DC Comics continue une nouvelle fois sur sa bonne lancée et s’installe dans une routine plutôt agréable. Les titres sont de bonnes qualité, on apprécie leur lecture (malgré un Bendis qui déçoit). Certains titres voient leur dernier numéro sortir, pendant que de nouveaux arrivent. Voici notre bilan de highlights pour la semaine du 26 février.

Et vous, quel est votre bilan de lecture ?

LES COUPS DE COEUR

Dial H for Hero

Dial H for Hero #12

Collection

Rebirth

Scénario

Sam Humphries

Dessins

Joe Quinones

 

Je pourrais m’étaler en superlatifs. Je pourrais vous chanter les louanges de Dial H pendant des heures. Je pourrais même parler la langue des anges pour vous dire combien c’est bon. Mais si vous ne lisez pas Dial H, vous ne pourrez pas comprendre comment une série sur un concept farfelu des années 60 peut être aussi géniale. La série de Humphries et Quinones s’achève sur une note très positive, avec le sentiment d’avoir fait une boucle fascinante pour ses personnages. Que ce soit dans leur caractérisation ou leur évolution, les auteurs ont fait un excellent travail de bout en bout. La série continue d’être un hommage phénoménal aux comics, voire au médium de la bande-dessinée au sens large. S’il était déjà incroyable sur Howard the Duck et America chez Marvel, sur Dial H, Quinones a prouvé qu’il savait absolument tout dessiner et qu’il méritait d’être élevé au rang des grands de l’industrie actuelle. Bien plus que dans d’autres histoires qui se prétendent comme telles, nous avons ici le titre le plus fou que DC ait pondu ces dernières années, et peut-être le plus bel hommage à son univers. Malheureusement, vendue comme une œuvre mineure d’un label orienté ados, elle n’aura probablement jamais les éloges qu’elle mérite. En terme de qualité, nous ne sommes pourtant pas loin de l’excellence.

– Myplasticbus

Batman Curse of the White Knight

Batman Curse of the White Knight #6

Collection

Black Label

Scénario

Sean Murphy

Dessins

Sean Murphy

 

Au bout de cette course, Curse of the White Knight prépare son affrontement final entre Azrael et Batman. Arrivé à ce stade, on peut assurément considérer ce récit comme une relecture de Knightfall. Une relecture pas forcément plus intelligente, mais plus concise. A la fois plus légère et plus forte en symbolique. Sean Murphy se donne tous les droits, et amène Batman à se frotter à des limites que nous ne considérons plus véritablement. Borderline en permanence, ce Curse of the White Knight ne vous livrera pas à un Batman amical, et certainement pas agréable. Mais avec ce Batman antipathique, ce fan-service plus ou moins discret, et cette écriture proche d’un scénario de jeu vidéo Arkham, on s’en tire avec un divertissement prenant, capable de jouer avec le coeur (et les nerfs ?) des lecteurs. Il ne reste qu’à attendre un final plein de promesses, qui risque de faire grincer des dents.

– Watchful

Suicide Squad

Suicide Squad #2

Collection

Rebirth

Scénario

Tom Taylor

Dessins

Bruno Redondo

 

Alors que le premier numéro divisait, faute d’un véritable massacre précoce, ce second numéro suit cette logique d’une véritable appropriation du concept par Tom Taylor. Amanda Waller n’est définitivement plus. La Suicide Squad est plus en danger que jamais. Adieu les missions sympas et l’humour foireux, Tom Taylor use parfaitement du concept de mission suicide. Il y mêle avec brio action intense, une forme de pitié pour ces personnages en danger et dont l’issue est véritablement incertaine. Au coeur de cette mission, on attend patiemment certains rebondissements, effectivement présents. Seulement, Tom Taylor parvient à piéger le lecteur, en usant simplement de non-dits, où la révélation ne fait que confirmer qu’il se cache bien quelque chose derrière cette mission suicide. Une narration simple mais terriblement efficace puisqu’elle accentue ce sentiment de danger. Non seulement leur mission est suicidaire, mais s’y greffe une succession d’imprévus accentuant plus encore ce sentiment de danger. S’ajoute à tout ça une partie graphique superbe. Très colorée, elle procure une esthétique singulière au titre, qui le démarque de tout autre titre Suicide Squad. Les plans et la construction des planches, très cinématographiques avec le choix récurrent de cases très larges, apporte un ton sérieux et dramatique au récit. On n’y croyait plus, mais nous sommes pour le moment bien parti pour tenir une bonne série Suicide Squad.

– Watchful

LES VALEURS SURES

John Constantine: Hellblazer

John Constantine: Hellblazer #4

Collection

Rebirth

Scénario

Simon Spurrier

Dessins

Matias Bergara

 

La série John Constantine: Hellblazer continue d’être excellente. La première chose  qui frappe aux yeux dans ce quatrième numéro est bien entendu le changement d’artiste. Matias Bergara est aux dessins et le style de celui-ci est bien particulier, donc tout le monde ne sera pas réceptif, mais pour moi cela marche complètement. Qui plus est les couleurs de Jordie Bellaire sublime vraiment le tout. Quant à l’histoire nous avons un prolongement de deux choses : 1. Le décalage de Constantine avec cette époque 2. Une question sociétale. Le tout marche toujours aussi bien et renforce le côté valeur sûre de cette nouvelle série.

