Les sollicitations de notre éditeur préféré se sont révélées quelque peu troublantes ce mois-ci. En révélant ses sorties du mois de Décembre, vous n’êtes pas sans savoir toutes les informations plus ou moins troublantes rapportées sur votre site d’actualité comics préféré. Il est avant tout question de deux éléments marquants : le retour de Mark Waid chez DC Comics et une illustration de Gary Frank pleine d’espoirs pour la conclusion de Dark Nights : Death Metal. Alors que l’événement est toujours en cours au moment où ces mots sont écrits, ne nous demandons pas ce que nous pouvons attendre de l’événement en tant que tel, mais plutôt les raisons pour lesquelles un retour à l’univers classique serait l’issue la plus évidente.

Qu’est-ce que Dark Nights : Death Metal ?

Avec l’annonce des numéros spéciaux concluant l’événement incroyablement étendu qu’est Death Metal, les sollicitations de l’éditeur livrent quelques images rassurantes quand à l’issue de ce dit événement. C’est peu de dire que le destin de l’univers DC semblait plus qu’incertain avec un énième événement Metal, suite d’un Doomsday Clock dont la pertinence s’était perdue avec les plans de Geoff Johns pour l’univers DC.

Death Metal Wonder Woman

Alors que Scott Snyder prenait le pas avec la réussite de Metal en 2017 créant un véritable phénomène aux Etats-Unis, ce Death Metal est à l’heure actuelle un véritable fourre-tout. Qu’on apprécie ou non, force est d’avouer que dès les premiers numéros, Death Metal avait tout l’air d’être un prétexte à réunir toutes ces ficelles que l’éditeur ne parvenait pas à nouer convenablement — laissant ainsi aller son destin au bon vouloir d’un scénariste clivant.

Qu’il s’agisse de son fond ou de sa forme, Death Metal se trouve être un lieu de tous les possibles pour l’univers DC. L’univers DC a besoin de stabilité après s’être enlisé depuis si longtemps dans une continuité plus que discutable, ne sachant plus que faire de son passé réduit à un statut d’écho à travers Wally West en 2016. Peu importe l’événement Death Metal. Peu importe la manière dont l’univers classique reviendra. Et si l’éditeur cherche encore à jouer la carte de la nostalgie sans réellement y revenir, ce fameux retour au classique se fera plus tard. Le sujet d’aujourd’hui est celui d’un retour aux sources prévu, et de toute manière nécessaire.

Retour vers le futur

Les super-héros se réunissent. Ils forment une armée plus courageuse que jamais, face à une menace plus dangereuse que jamais, alors que l’univers tout entier est sur le point de disparaître. Voilà les grandes lignes d’une Crisis comme DC aime à l’appeler. Un événement démesuré pour une action démesurée. On a tendance à glorifier Crisis on Infinite Earths au risque de dénigrer les événements suivants. Ceux qui ont tenté, et parfois réussis, à proposer une suite à cet événement mythique. La chose est que Crisis on Infinite Earths n’est pas unique. Il est simplement le premier. L’objectif de cet événement n’avait d’autres but que de moderniser l’univers DC et mettre en avant de nouveaux personnages, donner leur chance à ceux qui étaient restés dans l’ombre et en intégrer d’autres. Mais aussi, amener un revival de la Trinité.

Off My Mind #100 - Death Metal : Vers une issue déjà vue ? 1

Qu’est-ce que Flashpoint sinon une Crisis maladroite, mais au potentiel indéniable ? Chaque événement nous destine à revenir à un statu quo classique et en profite pour maintenir la jeunesse de ses héros. Cette règle d’or est l’objet de tout événement. De nombreux articles et interviews d’éditeurs et auteurs reviennent sur cette idée d’un lecteur moderne plus exigeant et contradictoire. Ce lecteur chercherait à lire des événements plus sensationnels encore que les précédents, qui bousculeraient le statut actuel de cet univers tout en conservant ses personnages.

