Le premier tome signait les retrouvailles des membres de la Young Justice. L’équipe se reformait autour d’une menace permettant aussi l’introduction de nouvelles têtes au sein de la bande comme Teen Lantern, Jinny Hex ainsi qu’Amethyst. Ce deuxième tome reprend à la suite des évènements survenus en fin de tome. L’occasion pour Brian Michael Bendis de poursuivre le développement de la dynamique du groupe, mais surtout de remettre une couche supplémentaire en donnant plus d’importance à d’autres créations issues du label Wonder Comics.

UNE INTRIGUE AUX NOMBREUSES RAMIFICATIONS

Après son passage dans Gemworld, l’équipe de Superboy, Impulse, Robin, Wonder Girl, Teen Lantern, Jinny Hex et Amethyst se retrouve littéralement perdue dans le Multivers. Pour certains, c’est l’occasion de croiser des personnages bien connus de certains lecteurs. Pour les plus jeunes, il sera question de découverte à travers les voyages sur les différentes Terres. Cependant, il n’est pas nécessaire d’avoir une grande connaissance du Multivers. D’ailleurs, pour faire simple, on aurait très bien pu se passer d’un ou deux chapitres tant cela n’aurait pas changé grand chose à l’histoire. L’intention du scénariste est toute autre. Son but ici est clairement de divertir, d’inviter le jeune lecteur à voyager à travers des environnements hauts en couleur saupoudrés de rencontres uniques. Et c’est lors de ces passages que Bendis tente de mettre de côté les anciens de la Young Justice au profit des petits nouveaux.

Des séances de flashbacks viendront ponctuer la narration. Elles ne font pas progresser l’intrigue, mais aident à mieux cerner des personnages comme la Teen Lantern (Keli Quintela) de Bolivie, ou Jinny Hex du Texas. Les thèmes de l’héritage et de la transmission du savoir prennent d’ailleurs une place importante vu le nombre de scènes qui y sont consacrées. Si celles de Teen Lantern sont assez faibles dans l’écriture malheureusement (il n’y a qu’à essayer de suivre le dialogue entre Keli et le Green Lantern), celles de Jinny Hex s’en sortent beaucoup mieux. Puis plus tard, ce sera au tour de Conner d’être plus mis en avant avec les dessous de sa disparition introduite dans le tome précédent. En revanche, Amethyst devient complètement invisible, voire inutile dans ce tome car elle n’apporte rien aux résolutions des intrigues, et encore moins à la caractérisation du groupe.

young justice perdus dans le multivers

YOUNG JUSTICE RECRUTE

La deuxième partie du tome fait intervenir de nouvelles têtes récemment connues du public. En effet, il s’agit de personnages créés à l’occasion de l’imprint Wonder Comics et parus depuis 2020 en France. Certes, si vous avez appréciez les titres Naomi, Wonder Twins et Dial H for Hero, vous ne serez pas insensibles aux apparitions de ces personnages et à leur venue dans l’équipe. La caractérisation est présente et correcte, les personnages sonnent juste et leurs interactions (dialogues, actes) peuvent nous décrocher quelques sourires. Malheureusement, ce mash-up joue aussi contre la narration car il devient difficile de cerner un quelconque fil rouge principal ou de distinguer d’où vient la vraie menace.

Pour ce qui est de la partie graphique, les chapitres ont l’originalité d’être co-dessinés par deux artistes la plupart du temps. Quand il s’agit de voyager entre les différents univers ou de conter le passé, cela peut servir le propos. John Timms reste le dessinateur le plus récurrent et que l’on retrouve dans les scènes principales. Son trait est fin dans les gros plans, mais perd en précision dans les plans larges. Cela donne un rendu très simpliste et disproportionné sur les objets. Pour citer un exemple, Teen Lantern, qui pour rappel a treize ans, est un personnage dont l’âge doit être difficile à faire transparaître aux côtés des autres membres car elle change de taille et d’apparence assez souvent. A part cela, c’est le coloriste Gabe Eltaeb qu’il faut saluer car son travail apporte beaucoup de vie et de dynamisme dans les scènes de mouvements, mention spéciale pour les effets de vitesse générés par Impulse.

teen lantern vs terre 3

Young Justice : Perdus dans le Multiverse est un deuxième tome qui tient ses promesses si vous avez accroché au premier tome. L’équipe s’est même agrandie, et avec toutes ces nouvelles têtes, il y en a pour tous les goûts. Malheureusement, la caractérisation des personnages laisse moins de place à la construction d’une histoire d’envergure, ce qui donne au titre Young Justice un caractère plus épisodique que serial. Loin de là de dire que les histoires peuvent se lire dans n’importe quel ordre, mais plutôt que les enjeux sont interchangeables. Enfin, il est clair que Brian Michael Bendis destine ce titre aux jeunes lecteurs avant tout. Il en a toutes les caractéristiques avec ses enjeux, ses personnages et ses dialogues qui vont dans ce sens, n’en déplaisent à certains.

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