Steve Lightle, l’un des grands dessinateurs mésestimé des années 80, est décédé aujourd’hui à l’âge de 61 ans, comme l’annonce son fils Matthew sur le profil Facebook de son père.

Steve Lightle, un vétéran de Legion of superheroes

Né le 19 novembre 1959 dans son Kansas natal où il a toujours vécu, Steve Lightle s’est intéressé aux comics dès son plus jeune âge, et plus particulièrement aux images. Il se dirige donc vers le dessin, et après ses études, il signe son premier travail professionnel dans l’épisode 4 de la brève série Black Diamond de l’éditeur indépendant AC Comics, en 1984. Vite repéré par DC, il se fait embaucher par l’éditeur, et se voit gratifié de 10 pages dans le New Talent Showcase #4 d’avril 1984, où il dessine Ekko, un personnage qu’il créé avec Rich Margopoulos pour l’occasion, et dans la foulée, il dessine un numéro fill-in pour Batman and the outsiders.

Mais son dessin précis et détaillé ne passe pas inaperçu. On lui propose All-Star Squadron et World’s Finest, avant que Karen Berger en personne ne le propose pour la Legion of superheroes, qui vit alors l’une des grandes périodes de son histoire sous la plume du maître Paul Levitz. En concurrence avec d’autres dessinateurs, il remporte le job et succède ainsi à Keith Giffen sur l’équipe du 31è siècle. En l’espace de 2 ans, il dessine une douzaine d’épisodes, co-créé les personnages de Tellus et Quislet (parmi les premiers membres non-humains de la Legion !), et dessinera l’un des épisodes mémorables du run de la Legion de Levitz avec Legion of Superheroes #4, qui marque la mort du vétéran Karate Kid aux mains de Nemesis Kid… un crève-coeur pour Steve Lightle, dont Karate Kid était l’un des légionnaires favoris ! Il aura néanmoins l’occasion de se venger en dessinant aussi la fin de Nemesis Kid !

Malheureusement, un dessin aussi précis demande souvent du temps… et Steve Lightle se fait une réputation d’artiste un peu lent. Il peine à réussir à dessiner convenablement tous les épisodes de la Legion, et se voit souvent remplacé par des artistes fill-in. Il reste l’un des favoris des fans, qui écrivent régulièrement pour se plaindre que Steve n’est pas suffisamment aux dessins. Rongé par une certaine culpabilité, il préfère se concentrer sur autre chose, se contentant de faire les couvertures de la Legion tout en commençant une nouvelle aventure.

En 1987, il se lance ainsi dans l’aventure Doom Patrol pour le relaunch du titre aux côtés de Paul Kupperberg. Pour lui, c’est un honneur et un rêve de gosse, puisqu’il a toujours été un grand patrol-head et s’amusait à dessiner Larry Trainor dans son enfance. Et là encore, il fournit un travail extraordinaire, en terme de dessin comme en terme de mise en scène, bien que ce run ne jouisse pas de la réputation la plus mémorable de l’histoire. Comme nous le disions dans le dossier consacré à la Doom Patrol, la série baisse drastiquement en qualité après le départ de Steve Lightle, qui apportait une solidité artistique incontestable. Il s’était entretenu avec le blog DC in the 80’s il y a quelques années sur les différends créatifs qu’il avait connu avec Kupperberg (et son approche très X-Men qui dénaturait l’équipe) et surtout avec l’éditorial de DC, qui (comme souvent) n’a pas tenu ses promesses.

Il quitte ainsi le titre Doom Patrol, pour se concentrer ensuite sur des segments plus réduits, mais toujours très bons sur des petites séries anthologiques telles que le Who’s who de DC ou Marvel Presents chez la concurrence, et travaille ici et là comme scénariste, artiste, encreur, ou cover-artist pour des titres aussi variés que Spider-Man, Avengers, Quasar, Red Sonja ou X-Factor. il revient plus profondément chez DC au milieu des années 90 en tant que cover artist pour la série The Flash, alors tenue par Grant Morrison et Mark Millar, puis Mark Waid. Il réalisera en tout près d’une quarantaine de couverture pour The Flash jusqu’en 2000. En 2001, il fonde sa propre boîte, Lunatick Press, dédiée à la vente de ses pages et de son propre travail, comme la série Justin Zane, dont il était très fier. Il y a quelques temps, Steve Lightle était de retour pour la couverture de l’omnibus Doom Patrol : The bronze age, qui rassemble le run de Paul Kupperberg précédant celui de Morrison.

Steve est décédé en ce 8 janvier d’un arrêt cardiaque suite au Covid-19, à l’âge de 61 ans, et laisse derrière lui sa femme Marianne et leurs enfants, que nos pensées accompagnent chaleureusement.

Steve Lightle n’a jamais eu l’aura de certains de ses confrères dessinateurs-stars de la même époque. Il n’en était pourtant pas moins talentueux, développant simplement son style précis et son sens de la mise en scène d’une autre manière que dans l’action bourrin à la mode à l’époque. Pour avoir brièvement échangé avec lui dans les groupes consacrés à la Doom Patrol, j’ai pu observer un homme consciencieux, très humain, et d’une grande gentillesse. Des qualités qui manqueront, sans aucun doute.

Steve Lightle
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myplasticbus
Depuis son enfance, cet énergumène passionné se sent insatisfait de l’état du monde. Alors il s’est mis à écrire et dessiner ses propres univers, à raconter des histoires et à s’immerger dans des mondes parallèles. Un beau jour, il a découvert une bande-dessinée qui parlait d’un univers bizarre avec une particularité bien chelou : aucun super-héros, sinon dans les bandes-dessinées. Éternel curieux, il a voulu visiter cette terre inaccessible et étrange. Il s’est mis à chercher à maîtriser les lois des univers multiples, en découvrant qu’elles reposaient dans un bus en plastique caché au plus secret de son imagination. Désormais coincé dans cet univers bizarre, il prend toujours beaucoup de plaisir à explorer sa terre d’origine à travers des cases, des bulles et des dessins plus grands que la vie. Sinon, une fois, en 2003, il est resté coincé dans l’Hypertime.

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