Introduction

1. Mort et renaissance d’une franchise

2. J.J. Abrams : personnification du projet

3. Anatomie d’un révisionnisme

4. Développement et premiers problèmes

5. La phase de casting

6. Crépuscule du premier vol

7. De Flyby à Returns

6. Crépuscule du premier vol

Comment un projet à l’élaboration si poussée a-t-il pu alors s’écrouler en un temps aussi rapide ? En effet, le 12 juillet 2004, le Hollywood Reporter annonçait officiellement le départ de McG de la réalisation, accompagnant le tout d’un commentaire du principal intéressé. Pourtant, le 9 juin, le quotidien australien The Age annonçait que le tournage aurait lieu aux studios Fox de Sydney, confirmant au passage que Depp avait été contacté et que Cavill avait la préférence du metteur en scène. La pré-production était par ailleurs à son paroxysme puisqu’en mai, Variety rapportait que Kim Libreri (Matrix Reloaded, Super 8) avait été engagé pour superviser les effets spéciaux, tandis que le costume de Superman avait été conçu à la taille de Cavill pour les auditions filmées.

En réalité, un problème continu traversait le développement du film : le coût d’une telle entreprise. Dès février 2004, Mark Millar rapportait le budget astronomique de la production, entre ce qu’avait coûté par le passé Superman Lives (la somme de 98 millions de dollars était avancée par Le Parisien en 1998) et ce que représenterait l’embauche d’un casting aussi cher que celui de McG. On peut alors supposer que Downey Jr. ait été une perspective plus intéressante pour WB que Depp car beaucoup moins onéreux. Millar avançait ainsi que le studio estimerait qu’à sa sortie, le film coûterait près de 300 millions de dollars. C’est dans ce désir de réduction des frais que Warner choisit Sydney pour héberger le tournage, plus abordables que ceux hollywoodiens.

Dossier - Retour sur Superman Flyby 1
(A gauche : concept art de la prison de Jor-El, à droite : story-board de la bataille finale à Metropolis)

D’un point de vue commercial, l’entreprise Superman Flyby était donc folle : sans jamais donner son feu vert faute d’un budget définitif, le studio avait déjà tout prévu pour un tournage imminent. La sauvetage d’Air Force One fit par exemple l’objet d’un important travail de préparation, comme si le projet avait été validé. Plusieurs dizaines de millions de dollars furent alors dépensés en parallèle d’une volonté de contenir les dépenses. La situation aurait pu se poursuivre pendant des mois supplémentaires si McG n’avait pas quitté le navire. C’est dans ce contexte qu’en avril 2004, le réalisateur fait une présentation extrêmement détaillée aux exécutifs de la Warner dans l’espoir d’arracher un feu vert. Sont alors présentés des concept art, des maquettes, les auditions filmées. McG réitérera à cette occasion son souhait de voir Cavill en Superman. Si la présentation fut semble-t-il bien accueillie, le feu vert ne fut pas donné faute d’un budget suffisamment limité.

Officiellement, le départ de McG se fit à cause du choix d’un tournage à Sydney. Au fil des années, le réalisateur donna deux justifications pour sa démission. La première, faite lors de l’annonce en 2004, est la suivante : le metteur en scène voulait saisir l’atmosphère d’une ville étasunienne pour représenter Metropolis et ne s’imaginait pas utiliser une métropole étrangère pour cela, accusant le studio de vouloir réduire les coûts à tout prix, quitte à perdre l’âme américaine du personnage. De façon postérieure, le réalisateur eut une justification plus mesurée, se rejetant le blâme sur lui-même, expliquant avoir peur des vols en avion et s’imaginant mal dans ce cas faire des allers-retours constants entre Los Angeles et Sydney dans le cadre de la production du long-métrage. Pour un film sous-titré Flyby (c’est-à-dire « survol »), la situation est aussi cocasse qu’ironique.

Dossier - Retour sur Superman Flyby 2
(Divers travaux préparatoires autour du sauvetage d’Air Force One, entre story boards et concept art)

Comment alors démêler le vrai du faux ? Comme souvent, la vérité est entre les deux justifications et la phobie de McG se mêlait à sa désapprobation des coupures budgétaires du studio. Dès juin, le metteur en scène se montrait déjà incertain de l’avancée du projet et était incapable d’en parler. Les rumeurs parlaient à l’époque de l’embauche de Josh Schwartz, créateur de la série The OC, pour écrire une nouvelle version du scénario, censée être moins coûteuse que celles d’Abrams, tout en lui empruntant les nombreux éléments ayant déjà été élaborés dans le cadre de la pré-production. Si Schwartz n’a jamais été confirmé sur le projet, la logique de picorer à droite à gauche des séquences d’Abrams déjà prêtes au tournage tout en réécrivant le reste est bien ce qui a motivé les derniers jours de Superman Flyby, avant comme après le départ de McG.

Le départ de McG a le mérite de mettre un terme à la situation qui durait depuis plusieurs mois. C’est dans ce contexte qu’Abrams tente sa chance et propose de remplacer le démissionnaire. Pourtant, WB n’est pas à la recherche d’un nouveau réalisateur, le studio l’a d’ores et déjà trouvé. Le 9 juillet, trois jours avant l’annonce de McG, IGN rapportait qu’Alan Horn avait rencontré Bryan Singer, le metteur en scène auréolé du succès d’Usual Suspects et des deux premiers X-Men. Si Horn lui propose d’abord de reprendre la réalisation de Flyby, Singer est venu avec propres idées bien définies et ne souhaite pas un reboot. Avec le départ de McG, il est immédiatement engagé.

1 COMMENTAIRE

  1. Je ne savais pas que Matt Bomer avait été pressenti un temps pour faire Superman, mais ça ne m’étonne pas car je me suis fait la réflexion, en le voyant dans DOOM PATROL, qu’il ressemble beaucoup à Henry Cavill (la musculaire en moins) et qu’il a le visage parfait pour interpréter l’homme d’acier.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.