On se retrouve comme chaque semaine pour les Highlights, le bilan de nos lectures hebdomadaires chez DC Comics, avec en l’occurrence les sorties du 13 octobre 2020. Death Metal continue dans son titre régulier, et alors que débute la série Rorschach (dont une critique a été dédiée), c’est également la fin de Batman and the Outsiders, qui n’aura de toute façon pas retenu notre attention, et de Justice League Odyssey.

LES COUPS DE CŒUR

Highlights de la semaine #100 (Death Metal, Wonder Woman, JL Odyssey...) 1

Strange Adventures #6

Collection : Rebirth

Scénario : Tom King

Dessins : Evan Shaner, Mitch Gerads

Il faut (presque) toujours lire un comics de Tom King deux fois : une première fois pour le lire et en connaître le contenu ; une deuxième fois pour l’analyser dans ses dialogues comme dans ses aspects visuels. Ce numéro se révèle encore une fois comme un crafting narratif méticuleux, où le caractère un peu cérébral de Tom King se révèle. Si vous êtes comme moi amateurs de ce type de storytelling, malgré son côté peut-être un peu froid, vous serez probablement ravis. 

Strange Adventures #6 nous montre par essence deux personnes très intelligentes, qui jouent ensemble à la sincérité pour se convaincre l’une et l’autre du bien-fondé de leur démarche. Et ce jeu se transforme progressivement en sincérité froide et réelle : les couleurs chaudes laissent place au blanc et au bleu, le whisky et la bière laissent place à la neige de plus en plus présente. Au fondement du récit, il y a avant tout le sentiment de culpabilité, la froideur du cœur humain qui s’en accommode. Il suffit de regarder le vocabulaire de Terrific lorsqu’il parle de son enfant…

Le tout reste porté par un travail merveilleux des deux dessinateurs, qui nous régalent toujours autant, par leurs traits comme leurs couleurs. Shaner offre deux double-pages magnifiques, qui se répondent pour nous montrer l’atrocité guerrière, dû meilleur effet. Strange Adventures #6 est encore une merveille, peu réjouissante, mais merveilleuse quand même.

– myplasticbus

LES VALEURS SURES

Highlights de la semaine #100 (Death Metal, Wonder Woman, JL Odyssey...) 2

DC : The Doomed and the Damned #1

Collection : Rebirth

Scénario : Collectif

Dessins : Collectif

C’est une nouvelle anthologie qui profite de la période de Halloween pour nous raconter plusieurs histoires d’horreur autour des personnages de DC. Comme souvent avec ce genre d’exercices, c’est plutôt inégal, certains n’arrivent pas à nous emporter en quelques pages seulement, mais d’autres s’en sortent suffisamment bien pour conseiller ce one-shot.

Marv Wolfman nous sort une histoire au style horreur old school impliquant Ra’s al Ghul et Grundy plutôt réussi avec les dessins de Tom Mandrake en prime, tandis que Saladin Ahmed et Leonardo Manco reprennent les tropes du démon dans le miroir et celui des enfants dont on ne croit pas les histoires avec un Batman très pragmatique, mais à l’écoute. Garth Ennis est aussi de la partie avec simplement un concours du plus gros buveur d’alcool entre un Darkseid parodique et Baytor, fameux membre de la Section 8. Amanda Deibert et Daniel Sampere opposent Wonder Woman et Raven dans leur approche du monde magique avec efficacité en si peu de place, mais ma préférée reste peut-être l’ambiance de l’étrange village dans lequel enquête Superman et Swamp Thing, avec une petite surprise qui fait plaisir quand on parle d’horreur.

D’autres récits sont vraiment en dessous du reste, notamment celle d’Aquaman et Frankenstein ou de Green Lantern et Etrigan, qui n’est agréable que par la présence de Riley Rossmo. Finalement, c’est le meilleur point de l’anthologie : les dessinateurs sont bien choisis et s’en donnent à cœur joie. C’était surtout un plaisir de voir des artistes comme Mike Perkins, Rossmo, Sampere, Mandrake, Max Fiumara ou Dominike Stanton sur ce qui relève souvent du prétexte horrifique.

