Dans 10 ans de DC, semaine après semaine, nous revenons sur une année de news et de coulisses chez DC avec Claygan. Ce coup-ci, nous allons vers l’année 2012, une année où DC était couronné de succès pour Dark Knight Rises ou le lancement d‘Arrow sur la CW (une autre époque…). Et pourtant, on pouvait déjà sentir le vent tourner et les problèmes arriver.

Nouveau logo pour DC

Lorsqu’une marque cherche à se repositionner, à faire une affirmation nouvelle sur son identité profonde, l’une des stratégies les plus efficaces, c’est le changement de logo. C’est exactement ce que fait DC au mois de janvier 2012, avec le nouveau logo mis en place. Fini les étoiles sur le logo et le dynamisme un brin juvénile. Place à la sobriété toute corporate et plutôt sérieuse. 

Cette news pourrait sembler complètement anecdotique, mais elle est pourtant révélatrice de l’état d’esprit de la maison en ce début de décennie. Avec cette évolution du logo, DC tranche avec tout ce qui s’était fait jusque là, enlevant toute les dynamiques des logos précédents. Ce logo envoie clairement le message : DC a changé, ce n’est plus comme autrefois. Un message qui résonne avec l’approche nouvelle des New 52 et le nouveau régime. Mais cette nouveauté se fait également, comme je le disais, à travers un aspect beaucoup plus sérieux. Là encore on est dans le discours de l’époque : DC, c’est sérieux, c’est grounded, c’est une compagnie de médias légitime, qui a de la gueule et des grosses couilles. Un peu comme si la maison voulait s’acheter une légitimité à travers ce nouveau logo.

Concrètement, néanmoins, il ne trouvera jamais vraiment sa place. Car fondamentalement, il n’a jamais correspondu à l’identité véritable de l’éditeur. Les têtes pensantes de DC ont voulu se donner un genre qui ne correspondait pas à la maison. Signe que DC était alors (et est toujours un peu) dirigée par un groupe qui ne le comprend pas vraiment. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si en 2016 un nouveau branding fait son apparition, alors que l’initiative Rebirth débarque en comics et que DC se cherche au cinéma. Ce coup-ci, classicisme absolu, référence au Bullet et aux logos passés, pour rappeler au contraire : DC, c’est l’héritage, c’est la tradition. Comme quoi, il est possible de faire toute une histoire de l’éditeur à travers ses logos…

– myplasticbus

10 ans de DC

Before Watchmen 

Après la sortie du cultissime Watchmen, Alan Moore, son co-créateur, avait confié que si la série était bien accueillie lui et Gibbons pourraient créer une préquel en douze numéro nommée Minutemen. Préquel qui aurait donc bien évidemment mis en scène l’équipe de super-héros des années 40. Et c’est en 2010 que Moore se confiait enfin de nouveau sur cette préquel en expliquant que DC lui avait offert de lui rendre les droits de Watchmen si il acceptait de réaliser un préquel et un séquel. Bien entendu Moore a refusé, expliquant que s’ils lui avaient demandé ça dix ans plus tôt, lorsqu’il en avait fait la demande, peut-être cela aurait marché. Mais maintenant il ne voulait plus de Watchmen et il n’en voulait pas sous ces termes. DiDio et Lee avaient répondu en affirmant qu’ils revisiteraient seulement Watchmen si la qualité des projets proposées étaient égale à celle de l’oeuvre de Moore et Gibbons (ce qui est amusant avec le recul). 

Et c’est en février que DC annonce pas moins de sept séries préquelles. Celles-ci seront placées sous la bannière Before Watchmen. Elles étaient composées de : Rorschach, Minutemen, Dr. Manhattan, Comedian, Silk Spectre, Nite Owl et Ozymandias.

Un épilogue sous le nom plutôt cohérent de Before Watchmen: Epilogue a été annoncé, mais jamais publié. 

