Note : Conformément à la demande de Grant Morrison lui-même (qui s’est déclaré non-binaire) de ne plus être genré au masculin, cet article sera rédigé au maximum au neutre, en respectant les règles qui tendent à se forger à ce niveau-là. Puisque la langue française ne dispose pas encore d’outils explicites, nous avons fait le choix d’utiliser « iel » à la place de il/elle, « lo » à la place de le/la et les verbes seront conjugués avec le point médian. Si ce type d’écriture dite « inclusive » vous hérisse, je vous inviterai à simplement respecter les demandes de Grant Morrison de ne pas être genré au masculin, ou bien de passer votre chemin. Si vous êtes (contrairement à moi) spécialiste de l’écriture neutre ou inclusive et que vous avez repéré d’éventuelles fautes dans tout ça, n’hésitez pas à les souligner.

Dans son ouvrage The British Invasion, l’auteur Greg Carpenter s’arrête sur trois personnages qui ont beaucoup marqué le monde des comics ces trente dernières années, particulièrement au tournant des années 1990. Alan Moore, Neil Gaiman et Grant Morrison. Originaires de Grande-Bretagne, ils font partie de cette génération d’auteurs anglophones européens à avoir proposé leur approche particulière du médium. Ils ne sont pas les seuls… On pourrait rajouter les scénaristes Peter Milligan et Jamie Delano, ainsi que Brian Bolland, Dave Gibbons, Dave McKean et Steve Dillon. Mais Moore, Gaiman et Morrison forgent quand même une sorte de petite trinité de scénaristes, qui ont su se mettre particulièrement bien en scène, au point de marquer l’histoire. 

Pour Greg Carpenter, Alan Moore est l’underground qui est devenu un mythe, dans la lumière malgré lui, avec une partie de la profession à dos et qui s’en fout complètement. Neil Gaiman est devenu une légende en pleine lumière, qui s’est fait un nom dans le grand public et a toujours réussi parfaitement ce qu’il entreprenait. Quant à Grant Morrison, c’est un peu lo troisième, qui a toujours dû lutter pour se forger sa place. Dans le milieu des comics, iel bénéficie d’un statut culte, et a même été élu deuxième meilleur scénariste de l’histoire par les lecteurs de CBR (loin derrière Alan Moore et juste devant… Neil Gaiman). Mais sortez un peu de cette petite bulle, et vous vous rendrez vite compte que l’écossais•e ne bénéficie pas de la même aura qu’Alan ‘Watchmen’ Moore ou Neil ‘Sandman’ Gaiman à l’extérieur. 

Mais comme nous sommes plutôt à l’intérieur de la bulle comics, que je sais que beaucoup d’entre vous l’admirent et qu’Urban Comics lo met régulièrement à l’honneur, aujourd’hui, je vous propose de revenir dans les grandes périodes de la carrière de l’écossais. Pas tant pour examiner sa biographie en soi que pour explorer son apport aux comics, sa relation avec le médium et analyser brièvement ses grands travaux. 

See you on the other side !

Grant Morrison, magicien métafictionnel

3. Crâne rasé, Kathmandu et psychédélisme

1. Les premières années

4. Tournant de millenium

2. Scottish invasion

5. Bilan conclusif

13 Commentaires

    • Désolé de te décevoir, ShayneZ, mais tu peux jouer à l’autruche comme tu veux, l’écriture inclusive (ou plutôt épicène) existe. C’était le lot commun à la fin du Moyen-Âge, où il n’existait aucune règle d’accord spécifique, et je te conseille la lecture du poète protestant Clément Marot (décédé en 1544, ça ne date pas d’hier), qui était poète à cour de François Ier, pour t’en convaincre. La masculinisation du français, faisant du masculin le neutre par défaut, date de la période moderne. Le français est une langue vivante, qui avance, évolue, et change ses usages. Et face aux personnes non-binaires, qui demandent de ne plus être genrées au masculin ou au féminin, le français aussi s’adapte et change, comme il a déjà changé plusieurs fois. Et ça, que cela te plaise ou non…

      • Nickel l’écriture inclusive, comme ça les dyslexique comme moi ne peuvent pas lire l’article mais bon faut bien faire plaisir aux SJW qui se déclarent non-binaire, on s’en fout des handicapés.

        • Je te laisse voir ça directement avec Grant Morrison le SJW.
          Crois-moi, j’aurais préféré le rédiger de manière classique, ça m’aurait évité de passer 2h à chercher la nomenclature exacte pour exprimer le non-binaire et reprendre tout l’article qui était déjà à moitié rédigé lors du coming-out.
          Mais lorsqu’un auteur ou une autrice demande à changer de pronom, la moindre des choses est de respecter sa demande, quoi qu’on en pense à titre personnel.
          Et je t’avoue qu’à titre personnel, j’aurais eu beaucoup plus de sympathie pour ta dyslexie si tu ne l’utilisais pas pour couvrir ton hostilité anti-« sjw ».

          • Des gens veulent imposer une écriture qui m’empêche de lire et en plus il faut que je cache mon hostilité ? Tant pis pour moi alors, je n’ai rien contre les défenseurs des minorités qu’elles soient sexuelles ou ethnique loin de là mais vouloir imposer des sottises comme l’écriture inclusive ou les pronoms neutres c’est ridicule. Bonne continuation

    • Juste parce que vous n’aimez pas quelque-chose ne veut pas dire que cette chose n’existe pas.
      L’écriture inclusive existe et est utilisée dans plein de contextes différents, et c’est important pour beaucoup de personnes, peut-être pas pour vous, mais pour moi, qui suis non-binaire, oui.
      Ceci dit, peut-être que pour vous je n’existe pas non plus. Ceci dit, il va falloir que vous fassiez avec, dans tous les cas.

  1. Et sinon le dossier était passionnant, donc merci pour ça !

    N’étant pas un expert mais me considérant néanmoins comme un « fan » de Morrison, j’ai découvert récemment son run sur Animal Man et j’en suis tombé à la renverse. Pour moi, du génie pur.
    Gloire éternelle à Grant Morrison !

  2. Excellent article qui m’a apprit beaucoup de choses !
    Chapeau pour tout le travail de recherche qui me permet maintenant de mieux cerner ses histoires et ce qui me plaît dans son écriture.
    Tout fan ou curieux de morrison devrait lire ce papier à mon avis.

    • Au bout du 3è commentaire sur la question, je commence à comprendre.
      Ca n’a pas empêché beaucoup de gens de le lire, et comme on l’a déjà dit : la langue française évolue et elle n’est pas faite de marbre.

  3. Super article, un peu surpris de la faible présence de All star superman qui est un titre important pour l’homme d’acier et pour son auteur/rice et la non évocation de Crazy Jane, un perso avec 64 personnalités et pouvoir c’est du pur Morrisson ça ! mais je comprends bien que des concessions doivent être faite c’est pas une biographie.
    j’ai beau ne pas être un de ces fans (All-star superman m’a laissé indifférent et les 7 soldiers of victory m’ont juste laissé un haussement de sourcils constant au fil de ma lecture) iel reste une figure majeure de l’histoire du comics modernes.
    Et un double GG (‘fin un triple avec la qualité de la bio dans son ensemble ^^) pour avoir respecté le choix identitaire de Morrisson et de l’avoir répercuté dans la terminologie même du texte. Pour m’y être mis récemment c’est vrai que c’est un exercice d’écriture compliqué

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.