On se retrouve comme chaque semaine pour les Highlights, le bilan de nos lectures hebdomadaires chez DC Comics, avec en l’occurrence les sorties du 7 juillet 2020 après une petite pause des publications d’une semaine.

LES COUPS DE CŒUR

Highlights de la semaine #86 (Rebirth) 1

Lois Lane #12

Collection : Rebirth

Scénario : Greg Rucka

Dessins : Mike Perkins

Plus que le numéro en lui-même, qui est plus posé et se concentre sur un message sur ce qu’est la vérité, c’est pour la série entière que Lois Lane finit dans les coups de cœur. Une vraie enquête journalistique, avec une certaine tension et des héroïnes très fortes, des dessins posant une ambiance polar inquiétante et une vraie introspection de Lois sur son travail de reporter : tout ça fait de ce récit l’un des meilleurs qu’a proposé DC cette année.

Les derniers numéros perdaient en rythme et abandonnaient son ton gritty pour expliquer un concept lié au Multiverse qui pourrait surtout être important pour une autre histoire que pour celle-ci. La série souffrait aussi des coupures pour se relier au Superman de Bendis, qui changeait le statu quo tous les 3 mois. Mais on reste une écriture très efficace des personnages féminins, avec une grande Lois Lane et une grande Renee Montoya, et un duo devenu immanquable.

– Sledgy7

LES VALEURS SURES

Highlights de la semaine #86 (Rebirth) 2

Doom Patrol : Weight of the Worlds #7

Collection : Young Animal

Scénario : Gerard Way, Jeremy Lambert

Dessins : Nick Derington

Doom Patrol est de retour pour un dernier numéro de Weight of the Worlds, dont la date de sortie a été constamment reculée depuis son annonce initiale. C’est donc un épisode indispensable, d’autant plus qu’il marque le retour de Nick Derington aux dessins, après une belle salve d’artiste sur chacun des numéros de la série. Néanmoins, je ne peux m’empêcher d’exprimer une certaine déception face à ce final.

Premièrement, parce que ce numéro arrive avec des mois de retard, et ce malgré la crise sanitaire qui n’a pas vraiment entravé les plans de publication de ce numéro 7. L’attente fut longue pour un final plutôt chouette, mais quand même un peu générique. On regrettera que ni Gerard Way, ni Jeremy Lambert ou encore Nick Derington ne sachent tenir leurs retards dans des délais raisonnables. On regrettera également toujours la caractérisation un peu fade de Jane, qui a toujours ressemblé sous la plume de Way à une version terne de l’originale. De ce final, on en sort avec l’impression que beaucoup plus de choses étaient prévues à l’origine, mais faute de combattant, il a fallu finir rapidement une série qui aurait pu être plus marquante.

Néanmoins, il reste pas mal de belles choses dans ce numéro, suffisamment pour l’apprécier dignement malgré tout. C’est d’abord un plaisir de redécouvrir Derington aux dessins de la patrouille, même si certaines planches sont un peu moins travaillées que d’habitude au dessin comme à l’encrage. L’équipe reste toujours aussi attachante, et le propos de fond sur la souffrance et son acceptation reste puissant et pertinent. Accessoirement, c’est toujours un peu génial lorsque Mento est présenté comme le couillon de service qu’il est. Même si j’ai beaucoup apprécié cette nouvelle série Doom Patrol, on espère maintenant que si suite il y a, elle sera confiée à d’autres auteurs tout aussi talentueux, mais qui sauront un peu mieux respecter leurs deadlines.

– myplasticbus

Highlights de la semaine #86 (Rebirth) 3

Justice League #48

Collection : Rebirth

Scénario : Simon Spurrier

Dessins : Aaron Lopresti

On a souvent reproché aux super-héros, notamment les ténors de la Justice League, d’être des tenants du statu quo. Et il y a une part de vérité là-dedans. Après tout, c’est le propre des comics de super-héros de présenter une crise face à laquelle le héros surgit pour revenir à la situation initiale. Il y a un côté rassurant là-dedans, presque cathartique. Pour son diptyque sur Justice League, Simon Spurrier attaque de front cette dimension des héros considérés comme des figures d’autorité qui viennent rétablir le droit.

En pleine quête dans l’espace, les héros se retrouvent donc heurtés à des questions politiques, où se pose pour eux la question d’intervenir ou non dans les affaires d’une autre planète. C’est une réflexion intéressante que le scénariste britannique nous offre sur la question de l’ingérence dans les affaires d’un autre peuple. Wonder Woman (bien mise en valeur) y représente le parti de la non-intervention, tandis que Superman se place dans le camp inverse, divisant la League sur cette question. On appréciera ici la mise en valeur d’un réel travail d’équipe complémentaire, où chacun porte son rôle. Une réalité rarement bien représentée dans les comics d’équipe…

On appréciera également le questionnement politique, assez intelligent, bien que manquant d’un peu de subtilité. La faute au peu d’espace que DC offre à Spurrier pour développer son histoire, qui devra se résumer en 2 numéros alors qu’elle aurait très bien pu s’épanouir de manière beaucoup plus intéressante sur tout un arc plus ambitieux, fin et complexe. On regrettera aussi les dessins assez fades de Lopresti, qui malgré un charme un peu old-school, ne sont pas à la hauteur du scénario et de ses enjeux. Mais au moins, l’histoire est intéressante et pas mauvaise… sur Justice League, ces jours-ci, c’est déjà beaucoup !