– Claygan

10 ans de DC : 2012, du nouveau logo à la CW 1

Karen Berger quitte Vertigo

Dans les années 80, Alan Moore, auréolé de hype pour son travail en Grande-Bretagne, arrive chez DC sur Swamp Thing. Très vite, on lui collera dans les pattes une jeune éditrice qui fait ses débuts chez DC : Karen Berger. Et on pourrait presque dire que c’est là que commence doucement une nouvelle ère pour l’éditeur. Sous l’influence de Karen Berger, plusieurs auteurs européens vont suivre le magicien barbu, posant des nouvelles bases chez notre éditeur fétiche. Ensemble, ils poseront l’une des plus fortes contributions à l’histoire des comics au 20è siècle : le label Vertigo, qui apporta certaines des plus belles oeuvres du médium. Et toujours, derrière ça, Karen Berger, l’infatigable éditrice dont le nom est devenu un mythe.

Mais en 2009, Paul Levitz quitte la tête de DC. Diane Nelson prend le commandement de DC Entertainment, Dan DiDio et Jim Lee gèrent l’éditorial. Et Karen Berger perd un soutien de poids pour son label Vertigo. Avec les New 52, les deux compères intègrent les personnages Vertigo dans la continuité principale DC, en profitant pour les rendre plus fades et consensuels. Vertigo est de plus en plus isolé, devenant une sorte de label semi-creator-owned de DC qui perd son identité de défricheur de niches. Tiraillée entre les impératifs industriels de plus en plus limités et ses désirs créatifs, en 2012, celle qui fut l’âme et le cœur de Vertigo s’en va. Karen Berger laisse la place à sa seconde, Shelly Bond… et annonce malheureusement le début du déclin du label phare. 

– myplasticbus

Vertigo books

WTF New 52 : le cas Rob Liefeld

Les New 52, on l’oublie parfois, mais c’était une formidable époque remplie de moments gentiments WTF dans les coulisses. Et l’un de ces moments WTF en 2012, c’était bel et bien le cas Rob Liefeld. Scénariste sur Grifter et Savage Hawkman, assurant en plus le dessin sur Deathstroke. En août 2012, le scénariste/dessinateur annonce qu’il quitte toutes ses séries DC pour « préserver sa santé mentale ». Après 4 tentatives de départ, il quitte enfin ses titres. Et c’est là que commence le drame. 

Peu de temps après, il se lance dans une diatribe sur Twitter pour pester contre l’éditorial des New 52 : indécision massive, changements de dernière minute, et concours de qui a la plus grosse chez les éditeurs l’ont convaincu de quitter le navire tant qu’il était encore temps. Il a notamment commencé à faire des sous-entendus lourds sur son associate editor, Brian Smith, parvenant quasiment à le faire virer de DC

Mais ça ne s’arrête pas là. Suite à sa diatribe, plusieurs auteurs sont venus à la défense de Brian Smith, comme Gail Simone, ou surtout Scott Snyder. C’est là que le drame continue, avec un échange musclé entre les deux auteurs sur Twitter. Quelques extraits : « Redescend sur terre, Scott Snyder le petit connard prétentieux. (…) Excuse moi si je ne m’émerveille pas face à tes capacités incroyables à écrire Batman. Va te faire foutre. ». Ce à quoi celui qui était alors scénariste de Batman a répondu : « Joli ! Ton feed Twitter est ce que tu as écris de mieux de l’année ! (…) Mais je te donne raison, Rob ! Batman se vend malgré moi et Greg, comme tu le dis, mais c’est grâce à toi que Deathstroke et Hawkman ont fait un bide. Ca, je t’en laisse le bénéfice ! »

Ambiance… WTF, New 52 ?

