S’il y a bien une lecture qui aura fait couler de l’encre à chaque sortie de tome, c’est bien la série Suicide Squad, surtout celle écrite dernièrement par Rob Williams. Un titre au succès commercial certes, mais qui n’était pas pour autant gage de qualité. A terme, la sortie des tomes n’était digne que d’incohérences et d’indifférence, en témoignent les reviews VF. Ainsi, lorsque DC a annoncé que le titre allait être repris par l’équipe à l’œuvre d’Injustice 1 et Injustice 2, il y eût de quoi susciter un regain d’intérêt. Alors, tenons-nous enfin entre les mains une formule Suicide Squad digne de ce nom ?

THE WORST AMONG THE BESTS

Suicide Squad Renégat est la nouvelle série de Tom Taylor, publiée par Urban Comics. On peut l’accueillir avec effroi ou avec joie, mais elle fait partie de ces projets où la meilleure façon de savoir si une personne mérite de la confiance, c’est de la lui donner. Et mission accomplie : oui. Un grand oui ! Rien à voir avec Suicide Squad Rebirth. Non reniée, mais à peine évoquée, Tom Taylor se débarrasse dès le premier chapitre des vestiges de l’ancienne équipe. Exit bon nombres de ses membres. Exit Waller et ses incessants coups de bluff. Et d’une certaine façon, exit Deadshot, mais surtout exit Harley Quinn. La Suicide Squad accueille désormais son nouveau dirigeant, un certain Lok. Un brin susceptible et psychopathe, celui-ci aura une approche communicative avec les membres du groupe qui est plus dans la démonstration que dans la prévention.

En parlant de membres, Lok est d’abord à la recherche de sang frais. Le premier chapitre fait donc à la fois office de présentation des nouveaux personnages, de leur recrutement et de leur “entretien d’embauche”. Puis, l’intrigue débouche vers une histoire banale de complot et de corruption gouvernementale. En apparence seulement, car absolument rien ne se passe comme prévu. Mais quelle est la différence avec la précédente Suicide Squad Rebirth alors ? Et bien, c’est l’effet de surprise, que maîtrise habilement le scénariste. Aucun destin n’est écrit à l’avance. Tom Taylor renoue avec les fondements de cette équipe de sacrifiables quel qu’en soit le prix, à la différence qu’ils ont conscience des risques et des conséquences. Bien entendu, le scénario se laisse découvrir chapitre après chapitre. Et à l’instar des poupées russes, le plan initial s’incorpore dans un bien plus grand, lui-même inclus dans un autre etc, etc… Le twist sur l’identité de la réelle menace fait son petit effet, et suscite l’envie de lire la suite des pages.

osita envoie du poing

UN VENT DE FRAICHEUR INESPÉRÉ

Vous l’aurez compris, Suicide Squad Renégats ne fait pas les choses comme son prédécesseur. La préface, comme le texte en quatrième de couverture, le rappelle : surprises et disparitions attendront les lecteurs. De plus, Urban Comics en rajoute une petite couche avec la présence/pertinence de la page de présentation des personnages. Certes, on ne s’attache pas à tous ces nouveaux visages, certains brillant plus que d’autres, soit par leurs capacités (Jog, Fin, Wink), soit par leur caractère (Osita, Deadshot Six-Vices). Pour une fois qu’un tome Suicide Squad n’est pas qu’un leitmotiv à Harley Quinn, on remercie également Tom Taylor pour cela. D’ailleurs, la présence de cette dernière n’est là que pour justifier des sketchs (la scène du road trip en Australie en est un bon exemple) ou pour démontrer que la Suicide Squad est capable de réfléchir intelligemment avant d’agir comme des têtes brûlées. Enfin, l’auteur joue et interagit avec le lectorat en lui offrant sans gêne des scènes gores ou en lui retirant ce spectacle avec de la vraie-fausse censure.

Comme on n’est jamais mieux servi qu’avec une équipe fiable, Tom Taylor retrouve son tandem, Bruno Redondo, lui aussi ayant collaboré sur Injustice 1 et Injustice 2. En effet, pour les habitués, on reconnait rapidement sa patte graphique avec son trait fin et épuré. La qualité est plus que correcte et ne déçoit pas du tout. Les caractéristiques des personnages sont bien représentées et très propres. D’ailleurs, si on devait chipoter un peu, ce serait pour reprocher le côté trop soigné de la Suicide Squad dans son apparence, surtout après les scènes d’action et d’explosion. On aurait préféré des protagonistes – rappelons-le, des criminels et/ou fugitifs ne vivant pas dans le luxe – qui tranchent davantage avec l’image super-héroïque. Plus de crasse, de négligence – physique ou vestimentaire – aurait été plus représentatif.  

deadshot se fait avoir

Le premier tome de cette série Suicide Squad remplie le cahier des charges. Moins psychopathe, mais pas moins immorale, Tom Taylor semble avoir mieux compris le fonctionnement de cette équipe que son prédécesseur Rob Williams. La force ne vient pas de son histoire, mais plutôt de ses personnages hauts en couleur et en caractère. Divertissant, décomplexé, dévergondé, Suicide Squad Renégats semble bien parti pour laisser sa petite empreinte car la série ne comprendra que deux tomes. Un plaisir court qu’il serait dommage de rater.

TRES BON / 10 Notre avis
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Les +
- Suicide Squad revient à ses fondamentaux
- Si vous êtes familier du travail de Tom Taylor, la série vous accrochera probablement
- Le trait propre de Bruno Redondo...
Les -
- ... peut-être un peu peu d'ailleurs
- On ne s'attache pas à tous les personnages, mais c'est un peu le but de la série, non ?
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