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crime syndicate

Créée en 1964, le Crime Syndicate est une anti-Justice League surtout connue aujourd’hui grâce au récit de Grant Morrison, JLA Terre-2 publié en 2002. Cette histoire a permis une modernisation considérable (et nécessaire) à l’équipe. Une histoire également adaptée en film animée avec Justice League : Crisis on Two Worlds. Toujours basé sur cette réinvention de Morrison, les nouveaux lecteurs ont pu croiser cette équipe lors de Forever Evil, où le Crime Syndicate profite de la disparition de nos héros pour asservir la Terre. Mais jusqu’ici, en dehors de Grant Morrison, rares sont les auteurs à s’être intéressés à ces personnages au delà de leurs natures de malfaisants. Et comme sorti de nulle part, DC Comics présente aujourd’hui une mini-série sur l’équipe et ses membres. Et pour ça, on vous partage nos premières impressions suite à cette première partie.

Ultraman Team-Up ?

De prime à bord, l’intrigue reste encore bien brumeuse. Cette introduction profite de cette première vingtaine de pages pour présenter ses personnages, autour du leader qu’est Ultraman. Le Superman maléfique a le vent en poupe en ce moment, autant en profiter. Car c’est bien l’objectif visé du titre, présenter la Justice League dans un monde où l’Olympe moderne n’est pas un groupe de divinités défendant le monde des hommes, mais un groupe y semant la destruction.

ultraman

Jusqu’ici, et c’est bien le risque pris par cette mini-série, le groupe se limitait à un caractère prédéfini d’antagoniste par le simple fait d’être l’opposé de notre Justice League. Ils font le bien, eux feront le mal. Et ici, le scénariste Andy Schmidt s’écarte bien de cette écriture réductrice du Crime Syndicate. On y découvre un monde où ces êtres sont craints, mais sévissent chacun de leur côté comme bon leur semble. Le titre semble bien s’écarter de l’idée générale d’un groupe d’être puissants détruisant tout sur son passage, comme cela a pu être le cas dans JLA #107-111 (2004) par Chuck Austen et Ron Garney.

Andy Schmidt n’est pas un inconnu du monde du comics. Il a été éditeur chez Marvel et on lui doit nombre d’excellentes séries. Il a lancé Mark Waid et Mike Wieringo sur Fantastic Four, mais aussi Peter David sur X-Factor et Ed Brubaker sur Captain America aux côtés de Steve Epting. S’il brille en tant qu’éditeur chez Marvel Comics, espérons qu’il réussisse à faire ses armes ici.

Il met en avant la confrontation morale entre Ultraman et certains humains qu’il refuse de tuer. L’écriture de ce Ultraman récupère beaucoup de ce qui fait le succès du personnage de Homelander. A savoir, un être malfaisant et puissant, cherchant à être respecté par tous les moyens possibles. Pas d’origin-story à proprement parler, mais des fragments rappelant des moments forts de l’histoire d’Ultraman – en plus d’un back-up fort sympathique écrit et dessiné par Bryan Hitch. Ces instants capturés évoquent évidemment des éléments voir même des scènes cultes du super-héros référent. Ces références sont plaisantes et de toute évidence, le Crime Syndicate ne peut véritablement s’écarter de son lien à la Justice League. Seulement, au delà de la référence amusante et à la réinvention parfois bien pensée, Crime Syndicate construit son intrigue autour d’un concept propre à la Justice League.

Crime Syndicate : Year One

ultraman crime syndicate

Ce n’est encore qu’hypothétique après ce premier épisode, mais nous serions ici sur une mini-série explorant l’union entre ces membres : la création du Crime Syndicate. Une origin-story qui ne se limiterait pas à certaines scènes de vie des membres, mais bien leur rencontre. Dans ce souci de référence à la Justice League, le Crime Syndicate va connaitre une menace bien connu des lecteurs de titres Justice League menant à leur union. Évidemment, tout ceci va connaître un déroulement différent et présente dans sa conclusion un aperçu annonçant avant tout des confrontations classiques. Tout ceci laisse cette impression de récit très référencé mais ne visant rien de plus qu’une réécriture de Justice League : Origin (New 52). Et ce serait bien dommage de laisser passer un potentiel pareil pour le réduire à un titre d’action.

Car ce premier numéro est très agréable à la lecture, mais souffre de trop nombreuses informations à partager. Comprenez qu’il faut ici explorer quelque peu les origines d’un personnage, tout un livrant un aperçu de chacun des autres membres pour lancer l’intrigue principale. Le titre n’est pas une référence en devenir. Reste à espérer qu’il ne sombre pas dans les facilités des affrontements répétés entre surhumains entrecoupés de flashbacks.

Pour illustrer cette mini-série en six parties, cette mini-série compte sur Kieran McKeown. Ce jeune artiste a déjà officié par le passé chez Dark Horse (Halo, Aliens : Rescue). Depuis un an, il a travaillé pour DC Comics en janvier 2020 sur le titre Wonder Woman puis un numéro spécial en Février 2020. McKeown est encré sur ce numéro par le légendaire Dexter Vines (encreur de Ed McGuinness, Steve McNiven pour Old Man Logan, …), ce dernier apporte des ombres prononcées. Le rendu général est bien étrange, dans un style bien épuré dans les premières pages, McKeown parvient également à livrer des planches incroyablement précises.

Crime Syndicate #1 donne bon espoir à travers certains éléments. S’il brasse de nombreuses informations au risque de se perdre, il profite de très louables intentions à l’encontre de cette équipe souvent délaissée. De même, si ce petit cliffhanger peut nous faire craindre certaines facilités en devenir, l’écriture de certaines scènes révèle une manière d’écrire et de penser le comics différente des modèles mainstream. Pour le moment, Crime Syndicate se révèle être une curiosité à suivre de prêt.

Watchful

Watchful

Rédacteur depuis 2015, j'écris dans le but de partager ma passion pour les comics et entretenir ce sentiment de découverte. Bercé par Batman, mon cœur se dirige toujours vers l'éditeur aux deux lettres capitales.