock et Flashpoint Beyond, explicitement liés à Justice Society of America qui forme en fait leur suite. Aussi faut-il accepter de ne pas tout saisir immédiatement, quand bien même la temporalité de chaque scène ou presque est indiquée. Le récit est en fait à considérer comme un puzzle dont les pièces nous seraient distribuées progressivement et dont la familiarité peut encore davantage troubler. C’est le cas du choix de la protagoniste, qui n’est autre que la future fille de Bruce Wayne et Selina Kyle : Helena Wayne, aka Huntress, rappelant évidemment sa semblable qui arpentait Terre-2 dans les années 70/80.

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Hantée par le croquemitaine depuis son enfance, c’est sur elle que reposera la survie de la Société de Justice, que ce soit d’abord à son époque puis dans la chronologie entière. L’innocence et l’enchantement de l’Âge d’Or est maintenant bien loin, la tonalité se veut ici plus grave et solennelle, ce qui se manifeste visuellement par le coup de crayon semi-réaliste du bien connu Mikel Janin. Dessinateur principal de la série, celui-ci doit néanmoins se faire assister par plusieurs artistes qui se relaient au gré des alternances temporelles. Relancée aujourd’hui, la JSA est explorée sous une autre facette : moins émerveillante, plus intimidante, mais toujours fascinante et authentique grâce à la passion et au savoir de Johns.

Vingt ans après son premier travail sur la JSA, Geoff Johns lui renouvelle son amour à travers la création d’un nouvel Âge d’Or bien mérité. Son expérience accumulée depuis lui permet de donner une nouvelle impulsion à cette génération de héros longtemps négligée, l’inscrivant dans les thèmes qu’il développe depuis Rebirth. Tout est désormais réuni pour développer une grande épopée, que l’on sait déjà se décliner avec ses paires en plusieurs séries sous-jacentes que nous découvrirons dans les prochains tomes.

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Depuis ses origines en 1940, la Justice Society of America a accueilli de nombreux super-héros, prêts à tout pour défendre les plus démunis. Malgré tout, avec le temps, la vieillesse de ces héros a fait perdre de sa puissance à la JSA. Elle a su renaître de ses cendres plus d’une fois et aujourd’hui, c’est à une nouvelle génération de héros de renouveler cet espoir. Pour autant, n’est-ce pas étrange que la chute de la JSA commence toujours par la mort de Doctor Fate ?

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