10 ans de DC, notre dossier hebdomadaire où nous revenons avec Claygan sur la décennie passée de DC arrive bientôt à son terme. Mais avant de finir, il nous reste encore deux petites années, et nous commençons aujourd’hui avec 2018 !

10 ans de DC, place à l’année 2018

New Age of DC Heroes 

Dans la foulée de Dark Knights : Metal, profitant de l’engouement pour l’event, DC s’est épris de lancer toute une flopée de nouvelles séries annonçant l’avenir. Si Rebirth devait renouer avec l’héritage DC, un nouvel imprint devait poser les bases de l’avenir, avec de nouveaux concepts, de nouveaux personnages. Son petit nom : Dark Matter. On y retrouve l’aspiration éternelle de Dan DiDio : lancer de nouveaux trucs pour apporter de la viande fraîche sur le marché, choper de nouveaux clients et étendre la base du lectorat. Dark Matter devait être l’imprint qui affichait : “Tu cherches de nouveaux personnages, de nouveaux héros ? Voilà, ça, c’est pour toi !”. Petit à petit, l’imprint se transforme en simple ligne éditoriale et se voit renommée New Age of DC Heroes, histoire d’être un peu plus explicite. Et c’est un teaser avec 8 séries : Siencer, Damage, Sideways, The Terrifics, The Curse of Brimstone, Immortal Men, New Challengers, The Unexpected

Problème : pour faire vivre ces personnages, il faut des auteurs et des lecteurs. Comment attirer le chaland ? D’abord, en allant chercher des gros calibres de la maison, en leur promettant une part plus importante des profits en cas d’utilisation de ces personnages sur d’autres médias (tv, jeux vidéos, cinéma…). Comme ça, on recrute Jeff Lemire, Venditti, Scott Snyder, Dan Abnett, James Tynion IV, Dan DiDio himself, et au dessin, Ivan Reis, Andy Kubert, Kenneth Rocafort, Tony Daniel, et Jim Lee en personne. Et on espère qu’avec ces grands noms, on pourra attirer les lecteurs sur ces nouveaux personnages, ou ces réinventions de concepts déjà connus. 

Malheureusement, rien ne va se passer comme prévu. Aucun titre ne décollera jamais, ni dans les ventes, ni dans les critiques… à l’exception peut-être de Terrifics, qui après des débuts difficiles, a trouvé sa voie en changeant de dessinateur. Même Jim Lee n’a pas su attirer le lectorat, lui qui habituellement a toujours su pousser ses ventes à la première place par la simple force de son nom. D’autres problèmes se posent encore. Alors que DC avait mis les artistes en avant durant toute la promotion, la plupart des talents s’en vont au bout de quelques numéros. Cela n’aide pas non plus que la plupart des “nouveaux concepts” ressemblaient à s’y méprendre à des héros de la concurrence. Aujourd’hui, sur nos étagères, ne reste plus que The Terrifics. Et honnêtement, à titre personnel, je n’ai plus de souvenirs des autres séries… 

– myplasticbus

Action Comics #1000

Juin est marqué par les 80 ans et le millième numéro de la série Action Comics. Nombre gargantuesque s’il en est, est donc l’occasion de réunir plusieurs courtes histoires écrites par une pléthore de scénaristes. (Brian M. Bendis, Scott Snyder, Tom King, Dan Jurgens, Peter Tomasi, Marv Wolfman, Paul Levitz, Geoff Johns, Richard Donner, Louise Simonson, Brad Meltzer) Tandis que la dernière histoire est écrite par Brian Michael Bendis et ceci constituait le premier aperçu de son futur run sur l’homme d’acier.   

Globalement le numéro n’est pas exceptionnel, même si on pourra retenir quelques bonnes histoires, comme celles signées par King, Johns et même Snyder.

Claygan

Décès de Stan Lee et Steve Ditko : la fin de la première génération

2018 porta deux coups à l’industrie des comics. Le premier en juin est Steve Ditko, co-créateur de Spider-Man et Doctor Strange. Mais il créa aussi du côté de chez DC le personnage du Creeper et co-créa Hawk et Dove

En novembre c’est Stan Lee, le scénariste de légende qui a apporté un nouveau souffle à l’industrie des comics en lançant dans les années 60 l’équipe des Quatre Fantastiques aux côtés de Jack Kirby. Il ne s’arrêta pas là et fut aussi à l’origine de Hulk, Thor, Iron Man, X-Men, Daredevil, Doctor Strange et Spider-Man. Ces héros étaient plus réalistes et complexes que ce qui pouvait être proposé auparavant. 

