Review VF – Batman Detective Infinite Tome 1 : Visions de violence

batman detective infinite t1 cover
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Batman Detective Infinite Tome 1 – Urban Comics – 23€

  • Scénario : Mariko Tamaki
  • Dessins : Dan Mora, Viktor Bogdanovic

Après Batman Inifinite, c’est au tour du titre Batman Detective Infinite de pointer le bout de son nez en librairie. Laissant plus marge au côté investigation qu’action, ce premier tome nous plonge dans une série de crimes macabres qui ont lieu dans Gotham. Une situation que le Chevalier Noir, destitué de ses moyens après la Joker War, se doit d’éclaircir rapidement car non seulement il est accusé de ces meurtres, mais en plus la pègre compte bien en profiter en s’immisçant dans l’affaire. Et c’est la nouvelle scénariste Mariko Tamaki qui est à l’écriture après le passage de Peter Tomasi (Cf Batman Detective Tome 1 à 5).

CHANGEMENT DE DÉCOR POUR BRUCE WAYNE

Batman Detective Infinite nous transporte dans la suite des évènements majeurs qui ont touchés Gotham lors de la Joker War. Ainsi, Bruce Wayne a été contraint de quitter son manoir pour venir s’installer au centre ville de Gotham, dans un quartier où vive les riches entrepreneurs et fils/fille à papa. De plus, la ville a vu l’élection d’un nouveau maire en la personne de Nakano, ancien policier qui tient les justiciers masqués pour responsable du chaos ambiant et permanent. Aussi, ce dernier a basé une partie de sa politique sur l’arrestation des héros de la ville. Enfin, ne bénéficiant plus désormais du soutient du commissaire Gordon qui a quitté ses fonctions, les relations entre Batman et le GCPD se sont considérablement dégradées.

Voici le climat dans lequel s’installe le récit de ce premier tome. C’est désormais depuis les quartiers chics du centre ville que Bruce Wayne doit désormais opérer. Ne disposant plus autant des moyens matériels, logistiques ou technologiques, la scénariste Mariko Tamaki nous présente un protagoniste qui doit s’adapter plus que jamais car à Gotham, le crime ne dort jamais bien longtemps. Et lorsqu’une vague de meurtre commence à faire de plus en plus parler d’elle, il n’y a qu’un pas pour que la violence explose. Et c’est ce qui va bercer toute la narration de ce tome.

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LE MAL ET SES NOMBREUSES FORMES

L’une des idées du scénario, c’est d’aborder le mal sous plusieurs de ses aspects sans pour autant toucher à des personnes innocentes sur le papier. C’est une des raisons pour laquelle les victimes sont principalement des personnes superficielles ou qui ont un statut social difficilement hors du commun. Parmi les figures « maléfiques », il y a en premier le mal intérieur. C’est ce qui caractérise le responsable des meurtres, une personne fondue dans la masse, qui ne s’arrêtera que s’il est stoppé. Les révélations sur ce personnage au cours de la lecture semblent aller dans ce sens.

En deuxième point, il y a le mal comme une figure brute de la violence. En effet, parmi les proches qui pleurent la disparition d’une des victimes, il y a un certain Roland Worth. Père du haut de ses deux mètres cinquante de haut, il dispose de gros moyens de persuasion pour assouvir sa vengeance et se fiche pas mal des lois ou des libertés.

Enfin, le dernier et le plus amusant d’ailleurs, c’est l’apparition du Pingouin qui est considéré comme un vilain has been (le personnage a quand même soufflé ses 80 bougies l’année dernière), et est devenu une moindre menace pour Batman, qui ne se donne même plus la peine de se déplacer lui-même pour l’arrêter. Ses propres hommes remettent en question son autorité, et la scène d’interview avec un journaliste enfonce davantage le clou. Se pourrait-il que ce soit un message de la scénariste voulant dire que les très vieux ennemis tels que le Pingouin n’ont plus leur place dans les récits modernes de Batman?

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DETECTIVE COMICS, UNE SÉRIE QUI GARDE SES CODES

Aujourd’hui, il faut garder à l’esprit que c’est la série principale Batman Infinite qui mène la danse pour définir l’évolution de tel ou tel personnage. Batman Detective Infinite, qui est simplement la publication de la série historique de Batman depuis 1939 se veut plus épisodique et axée autour d’enquêtes policières. DC conserve ces deux modèles car c’est aussi une manière de proposer des récits complets, et donc des portes d’entrée, pour les lecteurs occasionnels sans se préoccuper de la continuité. En revanche, le défaut principal qui en ressort, c’est que cela laisse peu de place à la caractérisation des personnages, en particulier les nouveaux venus. C’est pour cela qu’il est essentiel d’avoir un antagoniste marquant. Et ce dernier s’en sort assez bien grâce à ses inspirations cinématographiques et vidéoludiques que Tamaki a pioché ici et là.

En revanche, la déception vient plutôt du côté de Roland Worth et du maire Nakano, mais sachez qu’il y en a beaucoup d’autres dans le tome. Le premier a des motivations compréhensibles mais très creuses à la longue. Et le deuxième ne semble avoir rien à raconter alors que cela fait depuis deux volumes (Batman Detective Tome 5 et Batman Infinite Tome 1) qu’il fait partie du décor. D’ailleurs, c’en est presque un running gag car il est interrompu à chaque fois qu’il a la possibilité de s’exprimer. Affligeant et inutile.

Enfin, quelques mots pour l’équipe artiste. Mariko Tamaki a repris les rênes de Detective Comics à partir du #1034 (ce tome-ci), et elle semble vouloir ancrer davantage ses personnages avec des problèmes sociaux tels que le clivage entre les riches et les pauvres, la violence domestique, la solitude etc… Elle donne aussi aux gothamiens la possibilté de s’exprimer plus fort et de façon plus impulsive (il n’y a qu’à constater le nombres d’injures que sortent les personnages à plusieurs reprises). Quant aux dessinateurs, il y a du très bon. Entre les beaux traits de Dan Mora qui subliment les apparitions ou les poses de Batman, ou de Viktor Bogdanovic qui rend les scènes très dynamiques pendant les phases d’action, vous ne serez pas déçus.

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En conclusion, ce tome reprend la même formule qu’avait entrepris Peter Tomasi, à savoir proposer un récit complet et relativement détaché de la continuité. L’histoire, qui se veut une enquête policière, prend parfois certains traits empruntés au thriller ou à l’horreur. De quoi donner à la série Detective Comics un caractère plus sombre et plus profond que dans les récits précédents. Malgré tout cela, si les idées principales restent exploitées, ce premier volume pêche beaucoup dans le superflu et la facilité avec ses nombreux invités qui n’ont pas forcément leur place dans le récit. Detective Comics doit pouvoir rester une alternative accessible pour les lecteurs. S’il faut rajouter de la quantité au risque de nuire à la qualité, il y a suffisamment de série avec Batman pour trouver satisfaction.

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[…] de son style depuis ses précédents travaux (Batman/Superman : World’s Finest ou Batman Detective Infinite), La mise en scène n’est pas riche en terme de créativité, mais qu’est ce […]

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