Clap de fin pour 10 ans de DC !

10 ans de DC, place à l’année 2019

Relaunch raté et fermeture officielle de Vertigo 

Malgré son éviction du Batman Group, Mark Doyle n’est pas resté sans activités chez DC Comics. Très vite, l’exécutif lui confie un nouveau chantier : le relaunch de Vertigo. En 2018, pour les 25 ans du label, celui s’offre un coup de vernis en grande pompe, avec de nouvelles séries sous la bannière DC Vertigo sur la saison 2018/2019. Après le relaunch du Sandman Universe, c’est toute une nouvelle salve de séries, portées par des grands noms issus du podcast, du jeu-vidéo, du design graphique… ou des comics ! 

Border Town, Hex Wives, American Carnage, Goddess Mode, High Level, Safe Sex et Second Coming devaient ainsi porter cette première salve de nouveaux titres. Et tout s’annonçait plutôt bon : des premières ventes correctes, des titres plutôt salués par la critique… après des années de vaches maigres et de difficultés, il semblait que Vertigo allait enfin renaître (doucement) de ses cendres. C’était sans compter 3 scandales qui allaient secouer le label au point de l’emmener vers sa fermeture.

Le premier scandale viendra d’Eric Esquivel, star montante des comics et auteur de Border Town. Ce dernier se voit accusé de harcèlement sexuel, sur des affaires anciennes ou plus récentes, tout en refusant des excuses. Suite à cela, Tamra Bonvilain, coloriste de la série, a réagi à la polémique en affirmant qu’elle avait déjà entendu des rumeurs sur le scénariste, mais jamais aussi graves. Pareil pour Ramon Villalobos, le dessinateur. D’un commun accord, les deux décident de quitter l’aventure créative Border Town, entraînant son annulation. 

Le deuxième scandale est le bien-connu Bat-penis. Dans Batman Damned #1, Lee Bermejo et Brian Azzarello, profitant des libertés totales offertes par l’imprint, se sont amusés à représenter Bruce Wayne entièrement nu, y compris son zizi. Très vite, la polémique enfle au point que les exécutifs de Warner se sentent obligés de réagir. Dan DiDio et Jim Lee doivent revoir leurs promesses de libertés. Et globalement, une chape de plomb s’abat sur tout DC Comics. Une vague de censure déferle, notamment en rapport à tout ce qui touche aux questions de représentation de la sexualité. Le rachat par AT&T aidant, il ne faut surtout pas que DC Comics ou Warner soit dépeint d’une manière négative. Cela aura des conséquences sur certaines séries, telles que Safe Sex

Enfin, le troisième scandale est celui de Second Coming. Cette série de Mark Russell, où Jésus est de retour sur terre et devient colloc d’un ersatz de Superman, fait scandale dans les milieux évangéliques et catholiques américains. Une pétition est mise en ligne, récoltant 200.000 signatures, demandant le retrait de la série pour blasphème. Suite au scandale, Mark Russell va effectivement récupérer les droits de Second Coming pour l’emmener chez Ahoy. Mais contrairement à ce qui a été transmis, ce n’est pas tant le scandale religieux qui a dérangé DC… que des représentations de la nudité dans le #1. A dire vrai, ces changements avaient été demandé avant même que la pétition n’arrive en ligne, et puisent leurs sources dans le scandale Batman Damned

Différents scandales menant vers un relaunch de la dernière chance clairement raté. Avec une indifférence crasse, DC met officiellement fin à Vertigo le vendredi 21 juin 2019, à l’âge de 26 ans.

myplasticbus

Le fiasco Black Label

Le Black Label continue son bonhomme de chemin toujours un peu dans la douleur. L’année est marqué par la sortie de cette grande oeuvre qu’est Batman Damned, tandis que Superman: Year One de Frank Miller et de John Romita Jr. énième réécriture “définitive” des origines de Superman, qui avait accumulé les retards, arrive enfin dans les librairies américaines. Tandis que le premier a vu de très grosses ventes, sans doute bien aidé par les polémiques qui l’ont entouré, le second ne s’en tire pas si bien et se place même derrière une autre oeuvre du Black Label Joker/Harley : Criminal Sanity

Néanmoins 2019 fut aussi marqué par l’arrivée de titres bien plus qualitatifs. Harleen en étant sans aucun doute la figure de proue.  Cette réinvention des origines d’Harley Quinn par Stjepan Sejic étant ce qu’il c’est fait de mieux sur le personnage depuis des années. 

Claygan

Detective Comics #1000

En mars, Batman fêtait ses 80 ans, mais en plus de cet âge avancé le titre Detective Comics, qui a vu la chauve-souris naître, arrive à son millième numéro. Donc tout comme en 2018 avec l’Action Comics #1000, l’éditeur fête cet anniversaire bien spécial en proposant un numéro dans lequel une pléthore de scénaristes vont proposer leur courte histoire autour du chevalier noir. On retrouve donc au scénario : Scott Snyder, Kevin Smith, Paul Dini, Warren Ellis, Denny O’Neil, Christopher Priest, Brian Michael Bendis, Geoff Johns, James Tynion IV, Tom King, Peter J. Tomasi. Qui plus est nous avons droit à un premier aperçu du Arkham Knight personnage introduit par Tomasi dans Detective Comics et tiré du jeu Batman Arkham Knight de Rocksteady

Il y a à boire et à manger et globalement le numéro a été plutôt bien reçu. 