Lee a aussi traversé les limites des maisons d’éditions en écrivant en 2001 la ligne de comics Just Imagine… pour DC. Celle-ci avait pour objectif de réinventer les personnages de DC pour leur donner la patte Stan Lee. Il s’occupa comme ça de Superman, Batman, Wonder Woman, Aquaman, Green Lantern et Flash

Stan Lee laisse derrière-lui un héritage phénoménal et il s’impose, et s’imposera sans doute toujours, comme le plus célèbre acteur du milieu des comics. 

Claygan

Lancement de DC Universe

En 2018, la guerre du streaming fait rage, et tous les grands groupes veulent leur part du gâteau. Warner aussi, notamment pour ses projets DC. Des projets étaient déjà annoncés, comme la série Titans, la série animée Harley Quinn et le retour de Young Justice pour sa saison 3. Mais sous quelle forme, quelle plate-forme, quand ? Tout restait à voir… Et c’est début mai 2018 que DC a annoncé la naissance de sa plateforme de streaming, DC Universe. Mais c’est là bien plus qu’une simple catalogue de séries en ligne. DC a orienté tout le concept autour de la communauté de fans et d’une plateforme multi-supports, alliant films, séries, animés mais aussi comics. Une approche qui le singularise de Marvel Unlimited, qui ne concerne que des comics. Et lorsque vous en discutez avec les américains, c’est surtout cette approche communautaire au sens large qui fait le succès de DC Universe, notamment les forums et les espaces d’échanges et de discussions. 

Plusieurs mois plus tard, où en sommes-nous avec DC Universe ? Dans une certaine incertitude, et ce pour plusieurs raisons. 

D’abord, entre temps, le marché a encore évolué, notamment avec l’arrivée de Disney+. Pour Warner, il y a la nécessité d’une plate-forme plus généraliste, qui puisse accueillir toutes ses propriétés. C’est la raison de la création de HBOMax, dont nous attendons l’arrivée chez nous, et qui pose (pour certains) la question de l’existence de DC Universe (même si aux yeux de votre serviteur, les deux ne sont pas incompatibles). 

En parallèle, après une première politique visant l’exclusivité des séries sur la plate-forme, DC Entertainment a bien saisi que ça ne suffisait pas encore pour pouvoir élargir sa base d’abonnés. C’est la raison pour laquelle les séries commencent à être partagées avec d’autres. Doom Patrol, bénéficiant d’un aspect qualitatif et premium, part donc en parallèle vers HBOMax. Stargirl, avec son aspect teen, va également faire coucou à la CW. Une manière de donner une autre visibilité aux dites séries, et d’attirer d’autres abonnés vers l’offre plus étendue et la communauté de fans. 

Enfin, se pose la question de l’offre elle-même dans le catalogue de DC Universe. Si l’offre comics est maintenant abondante, offrant toutes les publications actuellement numérisées, malheureusement, on n’y trouve pas les séries Arrowverse de la CW ou même Smallville, ni les films live-action produits depuis Man of Steel. De plus, l’annulation de Swamp Thing après seulement quelques épisodes ne pousse pas forcément à une confiance absolue… Sans compter l’offre limitée uniquement aux Etats-Unis pour le moment… A voir où se dirigera DC Universe dans les 2 ans à venir… 

myplasticbus

Le cas Cosmicsgate 

La deuxième moitié des années 2010 a vu l’apparition d’une nébuleuse assez rance dans notre petit monde des comics. Dès 2016, Chelsea Cain est harcelée en ligne pour l’illustration de Mockingbird affichant fièrement son t-shirt “Ask me about my feminist agenda”. Quelques mois plus tard, c’est au tour d’Heather Antos, assistante éditoriale chez Marvel, de se faire harceler suite à un selfie milkshake avec ses collègues, en hommage à Flo Steinberg, décédée quelques jours plus tôt. Insultes, menaces de mort et de viol, révélation en ligne d’informations privées, tout semblait bon pour nuire à Antos et ses collègues. Derrière tout ça : un groupe solide d’hommes alt-right suffisamment bruyants pour faire un sacré grabuge. Leurs revendications : lutter contre la “diversité” imposée dans les comics, avec la mise en avant des femmes et minorités ethniques, notamment dans le relaunch All-New All-Different Marvel. En référence au Gamergate, ils se surnomment Comicsgate

