On se retrouve pour nos Highlights hebdomadaires sur les sorties VO de DC Comics. Puisque nous sommes sur une cinquième semaine de mars (publications du 30 mars), nous avons finalement peu de comics estampillés Infinite Frontier et plutôt des maxi-séries un peu à part qui continuent leur cours, et même le dernier numéro Future State. Il s’agit de Superman vs Imperious Lex, mais on en parlera pas en détails car ce troisième numéro est comme les deux premiers, c’est à dire excellent.

Et comme on en parlait la semaine dernière, le replay de notre avis global sur ce premier mois d’Infinite Frontier est disponible sur Youtube.

LES COUPS DE CŒUR

Highlights de la semaine #123 (Infinite Frontier) 1

The Flash #768

Scénario : Jeremy Adams

Dessins : Brandon Peterson, Marco Santucci, David Lafuente

Après une longue traversée du désert, notre rouquin préféré nous revient enfin en pleine forme ! Ou presque, puisqu’il est venu pour lui le temps de la retraite, ce qui est évidemment un prétexte pour mieux le ramener dans la course. Nouvel auteur de chez DC Comics, Jeremy Adams apparaît déjà comme le sauveur du titre tant ce premier numéro fait plaisir. Sans pour autant écarter d’emblée Barry, son intention de ramener Wally au cœur de la série est claire comme de l’eau de roche, en plus d’être bien exécutée. Les deux personnages principaux sont ainsi parfaitement caractérisés, chacun à leur façon propre, et propose en plus une dynamique attendue avec Green Arrow tout à fait pertinente.

Tout en proposant un numéro fun avant tout, comme il l’avait promis, Adams n’oublie pas pour autant le passé tumultueux de Wally et semble bien vouloir s’y adresser. Bref, ce numéro a tout pour plaire et s’impose comme un coup de cœur tant il se faisait attendre chez les fans !

– Mocassin

Highlights de la semaine #123 (Infinite Frontier) 2

The Other History of the DC Universe #3

Scénario : John Ridley

Dessins : Giuseppe Camuncoli

John Ridley livre encore la même recette, mais elle est toujours aussi efficace. Il prend cette fois le point de vue de Katana pour raconter les années 80 et le début des années 90 des publications DC, avec l’avènement des Outsiders jusqu’à la mort de Superman. Même si l’auteur cherche parfois un réalisme et un sérieux qui ne correspond pas forcément à un univers de comics comme celui-ci (sur l’arme de Katana ou la personnalité de Batman par exemple), il soulève des problématiques sociales très fortes ou appuie celles qui étaient déjà présentes dans les récits dont il fait référence.

Ce nouveau regard sur des histoires devenues des classiques est toujours très intéressant et malheureusement encore d’actualité : avec Katana c’était l’occasion de parler de racisme anti-asiatique alors qu’on est en plein dans une campagne contre la haine de cette ethnie en 2021. Ridley fait des parallèles avec l’Histoire des États-Unis, des parties parfois oubliées comme les camps d’Américains d’origine japonaise, mais aussi des événements qui se passent en même temps que la diégèse du récit, notamment les révoltes de Los Angeles de 1992 qui ont impliqué non pas des Japonais, mais des immigrants coréens.

Une grande part est évidemment consacrée à la psyché de Katana, de son vécu dans les Outsiders et auprès de Gabby et de sa vision de l’héroïsme. Le sexisme est aussi abordé, et notamment dans une scène qui a fait parler d’elle et qui arrive un peu soudainement, la relation abusive entre Terra et Deathstroke. Si Ridley cherche à dénoncer beaucoup de choses dans cette série, qui ne plaira clairement pas à ceux qui recherchent du divertissement sans politique, il ne force pas le trait. Dans New Teen Titans, Deathstroke est un être abject qui manipule une fille de 16 ans instable et tombée complètement sous son charme pour atteindre son objectif, et il était déjà reconnu comme tel à sa création. Le vilain ne s’est adouci qu’avec le temps et l’intérêt que lui portait les créateurs et les fans.

On est sur quelque chose qui n’est de toute façon pas canon, il n’est donc que bénéfique de voir une nouvelle approche de certains comics sous un regard actuel sans essayer de renverser les personnages qui ont évolué avec leur temps. Autant dans la mise en page que dans le texte, Ridley est encore une fois là pour le discours et non pour le divertissement, certains n’apprécieront pas du tout, mais c’est un exercice que je valide complètement sur ce numéro.

