Les années passent, les séries CW restent, et le bilan annuel se maintient. Cette saison 2019-2020 fut particulière à plus d’un titre. Tout d’abord, parce que les séries avaient dans leur première mi-saison la mission de construire Crisis on Infinite Earths, puis de traiter les conséquences du crossover dans la seconde mi-saison. Enfin, la plupart prennent fin d’une façon un peu particulière suite à la crise du coronavirus, qui a empêché certaines d’entres elles de se conclure tel que prévu.

Dans cet article, il ne sera question que de quatre séries (sur six au total) : The Flash, Supergirl, Legends of Tomorrow et Black Lightning. Pour ce qui est de Arrow, je ne reviendrais pas sur le sujet puisque chaque épisode de cette ultime saison a fait l’objet d’une review individuelle. Quant à Batwoman, la série signant sa toute première saison, il sera question d’un article lui étant entièrement consacré.


Supergirl – Saison 5

Bilan des séries CW 2019/2020 : Supergirl Saison 5

De plus en plus, Supergirl se veut être une série engagée en s’attaquant à des sujets sociétaux. Ayant déjà traité du racisme en long, en large et en travers, les showrunners ont décidé cette année de faire leur saison “Black Mirror” (de leur aveu même), c’est-à-dire une critique de la technique. Seulement, les talents d’écriture ne sont pas les mêmes chez Supergirl, qui n’est pas vraiment connue pour sa subtilité. À travers une intrigue inintéressante au possible, la série nous sert un discours moralisateur, réactionnaire et unilatéral. Quand Melissa Benoist disait maintenant savoir ce qu’elle voulait incarner à travers son personnage, il est peu probable que ce soit une “boomer”. Et pourtant.

Bien que Supergirl soit la série qui se serve le plus des répercussions de Crisis, le crossover semble bien davantage l’handicaper. Alors que l’héroïne se rapprochait dangereusement de la victoire avant l’événement, celui-ci a provoqué un certain retour en arrière. Bien que l’idée aurait pu se montrer intéressante narrativement, seul un sentiment de redondance et de désintérêt renforcé s’en dégage. La faute à un manque d’effort investi dans Leviathan, voulu comme une organisation secrète ultime, et finalement ridiculement faible. Même le retour de Lex Luthor n’y peut rien, le personnage étant utilisé d’une façon bien trop similaire à la saison dernière, la surprise et l’efficacité en moins. De façon générale, c’est l’ensemble du casting qui semble perdre en saveur, noyé au milieu d’intrigues sentimentales inutiles et mal écrites.

Melissa Benoist étant enceinte, on sait que Supergirl ne reviendra pas à la reprise des séries CW en janvier 2021, mais encore plus tard. Espérons que cette pause forcée soit bénéfique à la série.


The Flash – Saison 6

Bilan des séries CW 2019/2020 : The Flash Saison 6

Pour cette nouvelle saison, The Flash bénéficie d’un nouveau showrunner : Eric Wallace. Si un changement pourrait être bienvenu dans un show qui tend à faire du sur-place, le nouveau venu n’est pas vraiment un gage de qualité puisque c’est à lui que nous devons l’épisode “Run Iris, run“. On ne sait pas comment ni pourquoi, mais quelqu’un chez la CW semble s’être dit qu’il s’agissait là d’une bonne idée que de le promouvoir au rang de manitou.

À l’image dudit épisode, le grand projet de Wallace est de mettre en avant Iris West au même titre que Barry Allen. Pour cela, le showrunner choisit de la développer individuellement en tant que journaliste à part entière, quitte à réduire de façon significative le temps d’écran de Grant Gustin (qui est censé être le héros). Pour bien faire les choses, une équipe de “journalistes” se construit autour d’Iris, qui enverra balader Barry à plusieurs reprises pour marquer son indépendance. La présence du héros se voit si diluée au milieu d’un casting plus étendu que jamais que l’on en vient à se demander si l’on regarde toujours The Flash, d’autant plus quand ses pouvoirs lui sont également retirés. Au final, on en vient principalement à regarder successivement des échanges entre personnages qui s’apitoient sur leur sort. Un vrai plaisir.

On ne comptera pas non plus sur les différentes menaces de la saison pour nous tenir en haleine puisque Wallace s’est également mis en tête d’adapter des personnages encore très récents. En plus de manquer de matière sur laquelle se baser, les vilains choisis sont déjà initialement inintéressants et n’iront pas en s’arrangeant ici. Le showrunner tente pourtant de proposer des approches “originales”, mais sans jamais parvenir à convaincre réellement. On pensera notamment à Mirror Master, dont la construction semblait intéressante à première vue, jusqu’à ce que son introduction s’étire bien trop en longueur jusqu’à provoquer l’ennui. Cette capacité à prendre son temps porte tout de même parfois ses fruits, notamment lors d’une jolie séquence émotion entre Barry et Iris. Il en faudra bien plus pour sauver The Flash, qui s’écarte de plus en plus de son chemin.


Legends of Tomorrow – Saison 5

Bilan des séries CW 2019/2020 : Legends of Tomorrow Saison 5

Depuis la saison passée, Legends of Tomorrow semble avoir trouvé et adopté un rythme de croisière. Les adeptes de la formule passeront alors forcément un bon moment, la série restant toujours aussi divertissante et facile à suivre. Tout en conservant un fond de voyage temporel, le showrunner Phil Klemmer profite à nouveau de la présence de John Constantine pour broder une intrigue mystique. Les enjeux sont d’autant plus personnels puisqu’il est mis face à son échec originel, Astra Logue, permettant de boucler l’intrigue lancée dès sa série solo sur NBC. Au fur et à mesure, l’exorciste quittera son statut de solitaire pour s’intégrer davantage aux Legends, mais tout en conservant son charme.

