Green Arrow : The Longbow Hunters sort en France, à la grande surprise générale et on ne peut que remercier Urban de publier ce récit très important dans l’histoire de l’archer vert.

Green Arrow, le renouveau

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En 1987, Green Arrow n’était plus réellement présent chez DC (un peu comme en ce moment). Green Lantern/Green Arrow était déjà loin derrière et l’archer avait donc quelque peu disparu. Et c’est Mike Grell, star chez DC à l’époque grâce à sa création Warlord, qui aura la tâche de réinventer totalement l’archer.

En effet, Grell réimagine totalement le personnage. Déjà, adieu la fictive Star City, bonjour la bien réelle Seattle. Adieu les flèches gants de boxe, bonjour les flèches qui te crèvent les yeux. Adieu le costume coloré et son chapeau de Robin des bois, bonjour le costume plus moderne à capuche. Adieu même au nom Green Arrow. Et surtout bonjour au ton beaucoup plus sombre.

Avec tout ça, il y a quoi se demander si l’esprit de Green Arrow que Denny O’Neill et Neal Adams avait apporté au personnage existe encore… Et là, il faut le dire, celui-ci est des plus dilué. Déjà (et il fallait un peu s’y attendre au vu du cv du scénariste), l’aspect intrinsèquement politique du personnage qu’O’Neill avait apporté est quasiment absent. Mis à part une très légère, mais alors vraiment légère pique envers la guerre du Vietnam, il n’y a rien de réellement politique dans ce Longbow Hunters. Et c’est vraiment dommage. O’Neill avait réussi à réinventer de A à Z le personnage et ici on a tout de même l’impression d’avoir perdu quelque chose en cours de route.

Une histoire terre à terre

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Néanmoins, qu’en est-il de l’histoire de ce Longbow Hunters ? Elle met en scène l’arrivée d’Oliver et Dinah à Seattle, tandis qu’un tueur en série frappe en ville. Tout ça sur fond de trafic de drogues, ce qui donne une histoire très dure, très sombre et surtout très premier degré. Celle-ci a été expurgée de tout élément trop fantaisiste. D’ailleurs ce récit devrait grandement plaire aux fans des premières saisons d’Arrow, tant celles-ci s’inspiraient du ton de Longbow Hunters.

Qui plus est, ce qui est particulièrement intéressant avec Longbow Hunters, c’est qu’il met en scène une chose que l’on n’a pas tellement l’habitude de voir dans les récits de super-héros, la crise de la quarantaine. Oliver est mis face à son âge et face au temps qui passe, une chose que les comics peinent à nous montrer en temps normal, d’autant plus au sein d’un récit qui fait partie de la continuité. Et au final on a quelque chose de très réussi et qui sonne vrai avec le personnage. Oliver pense à son futur et à son héritage dans le monde, comme toute personne qui atteint la moitié de sa vie.

Tout ça, ce ton réaliste, cet aspect sombre, est sublimé par la partie graphique. En effet Grell s’occupe lui-même de l’ensemble du dessin et le résultat est tout simplement somptueux. Que ce soit les couleurs ou l’aspect « peint » des dessins, le tout est vraiment beau et vraiment en adéquation avec le propos.

Des personnages féminins en dent de scie

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Toutefois, il y a des ratés avec ce Longbow Hunters, même de gros ratés. Autant l’inclusion de Shado est très bonne. Celle-ci apporte un nouvel univers, la culture japonisante, à celui de Green Arrow, tout en s’opposant thématiquement avec le héros. Elle incarne un versant plus violent, plus meurtrier de l’archer. C’est donc un excellent ajout à l’univers de Green Arrow, en plus d’être un personnage féminin qui en terme de force et de présence n’a rien à envier aux personnages masculins. Autant du côté de Dinah les choses sont beaucoup moins simples. Longbow Hunters a été et est toujours l’objet de grandes crispations sur un aspect de l’histoire, le traitement de Dinah. En fait Dinah n’a pas de rôle réel dans ce récit autre que d’être la copine d’Oliver et de faire avancer sa caractérisation. Ce qui en soi n’est pas si étonnant que ça pour l’époque (women in refrigerators, tout ça) et qui est d’ailleurs toujours utilisé dans certains films (genre dans un certain film de 2016).

Le problème ici est, déjà, que Dinah n’est pas n’importe qui, on parle d’un personnage culte qui existe depuis des années. Alors l’utiliser comme ça est problématique, mais ça l’est d’autant plus quand on voit la façon dont une certaine scène est mise en scène. Le tout est cru et verse beaucoup trop dans le malsain. Qui plus est voir Dinah dans cette situation va à l’encontre de tout ce que représente le personnage. Et ce n’est pas pour rien que quelques années plus tard Gail Simone commencera son run sur les Birds of Prey en citant cette scène, mais en la renversant entièrement.

Green Arrow : The Longbow Hunters est un très bon récit et il faut dire un grand merci à Urban pour l’avoir publié. Ce récit, même si perclus d’imperfections, est particulièrement important pour l’histoire de l’archer et c’est une oeuvre magnifique. Je ne peux donc que vous conseiller d’acquérir ce récit.

Très bon / 10 Notre avis
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Les +
- Une réinvention réussite
- Une partie graphique somptueuse
- L'inclusion de Shado
Les -
- Le traitement de Black Canary
- La disparition du caractère politique de Green Arrow
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