S’il y a un crossover qui s’est fait remarquer ces dernières années en librairie, c’est bien celui Batman Et les Tortues Ninja. Près de trois ans depuis la sortie du premier tome, Urban comics nous publie le troisième volume de leurs aventures. Et avec la même équipe artistique aux commandes, tout semble bien parti pour faire passer un nouveau bon moment de lecture. Au programme, un crossover encore plus “crossover” que jamais et la menace d’une crise. Attendez, quoi ?!

CHEVALIERS D’ÉCAILLES ET DE KEVLAR

Alors que dans un univers lointain, très lointain, une voix s’élève pour avertir de l’évasion d’un prisonnier, c’est à New Gotham City que le récit commence. Batman, telle une gargouille sur son perchoir, s’apprête à stopper le clan Rictus. Le groupe de criminels est composé de visages bien familiers, à ceci près qu’ils semblent… différents. Ce n’est que lorsque les Tortues Ninja entrent en action que l’on commence à douter de certaines choses. Les personnages réagissent comme si tout leur paraissait normal, mais c’était sans compter l’intervention de James Tynion IV. En effet, l’auteur s’est permis de fusionner les réalités, et de changer les origin stories des personnages.

Suite à cela, on enchaine avec une séquence riche en information où l’on apprend que chaque Tortue est un sidekick de Batman, que la figure paternelle est incarnée par Splinter, ou que la Batcave se situe dans les égouts de la ville. Enfin, les deux dernières pages sont plus que révélatrices avec l’apparition du Raphael original (celui du comics des années 80 en noir et blanc) et de l’antagoniste principal: Le Krangmonitor. Rien que cela devrait vous mettre l’eau à la bouche, sachant que Kevin Eastman, le premier dessinateur des Tortues Ninja, rentre dans la partie.

krangmonitor

Avec ce troisième tome, l’auteur assume complètement le côté Elseworld de ce troisième crossover. Rarement ce terme n’a autant pris tout son sens qu’ici. Les Tortues d’aujourd’hui croisent leur première version, tout comme leurs dessinateurs respectifs. Coup de génie ou tentative expérimentale, l’histoire est très fun à suivre car les explications sont simples mais fonctionnent. Accompagnée du dessinateur Freddie E. Williams I, l’équipe a du s’éclater à avoir carte blanche pour développer le récit. Cela se voit et se ressent. On ne va pas revenir sur les personnages de Batman et des quatre Tortues. Tout a déjà été dit à ce sujet. L’alchimie fait toujours merveille.

Ce qui fait l’originalité, c’est la présence des Tortues Ninja originales et d’un autre Batman également. Avec le contexte d’une crise, vous vous doutiez qu’il allait y avoir un gonflement dans le rang des héros. Cela rappelle beaucoup les crossover des séries animées des années 90-2000: Batman/Superman, Static Choc/Justice League, ou encore Batman Beyond/Zeta. En revanche, la présence des personnages secondaires (April, Splinter, Bepop, Rocksteady…) est assez anecdotique. Ils n’apportent rien de neuf, et ne semblent là que pour montrer leur nouveau visuel.

Batman et les tortues ensemble

CRISIS ON TWO MULTIVERSES

Contrairement aux précédents tomes, Batman Et les Tortues Ninja – Fusion sort en librairie au format DC Deluxe. Alors, pourquoi un tel changement ? D’une part, pour une meilleure qualité du produit, plus grand avec sa couverture rigide. D’autre part, et c’est tout aussi satisfaisant, cela permet de ne plus considérer les Tortues Ninja comme une lecture pour enfants. Enfin ces personnages s’affranchissent de cette image peu flatteuse et qui ne leur rend pas honneur. En tout cas, c’est ce qu’on leur souhaite pour l’avenir.

Depuis les arcs précédents, les TMNT bénéficient d’un traitement très solide comme par exemple dans leur relation fraternelle, leur caractérisation individuelle et les phases d’action. En quelques pages, James Tynion IV fournit une oeuvre sincère et moins artificielle que certaines séries mainstream du même genre (Suicide Squad, Justice League, Hal Jordan and the Green Lantern Corps).

Côté dessin, on retrouve l’habituel Freddie E. Williams II. Une fois de plus, l’artiste fourni un résultat d’excellente facture. On se rend compte du travail et de la passion que le dessinateur met dans ses planches avec les très nombreuses pages bonus en fin de tome. Et bien que ce soit gage de qualité d’avoir gardé le même artiste, on ne peut qu’être ravi de voir le fameux Kevin Eastman à l’oeuvre. L’un des papas des Tortues Ninja a en effet rejoint le projet de ce tome, et s’occupe d’une partie des dessins, dans le style et la colorisation d’autrefois s’il vous plaît !

vintage batman et TMNT

Ce qui au départ paraissait comme un crossover tout juste bon à classer au rayon kids, et accessoirement, à plaire aux nostalgiques des années 80, n’est plus à considérer ainsi. James Tynion IV embrasse complètement son sujet, et a su le faire évoluer encore plus loin que dans les tomes précédents. Les thèmes abordés s’adressent aussi bien aux plus jeunes qu’aux adultes, et Urban Comics l’a enfin compris. Non sans révolutionner le genre, l’oeuvre est un divertissement qui vous fera passer très bon moment de lecture. A savourer devant une pizza, dites-vous ? Pourquoi pas.

TRÈS BON / 10 Notre avis
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Les +
- Le mélange des univers fonctionne toujours autant
- Un changement de format qui traduit d'une meilleure considération pour les TMNT
- Une histoire qui rappelle le style des crossovers des séries animées de l'époque
- Crossover d'artistes entre Freddie E.Williams II et Kevin Eastman
Les -
- Du fan service qui met en retrait plusieurs personnages
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Fish talker
Appartenant à l’ordre de la Crevette Pistolet, cet individu s’est aventuré dans le territoire de (Télé)Taz pour chasser tous les épisodes de Batman de l’époque. Il est resté sur ce territoire car suivre chaque semaine les aventures du Boyscout en collant bleu/slip rouge ou de la bande des Super Meilleurs Potes étaient des challenges. Grand cinéphile, bouffeur de série à ses heures perdues, il est devenu un lecteur de DC dont il souhaite propager le bonne parole. Il a pour projet secret de développer une escape game mais chhhhut. Il ne fallait pas le dire… Pas encore…

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