Introduction

1. Les fondations (2012)

2.  L’univers se partage (2013-15)

3. Des frontières en mouvement (2014-16)

4. Politisation et Transmédia (2015-17)

5. Les prémices de Crisis (2018)

6. La fin d’une ère (2019-20)

4. Politisation et Transmédia (2017)

Black Lightning : La série politique

En septembre 2016, le site Deadline annonce le développement d’une série Black Lightning par Mara Brok Akil et son mari Salim, s’étant vus proposés le projet par Warner Bros avant d’en tomber amoureux. Mandaté par le studio, Greg Berlanti servira de “parrain” au couple, prodiguant des conseils leur permettant de concrétiser leur vision bien précise. Après un an de développement, les Akil ont finalement choisi de se concentrer sur un Jefferson Pierce ayant déjà raccroché son costume depuis des années. Avant toute chose, le personnage sera un père, un mari, un proviseur, un ami. Un homme qui aime et qui se sent concerné. Malgré tout, il ne sera pas aveugle à la noirceur du monde et choisira de réagir à travers Black Lightning, décrit comme une extension de Jefferson. Le personnage porte en lui seul une dualité similaire à celle qui animait Martin Luther King Jr. et Malcolm X.

En tout point, Black Lightning se veut être une série bien différente des autres du genre, portée avant tout par des valeurs familiales. Plus que Jefferson, ce sont sa femme et ses filles qui agissent pour aider leur communauté. Salim Akil a pour but de créer, envers cette famille, une fierté similaire à celle que les afro-américains ont put ressentir avec les Obama. Les problèmes et thèmes traités ici seront ceux de l’Amérique, universels, mais développés à travers le prisme des spécificités culturelles de la communauté noire. Pour cela, les Akil se basent sur leur propre vécu d’afro-américains, mais se sont également entourés d’une majorité d’auteurs appartenant à cette communauté. Le but : donner une voix noire authentique à la série afin que les spectateurs puissent pleinement s’y retrouver.

Dossier CW - De Arrow à Crisis : L'histoire d'un univers partagé 1
A gauche : Martin Luther King Jr. et Malcolm X / En médaillon : Salim Akil et Mara Brok Akil

Une semaine seulement après l’annonce de ce projet qui sera pitché aux différentes chaînes, c’est la Fox qui décide de commander un pilot. Cinq mois plus tard, en février 2017, la chaîne décide cependant de se séparer de Black Lightning, leur grille étant déjà bien chargée en programmes du genre. Très rapidement, c’est naturellement la CW qui récupère la série et commande un pilote à son tour, sans toutefois utiliser le script initial car écrit pour une autre chaîne. Trois mois plus tard, la chaîne accorde sa pleine confiance à la série pour une première saison.

Pour autant, Black Lightning fera bande à part des autres séries CW, que ce soit par l’absence de crossover ou même par son tournage qui s’opère à Atlanta. Cette séparation est le choix de Salim Akil, qui souhaite que le spectateur ne connaisse pas de distraction et se concentre pleinement sur la découverte de la famille Pierce. Dans ce sens, Black Lightning n’adoptera pas le format du “vilain de la semaine” mais se concentrera quasi uniquement sur Tobias Whale afin de pouvoir le développer en profondeur, le rendre réel, tangible et compréhensible. Ayant grandi parmi des gens considérés comme des “vilains”, Akil explique que connaître leur histoire change complètement l’image qu’on pourrait en avoir, sans toutefois les excuser.


Crisis on Earth-X : L’aboutissement du transmédia

Février 2017, les séries de ce qu’on appelle l’Arrowverse sont d’ores et déjà renouvelées, permettant de préparer en amont les plannings de tournage. Si Heroes Join Forces a appris quelque chose à Berlanti & cie, c’est bien qu’il était nécessaire d’interrompre la production de chaque série pendant plusieurs jours afin de libérer pleinement les acteurs. Grâce à cette organisation, Supergirl pourra rejoindre les festivités non plus en tant que simple personnage, mais bien en tant que série. Mark Pedowitz, le président de la CW, indique néanmoins que Black Lightning ne sera pas de la partie comme l’avait déjà annoncé Salim Akil dans ses intentions.