Claygan

Les comics orientés jeunesse

2019 aura été l’année des comics orientés vers la jeunesse, avec le lancement des imprints DC Zoom et DC Ink. Des titres commes Super Sons et Black Canary du côté de Zoom (review ici) ont été lancés et du côté de DC Ink il y a eu Mera Tidebreaker, ainsi que Harley Quinn: Breaking Glass et Batman: Nightwalker. Une diversification et une main ouverte vers un nouveau public, de la part de DC qui fait tout de même plutôt plaisir apportant un gage de qualité respecté par l’éditeur. Un label qui participe à renverser le stéréotype selon lequel le comics jeunesse serait synonyme de mauvais comics ou de moindre valeur.

Claygan

Year of the vilain 

Year of Vilain a été la toile de fond qui a porté les comics DC durant l’année 2019, intervenant dans pratiquement tous les titres réguliers comme un crossover événementiel. Conséquence de l’event Metal, de l’arc No Justice et plus globalement, du travail de Scott Snyder sur Justice League, il met en avant la nouvelle itération de Lex Luthor, l’Apex Lex, qui est devenu un hybride d’humain et de martien.

Tous les mois, dans tous les titres, on s’est donc tapé peu ou prou toujours la même chose : d’abord, Lex Luthor vient voir un vilain quelconque de l’univers DC. Il lui donne de nouveaux pouvoirs. Puis il les expérimente, ce qui mène à une confrontation virulente avec des héros souvent déboussolés. Puis Perpetua, la mère des Monitors, envoie un grand machin vert dans le ciel, le Doom Signal, qui indique que maintenant c’est l’heure pour les vilains de gagner. Tous les mois, la même structure. Laissez moi insister là-dessus : Tous. Les. Mois. La. Même. Chose. Partout. Rarement un event fut aussi répétitif et ennuyeux, au point qu’un certain nombre de personnes ont tout simplement arrêté de lire leurs séries fétiches en attendant la fin du massacre. 

Et ça ne s’arrête pas là. (à terminer)

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Les multiples succès de Joker

Sorti en octobre Joker aura été un film qui aura suscité nombre de débats. D’abord son annonce avait suscité un scepticisme ambiant, parce-que “Mais le Joker n’a pas d’origines, je le sais bien j’ai vu The Dark Knight”, mais aussi à cause de son scénariste et réalisateur Todd Phillips. Celui-ci bien connu pour sa trilogie comique Very bad trip n’était pas le choix le plus évident. Néanmoins après que Joaquin Phoenix, un acteur bien connu pour être difficile quant à ses choix de rôles, ait signé pour le rôle les avis commencèrent un peu à changer. 

Avant sa sortie la fièvre Joker ne s’éteignit pas, loin de là. Entre les personnes qui avaient pu voir le film en avance et qui en parlaient comme d’un incroyable chef d’oeuvre, ou ceux qui expliquaient que le film était beaucoup trop dangereux et qu’il allait créer de la violence. 

Résultat le film sort et aucune violence à l’horizon, si ce n’est la violence de ses chiffres au box-office. En effet, Joker est le film de tous les records, en accumulant pas moins de 1 070 368 dollars dans le monde, pour un film Rated R. Joker est donc devenu le film Rated R ayant le plus rapporté de dollars de l’histoire, ainsi que le film adapté de comics le plus rentable de l’histoire. Pas difficile avec un budget de 55 millions de dollars.

Claygan

Doomsday Clock et l’héritage Rebirth

La deuxième moitié de la décennie avait doucement commencée avec un sacré coup de frais : DC Universe Rebirth. Un retour à une direction éditoriale cohérente et dirigée, mais aussi plus globalement un retour aux sources, à la continuité classique, à l’espoir, à l’héritage… et teasing d’un antagoniste majeur qui a oeuvré dans l’ombre pendant des années : le Doctor Manhattan. En 2017, après avoir fait avancer l’intrigue de fond dans The Button ou Superman : Reborn, Geoff Johns annonce la mini-série tant attendue qui allait enfin éclaircir le mystère sur l’implication de l’univers Watchmen : c’est Doomsday Clock. Supposée se passer un an dans le futur de la continuité, tous les titres DC devaient progressivement rejoindre la vision de Doomsday Clock. Sauf qu’encore une fois (c’est presque un motif récurrent cette décennie), rien ne s’est passé comme prévu. 

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10 ans de DC, les précédents numéros

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myplasticbus
Depuis son enfance, cet énergumène passionné se sent insatisfait de l’état du monde. Alors il s’est mis à écrire et dessiner ses propres univers, à raconter des histoires et à s’immerger dans des mondes parallèles. Un beau jour, il a découvert une bande-dessinée qui parlait d’un univers bizarre avec une particularité bien chelou : aucun super-héros, sinon dans les bandes-dessinées. Éternel curieux, il a voulu visiter cette terre inaccessible et étrange. Il s’est mis à chercher à maîtriser les lois des univers multiples, en découvrant qu’elles reposaient dans un bus en plastique caché au plus secret de son imagination. Désormais coincé dans cet univers bizarre, il prend toujours beaucoup de plaisir à explorer sa terre d’origine à travers des cases, des bulles et des dessins plus grands que la vie. Sinon, une fois, en 2003, il est resté coincé dans l’Hypertime.

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