– myplasticbus

10 ans de DC

Arrow débarque sur la CW

Dans la saison 6 de Smallville, les scénaristes ont introduit le personnage de Green Arrow sous les traits de Justin Hartley. A défaut de pouvoir utiliser Batman, ils ont utilisé l’archet vert pour endosser le rôle du vigilante ambigu et milliardaire. Très vite, le personnage rencontre un franc succès, et très vite aussi, des pourparlers de spin-off commencent. Mais très vite aussi, Justin Hartley refuse le rôle, pas intéressé à l’idée d’un spin-off, préférant se concentrer sur Smallville. Néanmoins, le projet ne sera jamais complètement abandonné. 

En janvier 2012, peu de temps après la fin de la série sur l’homme d’acier sans costume, la CW relance le projet de série sur Green Arrow, mené par l’équipe Kreisberg, Berlanti et Guggenheim. Ces derniers font le choix de s’éloigner de l’héritage Smallville, pour se focaliser sur la jeunesse du héros avec une approche réaliste inspirée des Batmans de Christopher Nolan. Une approche plutôt critiquée au départ, notamment pour l’absence de lien avec Smallville… Et pourtant, fait presque incroyable aujourd’hui, la première saison d’Arrow a été plutôt appréciée par le public, louée pour son ton et ses liens aux comics (l’hommage à Andy Diggle aidant). Notre propre critique de la série fut également plutôt élogieuse. 

Aujourd’hui, la série a terminé sa 8è et dernière saison, et a porté tout un univers télévisuel sur la CW et au-delà (rappelez-vous que la saison 1 de Supergirl était sur CBS). Même si la qualité est perdue depuis un moment (si tenté qu’elle ait été là un jour), on ne peut pas nier que ce fut une incroyable entreprise. 

– myplasticbus

10 ans de DC

Dark Knight Rises

Le 25 juillet sort en France le dernier volet de la trilogie Batman de Nolan, The Dark Knight Rises. Après l’énorme succès critique, public et financier de The Dark Knight la pression était forte pour l’équipe. Et Nolan c’était donné les moyens pour réussir. S’entourant bien entendu des acteurs des précédents opus, Christian Bale, Morgan Freeman, Michael Caine et Gary Oldman, mais aussi de nouveaux tout aussi talentueux. Marion Cotillard était Tom Hardy et Anne Hathaway.

Les événements du film se déroulent huit ans après ceux du précédent film. Tandis que Bruce Wayne vit maintenant en reclus, Gordon a réussi à éradiquer le crime organisé, grâce au Dent Act. Cependant lorsque un terroriste du nom de Bane s’attaque à Gotham, Bruce est obligé d’enfiler à nouveau le masque. Autour de tout ça gravite le personnage de Selina Kyle, incarnée par Anne Hathaway, ainsi que le personnage de Miranda Tate, jouée par Marion Cotillard. Celle-ci dont le vrai rôle, Talia Al Ghul, avait fuité déjà bien en avance. 

Le film fut globalement très bien reçu par les critiques, cumulant 87% auprès des critiques sur Rotten Tomatoes. Néanmoins certaines critiques émirent des avis plutôt négatives. C’est le cas du The New Yorker qui écrivait “l’histoire est dense, trop longue et parsemée de références qui ne feront sens qu’aux personnes au fait avec les précédents films de Nolan dans l’univers de la chauve souris.” Ces critiques négatives furent très mal reçues par les fans et Rotten Tomatoes décida de supprimer les commentaires spectateurs avant la sortie du film. 

Malheureusement, plus que les critiques négatives c’est aussi un événement tragique qui entacha la sortie du film, avec ce que l’on a surnommé la fusillade d’Aurora. Un homme, les cheveux teint en rouge et qui se faisait appeler Joker à ouvert le feu sur le public, entraînant douze morts et une cinquantaine de blessés. Ce terrible événement entraînera des polémiques et l’avant-première du film a été annulé à Paris, tandis qu’en Finlande c’est toute la campagne promo qui fut stoppée. 

– Claygan

10 ans de DC

A mercredi prochain pour un 10 ans de DC spécial 2013 !