– Sledgy7

LES VALEURS SURES

Highlights de la semaine #123 (Infinite Frontier) 3

Inferior Five #5

Scénario : Jeff Lemire, Keith Giffen

Dessins : Keith Giffen, Jeff Lemire

Un an et trois mois. Il aura fallu attendre un an et trois mois pour avoir (enfin) des nouvelles du titre Inferior Five. D’abord prévue pour 12 numéros, puis réduite à 6, avant d’être tout bonnement annulée après 4, la série renaît aujourd’hui en digital first sous l’anonymat le plus complet. Il est donc nécessaire de faire un petit rappel des faits. On suivait plusieurs enfants/ados dans la ville de Dangerfield, Arizona en prise avec plusieurs phénomènes étranges, mêlant scientifiques mystérieux, super-humains louches et aliens tout droit sortis d’un comics des années 80. Un bordel organisé qui commençait à s’éclaircir dans le dernier numéro et qui arrive à son apogée dans celui-ci.

À travers un stratagème méta très efficace, Giffen et Lemire nous font plonger dans un vieux numéro fictif du crossover Invasion!. Tout s’explique alors. Les motivations de chacun, les forces en présence, les différents camps qui se sont formés. Tout va un peu trop vite, du fait de la réécriture évidente après l’amputation des six derniers numéros. On aurait aimé en apprendre plus sur tous ces personnages, vestiges d’une époque tourmentée de DC Comics. On aurait aimé les voir interagir dans un monde actuel, beaucoup plus (trop ?) sérieux. Mais il faudra se contenter de ce qu’on nous offre, à savoir une histoire très sympathique, très mystérieuse, hors du temps, comme un condensé des talents de Lemire et Giffen réunis. On sait tous que DC ressort cette série de ses tiroirs pour la présence de Peacemaker (l’un des personnages principaux du film Suicide Squad à venir) mais ne boudons pas notre plaisir et profitons de ces deux derniers numéros qui n’auraient jamais pu voir le jour autrement.

– Justafrogg

Highlights de la semaine #123 (Infinite Frontier) 4

Strange Adventures #9

Scénario : Tom King

Dessins : Mitch Gerads, Evan Shaner

Les chiens sont lâchés, et l’ambiguïté se réduit. Le lecteur connaît désormais les actions d’Adam Strange lors de la guerre contre les Pykkts, qui nous sont teasés depuis un petit temps. Nous savons maintenant que Strange est effectivement un meurtrier de masse, étant à la source de la mort de centaines de Pykkts, porté par la colère suite à l’exécution de sa fille. Tom King pose ses questions sur la perception de l’héroïsme et la guerre juste… Et honnêtement, c’est pas mal. King réussit toujours à placer de l’ambivalence chez ses personnages, en montrant la détermination comme le remords d’Adam Strange dans ses actes, à travers la citation du Psaume 31. La mise en parallèle avec Batman, Superman ou Terrific aide à saisir la place particulière du héros trouble dans la représentation de l’héroïsme. Sincèrement, c’est bien fait, avec pas mal de finesse… mais malheureusement, ce pessimisme sur le héros contraint de la jouer sombre, c’est franchement du déjà-vu. Et même si Tom King le fait plutôt bien, on en attend mieux. 

Pas grand chose à dire sur les deux camarades au dessin qui n’ait pas été déjà dit depuis plusieurs numéros. Leur travail est toujours soigné, et Shaner s’amuse toujours autant à casser son image de dessinateur positif et propre à la Silver Age en dessinant la guerre et les tourments intérieurs du héros. Même si le scénario était nul, au moins les dessins sont toujours très à la hauteur. Fort heureusement, le scénario reste à la hauteur, malgré son manque d’originalité.

– myplasticbus

LES DÉCEPTIONS

Highlights de la semaine #123 (Infinite Frontier) 5

Batman/Catwoman #4

Scénario : Tom King

Dessins : Clay Mann

Frustrant, confus et assez ennuyant. Voilà comment je résumerais ce quatrième épisode de Batman/Catwoman, un peu à l’image de toute la série jusque-là. Pour la série qui est censée faire suite au run de King sur Batman, et plus particulièrement au Batman Annual #2, c’est vraiment dommage. Les mêmes défauts plombent la série, depuis ses débuts. Et je crains que ça ne la poursuive jusqu’au bout. Un rythme très mal géré, une narration bancale sur trois époques (notamment en terme graphique), et un investissement émotionnel minimal au vu de la confusion générale du titre. Les dessins sont parfois jolis, mais globalement, la série peine à intéresser le lecteur que je suis. J’en viens à croire que l’équipe créative aurait mieux fait de développer trois mini-séries en parallèle, se répondant les unes aux autres, en fonction des trois périodes exploitées. Car là, même si on comprend comment King veut développer les problèmes de couple de Bat/Cat, ça ne fonctionne tout bonnement pas.

– myplasticbus

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