Chez DC, cette affaire éclate aussi durant l’été 2018, alors qu’un comicsgater revendique le défunt Darwyn Cooke comme quelqu’un de leur “clan”, opposé à la diversification du medium. Très vite, Marsha Cooke, la veuve de Darwyn, réagit avec virulence contre ces tweets, dénonçant le mouvement avec véhémence. Poussés par Ethan Van Sciver, ancien dessinateur chez DC et figure de proue du mouvement, une armée de trolls débarque dans les mentions de Marsha Cooke pour l’insulter. C’est là que réagissent enfin énormément d’acteurs du milieu, notamment chez DC Comics, à commencer par Tom Taylor. Gail Simone, Nicola Scott, Jamal Igle, Tim Seeley, Evan Doc Shaner, Tom King, Jody Houser, Brad Walker, Judd Winnick, Adam Glass, ou plus tard Scott Snyder ont suivi son mouvement. Des éditeurs de DC, comme Andy Khouri ou Chris Conroy ont également dénoncé les actions du Comicsgate. Par contre, aucune réaction au niveau des instances dirigeantes, ni de DC, ni de Marvel. Bien plus que les relaunchs ratés ou les fiascos cinématographiques, le Comicsgate représente probablement l’élément le plus triste et révoltant de la décennie dans l’univers comics. 

– myplasticbus

Batman : The Wedding 

L’un des plus merveilleux coups de maître de Tom King, c’est d’avoir pris la série Batman pour la transformer subtilement en romance comics. Et tout le monde se rappelle des merveilleux élans romantiques qu’on trouve dès l’arc Rooftops dans Batman #14-15. Certains diraient que c’est à ce moment-là que le run de King commence vraiment à décoller. La relation tissée entre Cat et Bat prend un tournant inattendu dans Batman #24, avec la fameuse demande en mariage, pour laquelle Mark Doyle a perdu son poste en tant que group editor des titres Batman (il insistait pour que Clay Mann dessine la demande, Tom King a mis tout son poids pour que ce soit David Finch… on sait qui a gagné dans ce conflit…). 

Progressivement, le mariage de Bruce et Selina est de plus en plus teasé, alors que leur relation est de plus en plus approfondie. On peut penser à l’arc Superfriends, à Bride or Burglar, ou surtout à Date Night – Last Rites, probablement le plus beau numéro de son run. Et à l’approche du #50, avec le mariage, DC inonde son petit monde de promotion pour l’événement. A coup de publicités en mode faire-part, à coup de 5 one-shots intitulés Prelude to the wedding, à coup de couvertures variantes… Tout a été fait pour faciliter la spéculation : l’événement tant attendu arrive enfin, Batman va se marier ! Grande révolution dans le monde des comics. Alors les lecteurs ont commandé en masse le numéro, réjouissant tous les comics shops. 

Mais quelques jours avant, le New York Times s’embarrasse d’un article au titre révélateur : “It just wasn’t meant to be, Batman”. En clair : il n’y a pas de mariage. C’est une arnaque, remballez, oubliez. Résultat : des milliers de fans en colère, annulant leur commande du numéro dans leur shop. Des revendeurs exaspérés, voyant leurs clients renoncer à leur exemplaire précommandé, déjà payé par les shops, qui ne peuvent être renvoyés à l’éditeur. Et en guise de pourboire, des menaces de mort pour Tom King, qui devra se balader à la Comic Con avec un garde du corps… Un bilan assez terne, pour un numéro qui était pourtant d’une grande qualité et un bel hommage à la relation entre les deux personnages…

myplasticbus

Le carton Aquaman

En décembre sort enfin le film Aquaman, réalisé par James Wan. Après une post-production assez longue, justifiée par des effets spéciaux complexe pour les parties sous-marines, le film arrive enfin dans nos salles. Jason Momoa reprend bien entendu le rôle d’Arthur Curry après son passage dans Justice League, au côté d’Amber Heard qui incarne Mera. Le casting inclut aussi Patrick Wilson (Ocean Master), Nicole Kidman (Atlanna) et Willem Dafoe (Vulko). Le film est plus ou moins une origin story du personnage d’Aquaman. On y suit Arthur Curry qui va devoir revendiquer le trône d’Atlantis

