Derrière ce nom pas forcément très évocateur qu’est Doom War se cache en réalité la fin du run Justice League de Scott Snyder. Urban Comics a en effet choisi de propulser cette conclusion hors de la série mère pour la mettre en avant en tant qu’événement. Une décision qui fait sens dans la mesure où ces derniers numéros lancent Year of the Villain, un event affectant grand nombre de séries en plus de délivrer une panoplie de tie-in, la majorité étant collecté dans cet énorme recueil de 520 pages.

Une pièce en trois actes

Avec ce Justice League : Doom War, le programme est chargé puisque c’est pas moins de 20 numéros qui nous attendent. Comme à son habitude, Urban Comics nous simplifie néanmoins la lecture en remettant de l’ordre, ainsi qu’en divisant le recueil en trois parties distinctes. En première partie, on trouve une introduction prononçant l’ouverture de Year of the Villain, le règne des vilains sur Terre, ainsi que la suite de Justice League servant ici de prologue à la fameuse Doom War éponyme, l’affrontement entre les forces de la Justice et celles de la Mort/Ruine (Doom a plusieurs significations).

Soyons honnêtes : ce qui nous intéresse réellement ici, c’est bien Doom War, mais il faut néanmoins passer par Year of the Villain avant puisqu’elle constitue la seconde partie de l’ouvrage. Au programme : des one-shots de différentes équipes créatives (pas de Snyder donc) portant chacun sur un vilain différent durant cette période faste. Comme attendu, certains numéros sont inutiles et mauvais (Black Mask, Lex Luthor), alors que les autres se révèlent être de bonnes surprises.

Review VF - Justice League : Doom War 1

On retiendra notamment les deux numéros de Mark Russell, qui propose à Sinestro et au Riddler une introspection bienvenue. Il ne faut néanmoins pas attendre de ceux-ci qu’ils aient un impact sur la suite puisque, même si Sinestro est un des lieutenants de Luthor, rien ne sera réutilisé. Disons que ça aura au moins le mérite d’exister et de proposer une lecture intéressante. Reste le one-shot Joker co-écrit par le maître de l’horreur John Carpenter qui, bien que complètement indépendant de l’intrigue générale, nous propose une ambiance assez savoureuse.

Doom War : Ça passe bien pour du Snyder

Entrons maintenant dans le vif du sujet avec l’arc final de Justice League, nommé Doom War, et qui s’étale sur pas moins de 10 numéros. Cette indication à elle seule laisse aisément deviner toute l’ampleur du récit, qui se veut gras à souhait tant Snyder y est bavard. Si vous en êtes à lire cet ouvrage, vous connaissez probablement l’auteur et sa passion de l’exposition à outrance, qui se retrouve évidemment ici. Chaque numéro est ainsi l’occasion de se raccrocher aux branches, bien que le lot d’idées développées par case aura de quoi vous challenger.

Justice League Doom War

Ce qui rend la lecture d’autant plus “exigeante”, c’est que Snyder fait ici appel à la totalité de son oeuvre. En toute logique, la lecture du run Justice League est conseillée (mais pas obligatoire, j’en suis la preuve), mais également celle de ce que l’auteur a pu écrire précédemment, donc Metal, donc son run sur Batman. Néanmoins, il n’est pas question de contempler son nombril. Tout comme il le faisait dans Metal, Snyder puise sans vergogne dans l’histoire du DCU, et même bien plus franchement encore cette fois-ci.

On appréciera ou pas, mais Doom War, c’est un peu la nouvelle Crisis de DC. Les enjeux sont gargantuesques et ne connaissent aucune limite, que ce soit spatiale ou temporelle. Ici, c’est bien l’avenir de l’univers qui se joue, ni plus ni moins, le Bien contre le Mal, tout simplement. Et pourtant, ce n’est pas si simple que cela, la mission nécessitant tour et détour à travers le DCU, conjurant nombre de figures connues, parfois perdues, ce qui donne toute son ampleur au récit. Le problème majeur, c’est alors celui du rythme : à développer et croiser moult intrigues et personnages, l’avancée du tout se fait longue et parfois pénible.

Review VF - Justice League : Doom War 2

Les détracteurs de Snyder grinceront forcément des dents, tandis que les autres devraient largement apprécier cet énorme blockbuster maladroit mais généreux. A travers son œuvre, l’auteur touche aux fondations du DCU, il bouleverse drastiquement son histoire en y ajoutant sa propre touche. De cette empreinte, on relèvera l’exemple évocateur que sont le Monitor et l’Anti-Monitor, figures essentielles qui se voient désormais compléter d’un nouveau semblable, le World Forger, et même d’une mère souveraine, Perpetua. Snyder inscrit son nom au panthéon des géants, des maçons de la cosmologie DC. Certains y verront de la prétention tandis que les autres y verront une passion débordante.

Scott Snyder est un auteur qui clive depuis longtemps, et ce n’est pas avec cette Doom War que cela changera, vous vous en doutez. Pas de surprise ici, l’auteur est fidèle à lui-même, votre avis à l’égard de ce récit ne tiendra donc pas du coup de théâtre. A titre personnel, j’avais été lassé des “Snyderies” suite à Metal, mais je dois avouer m’être réconcilié en partie avec l’auteur qui, à mon sens, gagne au moins en pertinence dans le propos. Et puis au pire, ça reste bien beau, il faut l’avouer.

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- Des enjeux de taille
- Un blockbuster divertissant et pas si con que ça
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- Un peu long
- Year of the Villain dispensable
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