Infinite Frontier continue de se dévoiler à travers cette quatrième semaine de nos Highlights. Encore une fois, tout est plutôt sympathique et inaugure de bonnes choses, malgré quelques réticences pour Action Comics. Par contre, on a le droit à un gros coup de cœur avec l’un des titres préférés de la rédac’ pour le moment. Pas de full cette semaine, mais vous pourrez bientôt écouter un long débrief d’Infinite Frontier sur Youtube.

LES COUPS DE CŒUR

Highlights de la semaine #122 (Infinite Frontier) 1

Batman/Superman #16

Scénario : Gene Luen Yang

Dessins : Ivan Reis

Je vous ai déjà dit combien j’aimais Gene Luen Yang ? Parce qu’avec ce numéro d’ouverture sur son run de Batman/Superman, il vient encore de le prouver. 

Sur le fond comme sur la forme, ce numéro brille. L’esprit Golden Age est complètement assumé, avec un ton et des manières typiques des divertissements des années 30/40. On se croirait plongé dans cette époque, s’il n’y avait pas à côté une technologie avancée tout aussi assumée dans l’histoire, pour lui donner un aspect rétro-futuriste ravissant. Les histoires fourmillent d’hommages aux histoires du Golden Age, à commencer par l’approche de Lex Luthor en savant fou ou de la présence de la Spider Lady du serial Superman de 1948, dont c’est (à ma connaissance) la première apparition en comics. On pouvait déjà sentir cet esprit de modernisation sur Superman Smashes the Klan, et on se réjouit de le retrouver encore ici, tant il dégage un sens de l’optimisme merveilleux. Au-delà de l’hommage modernisé, Yang parvient également à intriguer sur ce qui se passe exactement derrière cette histoire de double-monde. 

La forme est donc aussi bonne que le fond, avec un Ivan Reis qui s’amuse et fournit un dessin excellent. Voilà longtemps qu’on ne l’a pas connu aussi en forme. Il présente les deux histoires parallèles avec inventivité, en nous présentant les deux héros dans des lignes temporelles étrangères, sous la forme de bobines de films diffusées côte à côte. Cela renforce l’aspect rétro/années 40, tout en participant à amener de manière créative ces deux histoires appelées à se rencontrer. L’encrage de Danny Miki est porté avec compétence, tout comme les couleurs de Sabine Rich, qui permettent d’offrir une ambiance différente et contrastée à chaque histoire, entre la lumineuse Metropolis et la sombre Gotham.J’espère que la suite continuera sur cette voie, et que DC offrira les clés de son univers entier à Gene Luen Yang. Sans exagérer.

– myplasticbus

Highlights de la semaine #122 (Infinite Frontier) 2

Teen Titans Academy #1

Scénario : Tim Sheridan

Dessins : Rafa Sandoval

On aurait pu craindre le pire pour ce titre avec ce qui nous avait été présenté dans Future State : un titre sombre aux antipodes de ce que représentaient les Teen Titans il y a plusieurs années. Et si cette facette est toujours présente à plusieurs moments, Tim Sheridan l’utilise ici à bon escient. Teen Titans Academy, sous ses airs de comics young adult, cache un propos plus qu’intéressant sur le changement de génération qui s’opère dans notre monde comme dans celui, imaginaire, de DC Comics. Mais loin de là l’idée de juger l’une ou l’autre de ces générations. Ici les deux cohabitent, font des erreurs, apprennent l’une de l’autre. Les plus anciens cherchent des moyens dérivés, adaptés, pour transmettre leur savoir aux plus jeunes. Ceux-là même qui apprennent à Nightwing, au travers d’une blague, que la génération actuelle se sent beaucoup plus concernée par les faits sociétaux. Ils s’interrogent, ils questionnent et n’hésitent pas à dénoncer lorsque c’est nécessaire.

C’est alors qu’intervient Red X, comme un fantôme des agissements douteux de la génération précédente. Sous couvert d’une intrigue assez classique, l’auteur réussit à faire transparaître les doutes d’une nouvelle génération. Et qui dit nouvelle génération dit nouveaux personnages. Bien que leur caractérisation soit pour le moment très sommaire, on arrive à distinguer des personnalités vraiment intéressantes. On prend plaisir à découvrir chaque étudiant, de les voir échanger et apprendre sur les autres au même rythme que nous. Teen Titans Academy est un titre qui fait du bien. Parce qu’il offre quelque chose de nouveau, de frais et d’actuel (comme essaye de le faire beaucoup d’autres titres Infinite Frontier, avec plus ou moins de talent) tout en gardant, en arrière-plan, les traditions chères à beaucoup de lecteurs de comics. Une pleine réussite qu’on espère voir prospérer dans l’avenir.