Le film est plutôt bien reçu par les critiques (65% sur Rottentomatoes), est souligné son aspect fun de film d’aventure qui ne se prend pas au sérieux. Et le film s’avère être un immense succès au box-office, contre les prédictions d’une partie des gens, parce-que qui a envie de voir un film sur Aquaman, franchement ? Eh bien beaucoup de monde apparemment. Bien aidé par le public chinois qui a massivement adopté le film, avec quasiment 300 millions de dollars amassé là-bas. Le film dépassera donc le milliard de dollars dans le monde et deviendra le plus gros succès de DC Comics au cinéma. Lançant bien entendu tout de suite les plans pour une suite. 

Claygan

Rachat par AT&T et restructurations internes

En juin on a une grosse nouvelle avec le rachat de Time Warner par le géant des télécommunications américain AT&T. Celui-ci avait annoncé sa volonté de racheter le groupe pour 80 milliards de dollars. Le rachat n’est pas tout de suite approuvé par le département de justice américain. Cependant, le rachat finira par être approuvé et les deux entreprises peuvent donc fusionner. DC n’est plus qu’une minuscule partie d’un grand conglomérat, ce qui peut faire peur pour le futur.  

Qui plus est on assiste à une restructuration des différents services. Avec par exemple le limogeage de Geoff Johns et de Jon Berg dans le rôle de président de DC Films au profit de Walter Hamada. Celui-ci qui vient tout droit de l’univers des films d’horreur et qui est proche de James Wan, le réalisateur d’Aquaman, car ayant produit sa saga Conjuring

Claygan

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myplasticbus
Depuis son enfance, cet énergumène passionné se sent insatisfait de l’état du monde. Alors il s’est mis à écrire et dessiner ses propres univers, à raconter des histoires et à s’immerger dans des mondes parallèles. Un beau jour, il a découvert une bande-dessinée qui parlait d’un univers bizarre avec une particularité bien chelou : aucun super-héros, sinon dans les bandes-dessinées. Éternel curieux, il a voulu visiter cette terre inaccessible et étrange. Il s’est mis à chercher à maîtriser les lois des univers multiples, en découvrant qu’elles reposaient dans un bus en plastique caché au plus secret de son imagination. Désormais coincé dans cet univers bizarre, il prend toujours beaucoup de plaisir à explorer sa terre d’origine à travers des cases, des bulles et des dessins plus grands que la vie. Sinon, une fois, en 2003, il est resté coincé dans l’Hypertime.

2 Commentaires

  1. La suite de la chronique ! Super de la continuer :)

    Petite question, l’article n’aurait pas était rédigé avant l’annonce de DC Univers Infinite ? Car on soit, on sait maintenant mieux l’avenir de cette plateforme et des séries TV.

    Pour le comicsgate je retiens que c’est surtout Marvel qui en ont pris plein la gueule. Faut dire que DC niveau diversité c’était plutôt tranquille et moins “imposé” comme l’aurait pu être ANAD Marvel.

    Toujours étonné du carton d’Aquaman pour ma part, j’aime bcp le perso. Mais j’aurais jamais pensé qu’il atteindrait le Milliard. Comme quoi rien n’est écrit d’avance.
    Tiens j’aurais sinon pensé que vous ferais référence a Heroes in Crisis. Peut-être pour l’année 2019 ?

    Encore merci de continuer cette article. Dommage qu’On approche la fin de la fin de l décennie 2010 qui marquera la fin de cette chronique ^^’

    • Alors on a bouclé tout ça en janvier (ou peut être début février, je sais plus), donc bien avant les annonces autour de DC Universe effectivement x)
      Et pour Heroes in Crisis on en parle pas effectivement, c’est une bonne réflexion !
      En tout cas merci de ton enthousiasme pour ce dossier !

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