Batman Universe est un comics très particulier. A l’été 2018, DC Comics décide de s’ouvrir à un public plus large en proposant une gamme d’ouvrages destinés exclusivement à être vendu par Walmart, la plus importante chaine de grande distribution aux États-Unis. Dans ces comics étaient regroupés plusieurs histoires déjà publiés précédemment par DC ainsi que plusieurs récits inédits dont fait partie Batman Universe.

DC ne fait pas les choses à moitié et confie ce projet au très réputé Brian Michael Bendis, fraîchement arrivé chez l’éditeur, et au dessinateur Nick Derington, très apprécié des connaisseurs. Penchons-nous donc sur cette œuvre vraiment spéciale.

Une brève histoire du temps

Du fait des circonstances de publication, Batman Universe est un comics censé plaire et attirer un maximum de nouveaux lecteurs chez l’éditeur. De ce fait, Bendis aurait très bien pu se contenter d’un scénario classique, avec apparition des personnages les plus célèbres (Coucou Harley Quinn et Joker !) et repomper toute la mythologie du Chevalier Noir. Cependant il n’en est rien. Au contraire, l’auteur semble vouloir faire vivre au lecteur un voyage complet et initiatique à travers l’univers DC entier. C’est osé. Et ça fonctionne.

La trame globale est assez simple. Le Sphinx dérobe un œuf de Fabergé dans un musée de Gotham et Batman va devoir enquêter sur cette disparition. Mais tout cela part très vite en grand n’importe quoi. Bendis s’éloigne au fil des numéros de l’univers bien connu de Batman et viens distiller progressivement des personnages, des lieux, des éléments appartenant à d’autres pans de la mythologie DC. Une accumulation qui ne semble être là que pour faire joli, sans but réel ni justification. À ce moment, il est très facile de douter. Bendis nous a récemment habitué à trop de grandiloquence non maîtrisée. Et le fait que rien n’est expliqué dans la première moitié du récit favorise largement cette appréhension.

Batman Universe

Cependant, on se rend vite compte que Bendis maîtrise son sujet. Chaque chose est disséminée soigneusement dans cet ouvrage et sert le scénario qui se révèle profond et intelligent. Plus que cela, le scénariste propose aux lecteurs de découvrir des fragments très peu connus de l’univers DC, dans différents lieux de la Terre, de l’univers, à travers le temps. Des plaines du Far-West à la planète Thanagar, de Gorilla City à l’intérieur d’un anneau de pouvoir.

Chacun de ces lieux, chacune de ces ambiances sont très bien représentées par la mise en page de Derington, souvent classique dans la forme mais qui met ainsi en avant plusieurs fulgurances très bien pensées. Ses dessins, plutôt cartoony sans pour autant être simplistes, permettent une lecture agréable et sont sublimés par les couleurs de Dave Stewart.

Human after all

Habituellement, cette accumulation de décors et de personnages, à l’apparition très brève, comme pour dire « Vous avez vu il y a Green Arrow ! Et vous avez vu il y a Jonah Hex aussi ! Et là c’est Green Lantern ! Vous avez bien vu hein ! », ça m’ennuie très fortement. Les scénaristes de Batman Universe utilisent souvent cette technique pour combler un manque profond d’écriture. Tout cela se fait, de plus, au détriment de la caractérisation des personnages qui deviennent bien plus des vitrines très vides que de réels protagonistes. Bendis rentre quelque peu dans cet écueil avec certains personnages. On peut prendre l’exemple flagrant de Jinny Hex qui ne sert strictement à rien si ce n’est faire l’auto-promo d’un autre titre de l’auteur, Young Justice.

Batman Universe

Cependant la très grande majorité des personnages échappe à cela. Mieux encore, ils disposent d’une caractérisation peu commune dans les comic-books de super-héros actuels : ils sont profondément humains. Chaque décision prise par les protagonistes, chaque geste, chaque événement est motivé par une réaction ou un sentiment humain. On se retrouve donc avec des héros soumis à des obligations diplomatiques, des vilains pathétiques, des justiciers qui font la causette. Tout cela rend les personnages bien plus attachants et l’on peut s’y identifier bien plus facilement. Les dialogues de Bendis sont d’ailleurs très bons du début à la fin, parfois drôles, parfois tristes, très souvent touchants.

L’emphase est faite sur les relations entre Batman et les autres protagonistes tout au long du récit avec une petite particularité pour chacun d’eux. On retrouve en fil rouge la relation entre Bruce et Alfred qui est à la fois très amusante et émouvante.

Avec Batman Universe, Brian Michael Bendis et Nick Derington signent ici une histoire pleine de rebondissement qui emmène le Chevalier Noir à la rencontre de l’univers DC. Loin de se cantonner aux bases, ils nous offrent un voyage à travers l’espace et le temps où chacun, lecteur confirmé ou débutant, pourra y trouver son compte. De plus, les personnages, et principalement Batman, offrent quasiment tous une vision intéressante du héros ou vilain concerné et contribuent à former une histoire cohérente de bout en bout. Un véritable hommage au Chevalier Noir et à l’ensemble de l’univers DC.

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Les +
- Un voyage à travers tout l'univers DC
- Bendis sait toujours écrire des dialogues pertinents
- Les pleines-pages de Derington
Les -
- Quelques personnages inutiles
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