Introduction

1. Mort et renaissance d’une franchise

2. J.J. Abrams : personnification du projet

3. Anatomie d’un révisionnisme

4. Développement et premiers problèmes

5. La phase de casting

6. Crépuscule du premier vol

7. De Flyby à Returns

1. Mort et Renaissance d’une franchise

En ce début de XXIe siècle, Superman est absent du grand écran depuis plus d’une décennie. Alors qu’une succession de réalisateurs et scénaristes ont tenté de ressusciter la franchise, celle-ci est aussi morte que son héros dans The Death of Superman, l’arc qui était au cœur du célèbre Superman Lives, associé à Tim Burton et Nicolas Cage. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le projet n’est pas directement abandonné après le départ du duo en 1998 et continue de végéter. En 2000, une nouvelle version du scénario est rendue à la Warner, signée de la plume de William Wisher, auteur de Terminator 2 et Judge Dredd. L’intérêt du studio est renouvelé grâce à cette énième mouture, vue par les exécutifs comme une base solide pour des réécritures. Ramené à la vie, le projet est proposé à Oliver Stone qui manifeste une certaine curiosité, sans aller plus loin.

Représentatif de son époque, ce scénario surfe sur le succès du Matrix des Wachowski, avec un Superman champion d’une prophétie affrontant des hommes de main aux lunettes de soleil au service d’un Lex Luthor obnubilé par internet. Loin de se limiter à une simple adaptation de The Death of Superman, Wisher imagine son héros comme le prince héritier de Krypton, devant réunir une diaspora kryptonienne dispersée à travers le cosmos dans d’hypothétiques suites. Autant d’éléments qui plaisent à la Warner qui y voit une manière de rendre pertinent auprès d’un public jeune un personnage qui pourrait sembler daté. Vingt ans après, c’est ce même discours qui revient dans l’article de Variety pour expliquer la perpétuelle indécision du studio à l’égard de la licence. Pour l’heure, la copie de Wisher est cependant mise de côté, malgré ses nouvelles idées.

Dossier - Retour sur Superman Flyby 1
Deux extraits du script de William Wisher (en médaillon)

En effet, Superman Lives apparaît désormais anachronique dans le paysage hollywoodien. Depuis son lancement, le genre super-héroïque a eu le temps de mourir puis d’être ramené à la vie grâce aux super-héros Marvel qui envahissent chaque été les cinémas : Blade en 1998, X-Men en 2000, et le prochain Spider-Man, prévu pour 2002. Si le studio veut continuer d’être un acteur majeur, il lui est impératif d’agir face à cette nouvelle vague. Pour des raisons contractuelles, c’est Jon Peters qui est à l’époque plus ou moins le détenteur des droits de Superman sur grand écran ; Warner, propriétaire de DC Comics, doit donc composer avec lui. Si Peters avait été à l’origine de Superman Lives, WB, sous la direction de son nouveau président Alan Horn, souhaite qu’il en soit autrement pour le futur. Le script de Wisher offre l’opportunité de dépasser ce projet moribond.

Entre 2000 et 2002, le studio s’ouvre à de nombreux propositions autour de mêmes projets, les mettant en concurrence afin de pousser la productivité des différentes équipes engagées. Dans un article de juillet 2002 publié dans Variety (« WB: fewer pix, more punch »), la journaliste Dana Harris revient sur cette stratégie. Elle y explique que la présidence Horne sera synonyme d’une diminution des productions Warner, mais que celles-ci se voudront de meilleure qualité (entendez par là qu’elles auront été l’aboutissement d’un féroce processus de sélection). C’est dans ce contexte que la presse spécialisée rapporte en octobre 2001 que McG (Charlie’s Angels) est en négociations pour mettre en scène une nouvelle itération cinématographique de l’homme d’acier, alors que, deux mois plus tôt, un crossover réunissant Superman et Batman avait été annoncé !

Concept Art de Superman Flyby
(En arrière-plan : concept art pour Superman: Flyby ; en médaillon : McG)

Depuis le mois d’août 2001 le scénariste Andrew Kevin Walker et le cinéaste Wolfgang Petersen planchent en effet sur Batman vs. Superman, soutenus par quelques exécutifs de WB, menés par Lorenzo di Bonaventura. Ces derniers voient en ce projet la manière idéale de ressusciter simultanément deux franchises. À l’inverse, d’autres représentants du studio expriment des réserves face à cette perspective qui pourrait tout autant être un double-naufrage en cas d’échec. Ce sont eux qui prennent les devants et, de façon concurrentielle, entament les négociations avec McG. Dans cette optique, ils reçoivent l’appui de Peters, persuadé que le dernier fils de Krypton mérite de façon autonome un retour au cinéma. S’ils n’ont aucun scénario à proposer dans l’immédiat au réalisateur, ils sont convaincus qu’il est nécessaire de repenser totalement la saga.

En janvier 2002, la version étasunienne du magazine Première confirme l’embauche de McG, tout comme la poursuite du Batman vs. Superman de Petersen. Les choses s’accélèrent en février avec l’annonce d’un scénariste : J.J. Abrams. Toujours sous la plume de Dana Harris, Variety explique dans cet article titré « WB’s Man of Steel Flexing His Muscles Again » que cette équipe entend remettre les compteurs à zéro en ce qui concerne la franchise. Dans la mesure où McG doit en priorité réaliser un Charlie’s Angels 2 pour Sony, Abrams doit préparer le terrain en amont.

1 COMMENTAIRE

  1. Je ne savais pas que Matt Bomer avait été pressenti un temps pour faire Superman, mais ça ne m’étonne pas car je me suis fait la réflexion, en le voyant dans DOOM PATROL, qu’il ressemble beaucoup à Henry Cavill (la musculaire en moins) et qu’il a le visage parfait pour interpréter l’homme d’acier.

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