Comme d’habitude, de “nouvelles” têtes font leur arrivée à l’instar de Behrad, le “remplaçant” de Zari. Là où Legends réussit son coup, c’est en misant sur une absence totale d’introduction pour le personnage, qui donne véritablement l’impression de toujours avoir été là. Assez rapidement se rajoutera une nouvelle version de Zari, bien plus superficielle que la précédente. Malgré une écriture un peu trop clichée du personnage, son interprète Tala Ashe parvient tout de même à créer une certaine empathie pour cette Zari 2.0, qui n’arrive malheureusement pas au niveau de l’originale. Finalement, c’est Charlie qui rythme l’ensemble de cette saison puisque la grande menace sera intrinsèquement liée à sa véritable identité. Une belle idée jamais exploitée à la mesure de son potentiel, Klemmer considérant presque les antagonistes de la série comme des boulets.

En réalité, Legends of Tomorrow commence à atteindre ses limites. Quand on s’émerveillait de l’audace, presque de l’insolence, dont elle faisait preuve précédemment, tout est maintenant attendu, sans surprise. La véritable question devient simplement “Comment les scénaristes arriveront à repousser la frontière de l’absurde ?”. Dans le fond, tout commence à bien trop se ressembler, à se répéter saison après saison. Legends of Tomorrow est une sitcom qui ne cherche pas à s’émanciper de ses confortables habitudes, ni à approfondir son potentiel ou éviter les lieux communs.


Black Lightning – Saison 3

Bilan des séries CW 2019/2020 : Black Lightning Saison 3

Cette année, difficile d’être aussi encenseur que lors des précédentes. Pourtant, cette saison de Black Lightning commençait très bien puisqu’elle proposait un tout nouveau statu-quo ambitieux : la guerre fait rage entre la Markovie et l’A.S.A. Au milieu du conflit, Freeland se retrouve en quarantaine. Tous les repères sont chamboulés. Une telle audace, c’est assez rare dans les séries CW, et c’est surtout ce dont la série commençait à avoir besoin. Malheureusement l’illusion s’effrite assez rapidement et nous comprenons alors que Black Lightning n’a pas l’intention de bousculer ses habitudes.

Cette saison, comme chaque saison, il est encore question des “pod kids”, de l’A.S.A, de Tobias Whale… Au bout de trois saisons, ça commence à lasser. Ces éléments qui étaient autant de qualité au début de la série se retrouvent être des boulets dont on aimerait se débarrasser pour aller de l’avant. La mort ne saurait nous en épargner, les défunts revenant presque systématiquement de l’au-delà, même s’il s’agit de personnages osef au possible. Quelques nouveaux visages s’ajoutent bien au casting, mais sans que l’on ne développe un réel intérêt à leur égard tant ils semblent tous forgés dans le même moule (et pas un bon). Le meilleur exemple se trouve en Geo-Force, ce personnage emblématique de la Markovie, qui devient ici un jeune noir de Freeland.

Si cet affrontement contre la Markovie semblait aussi aguicheur, c’est notamment parce qu’il aurait du permettre de voir plus loin, plus grand. Pourtant, les Markoviens ne sont étrangement que peu présents, c’est une menace fantôme. Le réel antagoniste se trouve être l’A.S.A, de retour pour vous jouer un mauvais tour. En ce sens, Black Lightning évite le conflit manichéen qui verrait simplement s’opposer l’Occident et l’Orient, et propose en échange une histoire de résistance contre un gouvernement qui dit les protéger pour mieux les manipuler. Seulement, c’est redondant, c’est mou, ça tire en longueur, et ça ne raconte pas grand chose. Les enjeux manquent à nouveau cruellement, et comme d’habitude, les antagonistes ne trouvent bien trop aisément vaincus.

NB : Bien que Black Lightning soit la série la plus déconnectée de l’Arrowverse, c’est pourtant elle qui a su le mieux profiter du prélude du crossover Crisis on Infinite Earths pour faire progresser le personnage de Jennifer. A contrario, c’est dans cette série que les ramifications de Crisis sont les moins bien gérées. En effet, dans un récit où il est question de course aux méta-humains, ignorer la présence de centaines d’entre eux ailleurs dans le monde relève de la paresse scénaristique.

2 Commentaires

  1. C’est que Black Lightning oublie vite la crise. Mais normalement il n’y a de méta humains qu’à central city, les atlantes doivent être sous protection diplomatique comme les aliens, ne reste que la volonté du gouvernement de garder la main mise sur un projet développé sous leur tutelle… Il est vrai que ces arguments auraient pu être mentionné au détour de l’un ou l’autre dialogue. En plus ils mentionnent Gotham a plusieurs reprises …

  2. Outre les méta-humains de Central City (et on sait qu’il y en a ailleurs), il y a également les aliens de National City. En soi, c’est normal que la série se concentre sur ses atouts et pas ceux des autres, mais quand tu t’insères dans un univers partagé, il faut un minimum coexister. Surtout quand l’enjeu se veut international. Là, en soi, y’a rien qui n’a changé, mis à part le petit tour à Gotham, en effet…

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