Le quatrième tome de Batman Detective poursuit ses histoires d’enquête avec cette fois-ci une histoire centrée sur Double Face. Peter Tomasi reviendra plus en profondeur sur ce personnage, beaucoup trop rare dans les parutions récentes, suite à sa tentative de suicide dans les épisodes de Batman & Robin lors des New 52 . D’autre part, ce tome ne se contente pas que d’une histoire principale, mais aussi de plusieurs épisodes fillers, l’occasion de revenir sur des certains évènements qui ont croisé la vie passé du Chevalier Noir.

SI TU DOIS ÊTRE À DOUBLE FACE, FAIS-EN AU MOINS UNE BELLE

Précédé par et précédant des numéros fillers, l’histoire principale de ce tome est un récit qui confronte Batman et Double Face. Revenu d’entre les morts par des méthodes qui font très science-fiction, Peter Tomasi profite de l’occasion pour amener sa petite touche au personnage. Rendu plus schizophrène qu’auparavant, Harvey Dent semble plus atteint que jamais car même lui semble dépassé lorsqu’il constate qu’il a des pertes de mémoires. Ainsi, on retrouve ce qui fait la caractéristique des histoire de Detective Comics, à savoir une enquête et la récolte d’indices. La lecture n’est pas exigeante, et mène à une conclusion assez logique en soi. On est dans le même genre d’histoire que le Chevalier d’Arkham ou Mr Freeze. L’impact émotionnel est basique. Mais on se laisse quand même emporter par l’enquête de détective, du moins pour une ou deux heures de lecture. De plus, c’est surtout la redondance dans la construction des récits qui peut poser problème. En effet, les trois derniers tome de Batman Detective se ressemblent beaucoup, la différence venant uniquement de la nature du super-vilain à chaque tome.

En revanche, ce qui peut donner de l’intérêt à cet arc, c’est le nombre à foison de références qu’il y a sur le Chevalier Noir. Si vous êtes friands de cela, vous serez satisfait car il y en a pour tous les goûts. Parmi les quelques exemples probants, on pourra citer des passages qui font écho à la Cour des Hiboux, la Joker War, et même à Batman Arkham City. Rassurez-vous, il n’est pas obligé d’avoir une culture important de Batman pour tout cerner, ces passages sont essentiellement peu détaillés. Ils apparaissent plus comme une intention de l’auteur de pousser les lecteurs vers la découverte de ces récits. 

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ON NE PEUT PAS REMPLIR CE QUI EST VIDE

Si l’histoire autour de Double Face constitue la majeure partie de ce volume Batman Detective, ce n’est pas sur cet aspect qu’Urban Comics semble vouloir attirer l’attention du lecteur, mais vers celui d’une autre discussion. D’une part, la couverture met étrangement en avant le Joker, et d’autre part ce volume est rempli de fillers à la qualité plus que discutable. Si on fait un rapide point sur ces derniers, ils sont au nombre de trois. Le premier est un numéro Annual sur le Faucheur qui, pour résumer, permet à Batman/Bruce de voyager à l’autre bout du monde, de retrouver une ex-conquête et de défaire un vieil ennemi apparu lors de ses débuts de jeune justicier (Cf Review VF – Batman Année Deux). Le soucis avec ce méchant, c’est qu’on s’en fiche un peu en fin de compte. Le Faucheur a des apparitions beaucoup trop rares dans les publications DC pour qu’il marque les mémoires. D’ailleurs, on a du mal à saisir la pertinence de ce numéro qui vacille entre hommage à ce vilain ou nostalgie des premières années de Batou sous son costume.

Le deuxième est lui aussi un Annual qui revient sur la dernière mission d’Alfred Pennyworth, en tant qu’agent secret, juste avant d’apprendre que Bruce ne perde tragiquement ses parents. C’est l’occasion de rendre hommage à la disparition d’Alfred pendant le run de Tom King, mais aussi de rappeler le lien père-fils partagé avec Bruce. Certes, ce numéro subit un meilleur traitement que le premier, mais il ressemble à un ersatz inférieur à l’Annual #3 paru dans Batman Rebirth qui dépeignait de bien meilleure manière cette relation.

Enfin, les deux derniers numéros font encore plus figure de remplissage. L’un est un chapitre unique consacré à un Killer Croc qui se prend pour Maitre Splinter dans une histoire ressemblant aux origines des Tortues Ninjas. L’autre est un énième numéro prélude à la Joker War, qui n’a rien à faire dans cette série Batman Detective, et qui spoile légèrement l’intrigue principale.

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Voici un tome qui fait tâche quand on le tient en main. D’une part, cette incompréhension de mettre en avant le Joker en couverture, alors que le sujet est mineur à l’intérieur. L’histoire développée autour de Double Face s’en tire le mieux, et heureusement car elle constitue le cœur de ce quatrième tome de Batman Detective. Si vous suivez les aventures récentes de Batman, il se peut que vous soyez séduit par les quelques références et clins d’œil que glisse Peter Tomasi par-ci par-là. D’autre part, une fois passé la lecture de l’arc narratif principal, l’intérêt s’effondre comme un soufflé avec sa multitude de numéros sans grands intérêts.

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