En soi, l’événement doit être contrôlé. Il doit parvenir à changer la situation. Proposer une modification de cet univers pour qu’il puisse être rétabli par la suite. En cela, Tom King est parvenu à quelque chose de cet ordre avec son run sur Batman Rebirth. Le héros de Gotham traverse des phases. Sans créer l’événement, Tom King a fait vivre un statut changeant continuellement, arc après arc. L’attente du lecteur ne change pas entre la lecture d’un titre ou d’un crossover. L’événement doit surtout être un moyen d’apporter une variation pour une durée limitée.

Off My Mind #100 - Death Metal : Vers une issue déjà vue ? 2

Apprécié ou non, cela n’a pas vraiment d’importance. Ce dont a besoin un éditeur avec un événement est avant tout un moyen de revenir en arrière. Et c’était ce pari fou qu’a pris DC Comics en 2011. Après Flashpoint, l’éditeur a relancé intégralement son catalogue infligeant une retcon à tout son univers. Le changement a été apprécié à ses débuts et a vite lassé pour laisser place à la fameuse pensée “C’était mieux avant“. Où sont les héros de notre enfance ? Là est la question à laquelle un éditeur doit toujours pouvoir répondre. Et en cela, il est surprenant que DC Comics se soit laissé embarquer aussi longtemps avant de parvenir à trouver une solution quand on sait ce qu’il est advenu de Marvel en 1996.

Apprendre de la concurrence

En 1996, alors que la société était détenue par Ron Perelman, Marvel Comics lançait l’événement Onslaught qui devait réaliser un grand ménage parmi les publications Marvel en débouchant sur un relaunch intitulé Heroes Reborn. Il s’agissait ni plus ni moins des New 52 de Marvel Comics. Les licences Avengers, Captain America, Iron Man et les Fantastic Four étaient relancés au #1 par des artistes plus jeunes offrant une version moderne de ces personnages iconiques. On retrouvait les talents californiens Rob Liefield sur Captain America et Avengers, et Jim Lee sur Fantastic Four et Whilce Portacio sur Iron Man. Jeunes stars de chez Image, ils étaient payées des sommes astronomiques pour faire vendre les licences que Marvel voulait relancer. Et ce, alors que l’éditeur faisait faillite et procédait à plusieurs vagues de licenciement.

Mais Jim Lee et Rob Liefield profitaient d’une médiatisation autour de l’image qu’ils livraient du dessinateur de comics indépendant. Ils étaient ces créateurs heureux au style dynamique mais surtout populaires grâce à la communication autour du lancement d’Image Comics et des succès de Jim Lee avec X-men #1 et de Rob Liefield avec X-Force #1. Leurs noms vendait, leurs styles plaisaient, face à des résultats et des chiffres alléchants, la direction très industrielle de Marvel à l’époque cherchait à tout prix à vendre à outrance.

marvel heroes the return

Seulement, chez Marvel, les éditeurs n’avaient jamais les mêmes directions. Là où certains décidaient d’une chose, d’autres prenaient une décision différente. De ces quiproquos incessants, des éditeurs comme Bob Harras décidaient de ne plus prendre de décision sans confirmation de ses supérieurs, retardant toute décision à prendre et limitant la création des artistes alors que l’avenir de Marvel était plus qu’incertain. La situation de crise et les difficultés n’ont pas empêché les éditeurs de trouver une solution. En 1997, Bob Harras confie à Peter David le retour de ces héros à leur version originale. Chose différente chez DC, les New 52 étaient planifiés et les tensions entre scénaristes et éditeurs sont nées des décisions éditoriales autour de ces fameux New 52.

Et Peter David n’a fait autre chose que trouver une excuse pour expliquer l’existence des ces douze derniers numéros comme des souvenirs ressassés – puisqu’il s’agissait d’une réécriture des événements marquants de chaque équipe/personnage – dans un univers de poche. Avec un concept tiré par les cheveux, cette erreur faisait de toute façon partie de la continuité.