– Justafrogg

LES VALEURS SURES

Highlights de la semaine #122 (Infinite Frontier) 3

Detective Comics #1034

Scénario : Mariko Tamaki, Joshua Williamson

Dessins : Dan Mora, Gleb Melnikov

L’univers de Batman a été chamboulé depuis Infinite Frontier. Batman est relocalisé en centre-ville, loin de sa Batcave habituelle, ses moyens sont plus limités, et il commence à vieillir doucement. Detective Comics #1034, bien plus encore que le titre principal de James Tynion IV nous aide à sentir ces changements en profondeur. C’est un aspect que l’on trouvera particulièrement appréciable ici. Voir Batman construire ses propres caves, en mode DIY, voir Bruce Wayne interagir avec ses voisins : on trouve là quelque chose d’inédit et de nouveau, que nous n’avions pas l’habitude de voir jusque-là. Et même si la nouveauté ne fait pas automatiquement la qualité, il faut admettre que c’est bien le cas ici sur le travail de Mariko Tamaki et Dan Mora

Pour cette histoire, la scénariste s’appuie donc sur la figure publique de Bruce Wayne plus que sur l’ombrageux Batman que nous avons l’habitude de voir. Mais Tamaki ne s’arrête pas là. Elle approfondit globalement l’univers de Gotham, en profitant de la figure de Bruce Wayne pour nous emmener en pleine campagne de financement électoral, et nous faire rentrer dans les soirées de la bourgeoisie de centre-ville de Gotham. Elle poursuit la ligne générale fixée par l’éditorial sous l’impulsion de Tynion IV à faire de la ville un environnement en perpétuel évolution, explorant les arcanes de cet environnement fascinant. C’est là encore bienvenu. On appréciera également la bande de vilains un peu limités, mais attachants que nous découvrons ici, même si leur présence n’est qu’anecdotique. Dan Mora et Jordie Bellaire offrent également un travail formidable, que ce soit dans les constructions de page, dans les environnements ou dans les expressions faciales. 

Un mot encore sur le back-up de Robin par Williamson, porté par les bons dessins de Gleb Melkinov, qui nous introduit à l’univers de la série à venir et aux enjeux qui seront posés. Talia y est toujours aussi transparente, mais le rictus fameux de Damian Wayne laisse augurer le meilleur pour la série à venir… sans parler du retour d’un fan-favorite attendu depuis au moins 10 ans, qui a poussé Claygan à crier au génie.

– myplasticbus

Highlights de la semaine #122 (Infinite Frontier) 4

Action Comics #1029

Scénario : Phillip Kennedy Johnson, Becky Cloonan, Michael Conrad

Dessins : Phil Hester, Michael Avon Oeming

Faisant office de suite et de conclusion à l’arc The Golden Age débuté il y a deux semaines, ce numéro se montre légèrement plus convaincant tout en épousant les mêmes défauts. La partie graphique, toujours de Phil Hester, pourra d’ailleurs vous donner la sensation de lire le même numéro puisque les décors et situations sont à peu de choses près les mêmes. Les dessins manquent ainsi toujours de consistance, d’impact et, osons le dire, peine même à révéler leur utilité. Là où le numéro se montre plus intéressant, c’est bien sur son propos, toujours juste et touchant, mais qui aurait largement pu être raconté en une fois. Phillip Kennedy Johnson a maintenant posé les fondations d’un run qui s’annonce aussi ambitieux qu’intime, et qu’on espère voir passer à la vitesse supérieure prochainement.

– Mocassin

Highlights de la semaine #122 (Infinite Frontier) 5

Harley Quinn #1

Scénario : Stephanie Phillips

Dessins : Riley Rossmo

Désolé contrairement à mes collègues et à leur débordante vague de coups de cœur ce sera une simple valeur sûre pour moi. Mais au vu de l’historique du titre Harley Quinn c’est déjà excellent ! Stephanie Phillips nous introduit à son nouveau statu quo avec une Harley Quinn un peu plus posée, moins Deadpoolesque, plus pré New 52 en somme. Ce qui est plus qu’appréciable. Qui plus est, cet arc de reconstruction pour le personnage donne envie.

Et du côté des dessins on a du bon Rossmo. Bon on a bien quelques visages un peu dégueux, mais dans l’ensemble c’est vraiment pas mal. Son Batman en impose beaucoup d’ailleurs, il est vraiment réussi dans sa façon qu’il a de surplomber les personnages, dont Harley Quinn.

Un début très solide donc !

– Claygan

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