Chaque crossover se veut plus ambitieux que le précédent, mais comment surpasser une invasion d’aliens ? Selon Berlanti, si on ne peut faire plus épique, il faut élever les enjeux émotionnels et faire résonner cet événement dans la vie de plusieurs personnages. C’est ainsi qu’en septembre 2017 est officiellement annoncé que Supergirl, The Flash, Arrow et Legends of Tomorrow se réuniront dans Crisis on Earth-X pour le mariage de Barry Allen et Iris West. Plus grand que jamais, le crossover se déroulera donc en quatre épisodes mais sans pour autant marquer l’identité de chacune comme les précédents. Ici, il s’agit davantage d’un grand film découpé en quatre, ou de deux films en deux selon le point de vue.

Crisis on Earth-X s'inspire de JLA #207
A gauche et au centre : le poster dessiné par Phil Jiménez / Couverture de JLA #207

Si les personnages se regrouperont cette fois-ci pour une célébration, ils ne seront pas épargnés pour autant par la vilainie puisque des citoyens de Terre-X viendront ruiner les festivités. Pour Berlanti & cie, il s’agit à nouveau d’évoquer un souvenir marquant de leur enfance, celui des crossovers annuels se déroulant entre la Justice League et la Justice Society. Pour l’occasion, c’est l’artiste reconnu Phil Jiménez qui se charge de dessiner l’affiche à la façon d’une couverture de comics, et plus particulièrement celle de Justice League #207. Dans ce numéro, les deux équipes de héros combattaient le Syndicat du Crime, une équipe constitué de version maléfiques de la Justice League venant de Terre-3. Dans Crisis on Earth-X, il s’agira de contreparties nazis de nos héros.

Quand la showruner Wendy Miracle (Arrow) déclarait dès décembre 2016 avoir un concept pour le prochain crossover, celui-ci ne s’est précisé qu’avec la production d’une autre série. Annoncée en août 2016, Freedom Fighters: The Ray est la nouvelle production animée dédiée à la plateforme CW Seed. Prenant place sur Terre-X, elle dépeint un monde où le régime nazi n’a jamais été stoppé mais s’est au contraire développé à travers le monde. Seule force à encore s’y opposer, les Freedom Fighters sont constitués de membres issus des minorités visées par le fascisme, une idée développée par Grant Morisson dans le comics Multiversity. Parmi eux, Ray Terrill, un méta-humain gay tout droit venu de Terre-1, et sur qui se concentrera principalement la série. Dès l’annonce, Pedowitz indique que le personnage apparaîtra forcément en live-action à un moment donné, sans savoir que ce serait si tôt.

Posters pour Crisis on Earth-X

L’écriture de Freedom Fighters: The Ray est déjà finie quand Marc Guggenheim et ses amis s’attellent à celle du prochain crossover. Souhaitant mettre en scène des contreparties maléfiques de nos héros, l’idée est toute trouvée : pourquoi ne pas simplement utiliser les jouets déjà à disposition ? En plus de Supergirl, Melissa Benoist incarnera alors Overgirl, leader du régime nazi de Terre-X, accompagnée d’un Stephen Amell qui jouera également sa contrepartie maléfique, Dark Arrow. Seul Grant Gustin ne reprendra pas le rôle de nazi qui lui était attribué dans la série animée, mais sera remplacé par un Tom Cavanagh de retour dans la peau du Reverse-Flash. Si la raison n’est pas indiquée, il y a fort à parier que c’est pour éviter un effet de redondance : Grant Gustin a déjà incarné une version maléfique de son personnage lors de la saison précédente de The Flash.

