Après des mois et des mois à voir sa sortie repoussée, nous avons enfin pu regarder Wonder Woman 1984. Tous ces changements de la part de Warner pour lui trouver la place la plus confortable dans le planning des affiches au cinéma et apporter le plus de bénéfices, pour finir sur HBO Max en même temps que dans les cinémas américains pendant une crise sanitaire qui semble sans fin, et arriver misérablement en Blu-ray en France. Et pour quel résultat ?

Un monde en couleurs

Le premier aspect remarquable du film est la différence dans l’image avec son prédécesseur. Rien que dans les bande-annonces, vous aurez remarqué un monde bien plus coloré qu’à l’époque où Patty Jenkins devait se ranger dans le style de Zack Snyder qui avait initié l’univers cinématographique partagé de DC. Cet étalonnage colle également mieux à l’esprit années 80 qu’on retrouve dans les décors et les costumes, bien que le production design général du film a l’air fauché sans parler des quelques erreurs et des clichés. Ça reste tout de même plus agréable quand tout n’est pas sombre, même si la grande scène de Cheetah n’y réchappe pas.

Les effets visuels datés

La grande protagoniste du film avec Maxwell Lord, Cheetah, aurait pu être bien pire visuellement après transformation, mais il faut dire que le film fait tout pour cacher la misère. Après deux heures pleines de couleurs, on arrive sur un décor miteux et sombre qui gâche une scène qui aurait dû être son point culminant. Les incrustations de Wonder Woman qui courent sont d’une tristesse, et bien que j’apprécie une meilleure et quasi-systématique utilisation du lasso de vérité dans l’action, on ne peut pas dire que l’effet est concluant. Il arrive qu’on ne saisisse même pas tout le geste que Diana fait, l’illisibilité et la physique du lasso sont problématiques, même si ce que l’héroïne en fait est un des bon côtés du personnage.

Une héroïne avec une vraie morale

Wonder Woman n’est pas le personnage le plus marquant du film, le scénario exploite trop sa romance avec Steve Trevor en dépit du reste, mais il faut avouer une certaine prestance à Gal Gadot dans le costume. De plus, elle joue ici une vraie héroïne, dans le sens où elle se met constamment en danger pour sauver les innocents. C’est tout bête, mais les dommages collatéraux sont constamment laissés de côté dans les films de super-héros, surtout de DC. Elle met également en avant la principale morale du film, liée au thème de la vérité et que je ne développerai malheureusement pas pour ne pas trop spoiler, mais qui est on ne peut plus claire puisque notre Amazone balance un long discours mielleux pour en parler. Le moment est plein de sincérité, mais bien trop naïf pour nous faire croire aux conséquences de ses mots.

Wonder Woman 1984 is a christmas movie

Le film entier est en réalité bon enfant. Les messages sont optimistes et très appuyés, l’action est parfois grotesque, la fin est mielleuse et pourrait véritablement sortir d’un téléfilm de Noël (ainsi qu’une scène inutile où je n’aurai pas été choqué si Gal Gadot et Chris Pine s’étaient mis à chanter, mais bon c’était joli dans le trailer). Le vrai problème est que le scénario est remplie de facilités et de raccourcis gros comme des maisons. À plusieurs moments, la situation se dérobe ou se résout par un élément qui n’a pas été présenté auparavant, alors qu’il y avait de la place si on enlevait quelques passages sans aucune utilité. Et la façon de ramener Steve Trevor est horrible quand on y réfléchit ne serait-ce qu’une milliseconde. Alors optimiste ou niais, ça dépendra principalement de votre candeur et de votre humeur, le voir un 25 décembre aide un petit peu, c’est sûr, mais on penche plutôt vers la deuxième solution.

Les méchants

L’intérêt principal du film réside dans la présence de deux personnages. Barbara Minerva commence en étant la scientifique un peu nulle qui n’intéresse personne, fascinée par une personne comme Diana Prince. Ses dialogues sont écrits d’une manière étrange, trop explicites, peut-être pour mettre en avant son manque de sens de la communication. Son développement aurait mérité plus d’originalité que la simple geek à lunettes qui se transforme en les enlevant, et aussi plus de temps à l’écran : elle semble totalement disparaître de l’histoire à un moment avant de revenir abruptement. Kristen Wiig arrive néanmoins à être plus convaincante que Gal Gadot finalement.

La surprise du film vient de Pedro Pascal en Maxwell Lord, peu fidèle à sa version comics. Il est un homme de pouvoir en devenir, sans vraiment en posséder, un rôle symptomatique de l’Amérique moderne et cette quête avide de réussite accessible pour tous. Tout le monde peut devenir riche s’il s’en donne les moyens, vous êtes spécial et vous pouvez dominer les autres. C’est en tout cas ce en quoi il croit. Cependant, on voit par moments de l’humanité en lui, lorsqu’on apprend ou qu’on nous rappelle que ce désir n’est pas aussi narcissique que prévu et qu’il souhaite avant tout effacer une image de loser qu’on peut avoir de lui (encore une fois, vous comprendrez bien vite le moment venu).

Un dernier mot sur l’OST de Wonder Woman 1984 par Hans Zimmer, un aspect auquel je trouve toujours une certaine importance. Habitué des super-héros désormais, le compositeur arrive encore à sortir quelques morceaux très prenants et de belles variations du thème de Wonder Woman, qu’il a co-composé avec Junkie XL pour Batman v Superman. On ne s’éloigne d’ailleurs pas trop de son travail sur ce dernier par moments, il y a même le retour d’un autre de ses thèmes du film. Tout ne se vaut pas, mais pas grand chose est à jeter, Zimmer apporte un esprit lumineux, une diversité (notamment avec le leitmotiv de Max Lord), malgré une auto-citation qui lui colle à la peau. Il s’en dégage néanmoins un certain héroïsme, parfois doux et parfois épique, trouvant une justesse que le film en lui-même n’a pas su capter.

Moins iconique que dans son premier film, mais plus humaine, Wonder Woman s’éloigne de la vision de Snyder pour une autre qui lui correspond mieux : colorée et optimiste, trop même. Malgré un Maxwell Lord plus complexe qu’on ne l’aurait cru, le film de Patty Jenkins n’a que très peu à offrir visuellement et son scénario est bourré de raccourcis grotesques. Pas franchement drôle, ni impressionnant (voire risible pour certains effets), voire problématique dans la réintroduction de Steve Trevor, l’Amazone ne brillera qu’auprès d’un jeune public tant sa candeur maladroite frappe le spectateur. S’il fallait sauver le cinéma, plutôt voir autre chose que ce film, mais de toute façon, toute cette attente n’aura pas payé.

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2 Commentaires

  1. Oui il parait que le film est décevant mais pourquoi j’accorderais de la crédibilité à une critique d’une personne aillant téléchargé le film illegalement et qui l’a regardé sur son pauvre petit écran d’ordi avec les écouteurs de son téléphone portable…

  2. À contrario un chef d’œuvre restera un chef d’oeuvre , qu’il soit visionné sur un écran portable ou en salle , donc l’argument ne tiens pas :
    si le film est pourri , il est pourri !!

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