– myplasticbus

Highlights de la semaine #86 (Rebirth) 4

DCeased : Dead Planet #1

Collection : Rebirth

Scénario : Tom Taylor

Dessins : Trevor Hairsine

Ça y est ! C’est reparti. Après deux séries spin-off très moyennes (DCeased Unkillables et Dceased Hope at World’s End), Tom Taylor et Trevor Hairsine semblent enfin revenir sur le droit chemin avec cette suite. Cinq ans après les événements de la série originale, les survivants se sont réfugiés sur une nouvelle planète et une nouvelle Justice League s’est reformée. C’est d’ailleurs l’un des grands points forts de ce numéro. La magie opère en voyant nos Super Sons préférés reprendre le flambeau (et le costume) de leur père respectif, tout en gardant leur tempérament et la relation tumultueuse qu’on leur connaît. La parfaite représentation de la 5G à mon avis.

Parallèlement, le couple formé par Dinah et Oliver fonctionne très bien également. L’inversion des rôles habituels de l’homme fort et de la femme en détresse est très appréciable. L’histoire, quant à elle, manque très clairement d’originalité. Taylor veut absolument que ses personnages retournent sur Terre et ça se ressent. Cependant, les facilités scénaristiques sont gommées par la mise en scène toujours aussi efficace et les enjeux amenés en fin de numéro qui posent les bases d’une toute nouvelle aventure dans ce monde zombifié. Ce premier numéro est donc une réussite et nous promet de grandes choses pour les mois à venir.

– Justafrogg

LES DECEPTIONS

Highlights de la semaine #86 (Rebirth) 5

Superman #23

Collection : Rebirth

Scénario : Brian M Bendis

Dessins : Kevin Maguire

Après 22 numéros plus ou moins bons, Bendis fait ici le bilan de tout ce qui s’est passé durant son run à travers la bouche de Superman pour essayer de placer ces événements en cohérence avec la psychologie du héros. On appréciera ou non l’introspection de l’homme d’acier face à Doctor Fate. Malheureusement, pour moi, cela ne fait que révéler d’autant plus le peu de logique intérieure de son run, qui part d’événements en événements sans véritable lien ni cohérence.

On se retrouve donc face à un numéro encore une fois très bavard, où tout le monde partage le même sens de l’humour bendisien et s’exprime peu ou prou pareil. Une seule exception peut-être : le vilain de ce nouvel arc, qui ne s’exprime pas comme un personnage de Bendis ! Cela pourrait être une bénédiction si ce dernier n’était pas un monstre magique des plus génériques, aux dialogues les plus plats possibles. Kevin Maguire fait comme d’habitude un travail correct, avec toute l’expressivité qu’on lui connaît. Sur le papier, le dessinateur et le scénariste sont parfaits pour travailler ensemble, tant Maguire infuse son trait d’un certain humour à travers les regards. Néanmoins, ici, cela ne fait que renforcer l’aspect un peu lourd de ce début d’arc.

– myplasticbus

Highlights de la semaine #86 (Rebirth) 6

Young Justice #16

Collection : Rebirth

Scénario : Brian M Bendis, David Walker

Dessins : Scott Godlewski

On ne va pas se mentir, ce n’est toujours pas très bon, mais j’y vois un peu de mieux. Un peu, ce n’est toujours pas ça en soi, mais au moins maintenant je n’ai plus envie de me taper la tête contre les murs, donc yay ? Le nombre de personnage est radicalement réduit dans ce seizième numéro et ça se sent. On a beaucoup moins de dialogues inutiles qui s’étalent sur toutes les pages et on peut enfin développer quelque chose.

Toutefois je ne sais pas où Bendis veut en venir avec ses histoires de continuité, mais on a franchement l’impression que tout cela ne mène jamais à rien et c’est lassant. D’ailleurs, comme avec Jon, Bendis nous refait le coup d’un jeune héros coincé dans une situation particulièrement traumatisante, mais pourquoi pas.

– Claygan

Highlights de la semaine #86 (Rebirth) 7

Batman #94

Collection : Rebirth

Scénario : James Tynion IV

Dessins : Guillem March

James Tynion IV m’a complétement perdu avec son premier arc qui s’achève avec ce numéro. Et pourtant j’aurais adoré l’aimer. Parce qu’il y a des choses très intéressantes. La reconstruction de la ville de Gotham après les événements de City of Bane, le Designer qui promettait une alliance des super-vilains les plus emblématiques du Chevalier Noir, le Joker qui connaît l’identité de Batman, la relation entre Bruce et Selina, la nouvelle acolyte du Joker et sa confrontation avec Harley Quinn… Tout a un potentiel énorme.

Mais STOOOOOP ! C’est beaucoup trop ! En voulant trop en mettre, l’auteur sacrifie beaucoup. Le trop peu de temps accordé à chaque intrigue se ressent sur la caractérisation des personnages et sur la cohérence globale du scénario qui se perd à chaque numéro dans des considérations inutiles. Et ce dernier ne déroge pas à la règle. Batman se découvre soudain des remords pour son comportement depuis la mort d’Alfred. Remords apparemment liés à sa volonté de remodeler Gotham. Sauf que jamais Tynion IV n’a laissé le temps à son personnage de changer quoi que ce soit dans sa ville. Si bien que cela arrive comme un cheveu sur la soupe pour enfoncer encore un peu le clou dans le pied de Bruce.

La surenchère constante nuit vraiment à la compréhension de ce run qu’on est heureux de voir finir. L’espoir d’avoir quelque chose de plus focalisé, plus précis et donc plus développé avec Joker War est grand. Nous verrons tout cela dans une semaine. PS : C’est pas très beau non plus !

– Justafrogg