Dark Nights : Death Metal, la noirceur pour un avenir meilleur ?

Et c’est ici que nous nous trouvons avec Death Metal de Scott Snyder. Des concepts à foison, sortis de nulle part, avec un semblant de cohérence lié par le fait qu’il n’y ait justement aucune cohérence dans cette version de l’univers DC qui se veut canonique. Et c’est dans un total détachement que le duo Snyder/Capullo sont en train de redonner du sens à l’univers DC. A partir de quelques bouts de ficelles. Car voilà l’un des grands talents de Scott Snyder : créer l’illusion de sens entre deux éléments sans aucun rapport. Peu importe la qualité ou la valeur de cet événement tant qu’il nous amène à cette ligne d’arrivée qui n’est autre qu’un retour à réhabilitation de cet univers DC qui était si riche autrefois.

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Cependant, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tuée. Si cette illustration de Gary Frank laisse présager, effectivement, un retour vers un univers classique et radieux, il s’agit également d’un style et d’un esprit associé à l’artiste. Mais les indices sont tout de même bien présents. Le retour de Mark Waid laisse également présager un univers plus lumineux. Ce scénariste qui a signé les grandes heures de Flash dans les années 90 a été rédacteur dans divers fanzines. Très touché par l’aura des héros colorés des années 60 et 70, il avait arrêté de lire des comics à partir des années 80, la faute à un pessimisme s’étant emparé des personnages.

Ce renouveau n’aura peut-être pas lieu. Mais les indices sont là et l’espoir se propage (à nouveau). Ce qui est certain, en revanche, c’est que ce retour est nécessaire. Il serait temps pour DC Comics de prendre un nouvel élan. Espérons que ces nombreux changements et réajustements au sein de la direction porteront leurs fruits et sauront redonner à l’univers DC la stabilité recherchée. Quoi qu’il arrive, Stay Tunned on DC Planet !

3 COMMENTS

  1. Visiblement ce tryptique (possiblement encore incomplet) de G.Frank serait issu de la série Générations, il avait à l’époque posté un morceau de la couverture du numéro 1 et ça correspond bien à la couverture de Wonder Woman et la JSA,
    Puis on peut voir tout à droite un bout de cape
    Donc on peut espérer qu’en janvier une ou deux variantes viennent se rajouter (Et ainsi recycler les couvertures de Generations, tout en lâchant quelques designs ce qui ferait un peu de chiffre pour DC (dans un monde utopiste))

  2. J’allais faire la même remarque, c’est surtout du recyclage mais comme on le dit sur le forum ces variants peuvent faire sens puisque Death Metal se veux comme une célébration du DCU. Après ça serait con de n’avoir que 3 des 5 covers qui devaient être prévues. X)

    En tout cas même si après Death Metal on aura surement une relance de l’univers je ne sais pas si l’univers retrouvera une stabilité. En général depuis les années 2000 je trouve que DC à du mal à trouver une stabilité, ça ne date pas des New 52 pour moi. Rien qu’avant Flashpoint tous les titres de DC n’étaient pas égaux et étaient de qualité discutable (Pour bcp c’était cry for justice)

  3. Du coup j’ai cherché un peu et le coloriste de ces couvertures à bien indiqué avec un “Stay tuned !” qu’au moins une couverture viendrait se rajouter, ce qui permet aussi d’imaginer que même après son numéro #7 Death Metal aura encore droit à un ou plusieurs one-shot

    Entièrement d’accord après ils ont pas l’air d’envisager un relaunch général pour le moment, mais s’ils se souviennent de la variété de personnages qu’ils ont, ce serait déjà un pas en avant, puis le retour de titre anthologique (ou de back-up)
    Et s’ils font évoluer les personnages et leur environnement/acolytes ça peut aussi combler un relaunch je pense, et j’espère

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