– Sledgy7

Highlights de la semaine #100 (Death Metal, Wonder Woman, JL Odyssey...) 3

Detective Comics #1028

Collection : Rebirth

Scénario : Peter Tomasi

Dessins : Nicola Scott

Comment ? Detective Comics en valeur sure ? Oui, Tomasi me fait un peu plaisir maintenant que le cap du #1027 est passé. Déjà, j’apprécie le travail de la dessinatrice Nicola Scott sur cette histoire qui pour le coup est digne du titre. Tout dans l’écriture et la narration rappelle les bonnes années de Detective Comics : une enquête sombre autour de la police corrompue de Gotham avec un Batman droit et aux nombreux monologues. En plus, il s’agit du premier numéro post-Joker War et même si cet événement était une déception, on sent ici un vrai impact sur la relation qu’ont les Gothamites et le GCPD avec notre Chevalier Noir, qui porte ici parfaitement son nom. C’est donc un numéro fort sympathique, sans être incroyable, ne le survendons pas non plus.

– Sledgy7

Highlights de la semaine #100 (Death Metal, Wonder Woman, JL Odyssey...) 4

Dark Nights : Death Metal #4

Collection : Rebirth

Scénario : Scott Snyder

Dessins : Greg Capullo

Death Metal n’est toujours pas l’évent de la décennie qui réconciliera tout le monde avec DC. Néanmoins, ce quatrième numéro continue de se révéler suffisamment divertissant et plaisant, pour peu qu’on prenne la série avec le second degré qu’elle mérite, et je dirai même qu’elle revendique. Des scènes d’introductions par Sergent Rock aux dialogues, on sent toujours chez Snyder cette revendication toujours aussi décomplexée de passer un bon moment, en créant un récit plus grand que nature où l’on peut simplement célébrer l’amour pour l’histoire de l’éditeur. Exit la prétention de faire une « grande œuvre » pour simplement dérouler un esprit Silver Age improbable, mais amusant. 

Ce numéro en est une fois de plus le reflet, notamment à travers l’hommage explicite aux Crisis de DC. Snyder commence même à revenir sur les quelques éléments fâcheux des précédents numéros, dont on pouvait reprocher le rythme statique et l’exaltation du concept au détriment du coeur et de l’émotion. Ici, sans toucher le chef d’œuvre, Snyder parvient à imposer un rythme plus tendu, où le lecteur s’intéresse à ce qui se passe (même si l’issue est prévisible). Il arrive aussi à esquisser un semblant d’émotion bienvenu à travers Wonder Woman, qui garde ici sa position centrale malgré le décorum Batverse. Sincèrement, j’ai passé un bon moment à la lecture de Death Metal #4, si ce n’est ce twist final tiré du cul des idées nulles, qu’il me tarde de voir éclipsé.

– myplasticbus

DECEPTIONS

Highlights de la semaine #100 (Death Metal, Wonder Woman, JL Odyssey...) 5

Wonder Woman #764

Collection : Rebirth

Scénario : Mariko Tamaki

Dessins : Steve Pugh

Quand Maxwell Lord, l’un des plus grands ennemis de l’amazone, un homme très intelligent et manipulateur, en vient à briser un mariage en parlant de claquettes chaussettes, on se dit que le titre Wonder Woman ne peut pas tomber plus bas. En effet, le reste du numéro vient confirmer cela. Entre Maxwell pris pour une star de cinéma toutes les trente secondes, une virée à la plage qui tourne en attaque de robots mutants, Wonder Woman à dos de son requin géant de compagnie. Rien ne va. Il est évident que Tamaki essaye de faire un gros clin d’œil aux comics des années 1980, autant au niveau de l’intrigue que des péripéties des personnages. Mais la mayonnaise ne prend pas. La référence est même appuyée par une réplique de Maxwell Lord : « Depuis quand tout est devenu un mauvais épisode de série détective des années 80 ? ». Cela n’en reste pas moins un mauvais épisode. Les dessins sont corrects, sans plus. On ne comprend pas où veut en venir la scénariste qui s’éloigne encore plus de son plot original. Triste.

– Justafrogg

Highlights de la semaine #100 (Death Metal, Wonder Woman, JL Odyssey...) 6

Justice League Odyssey #25

Collection : Rebirth

Scénario : Dan Abnett

Dessins : Will Conrad

Toute cette série n’aura été qu’une vaste fumisterie qui aura tenté de se relancer en cours de route avec un changement d’auteur et de roster, mais en vain. Ça ne raconte rien, un prétexte pour ramener Darkseid à son point de départ et pour éloigner certains personnages des affaires de Scott Snyder. C’était pas intéressant, voire carrément bête par moments et Dan Abnett n’aura malheureusement rien pu en faire, ni Will Conrad ou tout autre artiste impliqué, malgré un travail pas dégueu. Bref, une erreur depuis le départ, bien loin de la promesse qui avait été faite.

– Sledgy7

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