Prévue pour une diffusion antérieure à celle de Crisis on Earth-X, la série Freedom Fighters: The Ray sera finalement repoussée pour ne débarquer qu’après coup, servant alors de prequel. La raison est pratique : alors qu’il fut décidé de faire intervenir The Ray lors du crossover, l’acteur Russell Tovey fut choisi pour lui prêter ses traits. Faut-il retarder la diffusion de la série animée pour permettre à Tovey de donner également sa voix au personnage ? C’est ce qu’il sera finalement décidé, en plus de modifier l’apparence et le look du héros pour coller davantage à ce qui sera en live-action. Si le choix s’opère sur la forme, ce ne sera pas le cas du fond. En effet, le script de Crisis on Earth-X contient des incohérences avec Freedom Fighters: The Ray. Andrew Kreisberg, lui, juge important d’y coller au maximum, mais c’est Marc Guggenheim qui aura le dernier mot, pensant que leur histoire pour le crossover devait prévaloir. Demandant aux fans de considérer ces erreurs de continuité avec indulgence, ce dernier envisage tout de même d’écrire un comics permettant de réconcilier les deux œuvres, ce qui ne se fera finalement jamais.

The Ray et Vixen

Pourtant, Marc Guggenheim considère les séries animées comme importantes. Pour lui, il ne s’agit pas d’en réaliser pour dire de l’avoir fait, mais bien d’apporter une plus-valu, notamment car elles requièrent beaucoup de travail. Ici, c’est la combinaison “héros”, “méta-humain” et “gay” qui était nouvelle, mais aussi l’idée des Freedom Fighters. Le fait que la série se déroule sur une Terre parallèle n’est pas étranger à son feu vert non plus, puisque cela permettait de la différencier de la précédente : Vixen.

Annoncée en 2015, celle-ci mettait en scène une héroïne afro-américaine pourvue de pouvoirs magiques, un pan de l’univers DC pas encore exploré à ce moment et qui pouvait être pleinement exploité en animation. C’est grâce à cette affiliation que l’actrice qui donnait sa voix au personnage, Megalyn Echikunwoke, fit une apparition lors d’un épisode de Arrow Saison 4, preuve de son succès. Mary McCabe aurait même pu intégrer l’équipe des Legends of Tomorrow pour sa deuxième saison, mais son interprète était malheureusement déjà attachée à un autre projet, laissant finalement sa place à Maisie Richardson-Sellers. Pas dans le rôle de Mary, mais celui de Amaya Jiwe, sa grand-mère.

3 COMMENTS

  1. Très cool comme dossier, Malgré tous ses défauts, l’Arrowverse aura au moins le mérite d’avoir lancé ce qui semble être un futur radieux pour les séries DC Comics, passant d’une adaptation non assumée à un comic book à la construction d’un multivers rassemblant toutes les adaptations Live Action de la maison d’édition, ces séries qui vont bien plus loin que ce dont les films sont capable de nous offrir en terme de générosité d’adaptations… ?

  2. Bon dossier ! C’est sympa d’en savoir un peu plus sur les dessous de la réalisation des séries de la CW

    Après j’avoue que c’est bizarre, pourquoi Warner interdit qu’il y est Deathstroke et la Suicide Squad à la télé avant qu’ils apparaissent dans des versions cinématographiques. Pourquoi la section cinéma n’autorise pas que la section télévision développe leurs versions ? Par peur qu’une version existante cache la visibilité d’une nouvelle ?
    Pour le reste je suis quand même sceptique pour la suite de l’univers partagé de la CW. Pour moi ça va avoir le même problème que Endgame, après avoir fait un final grandiose/épique pour son univers qui semble sonner comme une conclusion, est ce que le public va suivre ? Va t’il trouver l’intérêt de continuer un univers qui semble avoir trouvé une fin ?

    Bref, très bon boulot Moca pour ce dossier, j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire.

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