Claygan

Far Sector

Far Sector #4

Collection

Rebirth

Scénario

N.K. Jemisin

Dessins

Jamal Campbell

 

Après un dernier numéro très riche en rebondissements et en révélations, N.K. Jemisin prend ici le temps de reposer les enjeux globaux de la série. Tour à tour, on explore le ressenti des  différents camps opposés avec, au centre, une héroïne qui sert avant tout de messager. On en apprend également plus sur le passé de cette civilisation qui s’enrichit à chaque numéro. Cependant, contrairement aux numéros précédents, il semble se dessiner une certaines ligne entre le bien et le mal. On ressent fortement les opinions de l’auteur sur les forces de l’ordre qui, de ce fait, se retrouvent avec une caractérisation plus clichée qu’à l’accoutumée. Far Sector n’en reste pas moins une très bonne série dans l’ensemble, sublimée par la partie graphique.

– Justafrogg

Batman / Superman

Batman / Superman #7

Collection

Rebirth

Scénario

Joshua Williamson

Dessins

Nick Derington

 

Le titre change complètement de direction. Après un arc orienté action en lien avec les créations de Scott Snyder, Joshua Williamson vient apporter un complément à l’univers de Superman. Un complément dont on aurait pu se passer, puisque les relations entre Superman et Zod ont bien été abordées par Bendis. C’est néanmoins en connaissance de cause que Williamson lance cette histoire particulièrement étrange, mêlant Batman, Superman, Ras Al Ghul et Zod. Incohérent au vu de la situation et l’écriture de Zod dans Superman, l’implication de Ras Al Ghul est toute aussi douteuse. Mais une fois passé au dessus de ces faits étranges (aidé par le style de Nick Derington), on peut y voir un mieux dans ce titre Batman / Superman. En guise de simple divertissement, le titre peut faire son effet en guise de teamp-up forcé, et l’idée d’associer aussi bien deux super-héros que deux de leurs ennemis respectifs. Les amateurs des productions de Nick Derington seront aux anges de voir enfin l’artiste sur un titre régulier connecté à l’univers DC. Néanmoins, son travail ici semblait bien en deçà de tout ce qu’il a pu réaliser chez l’éditeur. Faute de temps, sans doute, ses planches semblaient manquer de finitions. Batman / Superman lance un nouvel arc à priori meilleur, mais dont les éléments engagés manquent de sérieux dans leur rapport à la continuité.

– Watchful

Wonder Woman

Wonder Woman #752

Collection

Rebirth

Scénario

Steve Orlando

Dessins

Max Raynor

 

Steve Orlando est un scénariste capable du meilleur comme du pire. Après un début de run assez lent et marqué par des dialogues pompeux, il semblerait néanmoins qu’il ait enfin trouvé le ton qu’il veut donner à Diana. Il offre ainsi un nouveau numéro assez solide, bien rythmé, marqué par l’arrivée d’une guerrière temporelle prometteuse. Associée à Von Gunther qu’on a pu recroiser dans l’Annual #3, elle offre un petit côté fantasy qui n’est pas désagréable. Il n’y a rien de neuf dans ce qu’on a pu lire ici. Mais ce genre de classicisme n’est pas nécessairement mauvais, tant qu’il reste de qualité, et au minimum divertissant. C’est largement le cas ici. Peut-être est-ce l’effet Boston, mais ce numéro m’évoque un petit peu le run de Perez. A voir maintenant sur le long terme. De plus, le numéro est également favorisé par des dessins terriblement efficaces de Max Raynor, avec un sens du détail et une clarté de l’action merveilleuse (surtout qu’on sort de la lecture d’Action Comics #1020), aidé par les couleurs de Romulo Farardo Jr. A défaut d’être un coup de génie ou un coup de coeur, Wonder Woman #752 surprend par sa capacité à être vraiment plaisant, ce qui de très récente mémoire n’était pas arrivé depuis quelques mois sur le titre.

– Myplasticbus

Shazam

Shazam #11

Collection

Rebirth

Scénario

Geoff Johns

Dessins

Scott Kollins

 

Voilà maintenant 11 numéros qu’on attend de voir où mènent les pistes que Geoff Johns nous tease depuis le #1, entre Sivana, Mister Mind, le retour du père de Billy, et les menaces du Magicland. Au dernier numéro, il teasait encore une couche supplémentaire autour du Wizard, qui semblait plus trouble qu’il en avait l’air. Ca commençait à faire beaucoup… Heureusement, ici, Johns surprend en sortant la majorité de ses cartes de sa manche. Sur la première moitié du numéro, on reste sceptique sur ce qui se passe. Tout est essentiellement centré sur l’action et des scènes de fight dans le jardin, qui ne sont pas passionnantes. D’autant plus que les dessins de Kollins sont vraiment loin d’être agréables, avec un côté rushé et une expressivité pour le moins limitée. Sur certaines pages, des personnages n’ont qu’un œil ou une tête difforme. Peut-être s’est-il trop concentré sur la double-page stylée à la fin du numéro pour pouvoir dessiner correctement les autres pages ? Mais malgré tout, on sent comme un léger malaise, une incertitude qui plane et donne envie de continuer même si rien n’est passionnant. Et c’est là que Johns envoie tout, à travers des révélations bien évidentes, que je n’ai pourtant pas vu venir. Malgré son début un peu fade et ses dessins étranges, Shazam #11 se vit au final comme une lecture surprenante et sympathique.

Myplasticbus

Amethyst #1

Amethyst #1

Collection

Wonder Comics

Scénario

Amy Reeder

Dessins

Amy Reeder

 

Si elle ne fais pas dans le coup de coeur, Amy Reeder a le mérite de nous intéresser dès le premier numéro de son récit sur la princesse du Gemworld : Amethyst, qui signe son retour. Un plot plutôt simple : son royaume et ses habitants ont disparu, elle doit donc partir en quête d’informations pour savoir ce qu’il s’est passé. Son retour au Gemworld ne se fera pas sans mal, et Amy Reeder parvient à nous attacher en quelques pages à cette nouvelle itération de Amethyst.

De plus, les planches qu’elle signe également sont très belle et joue bien sur la couleur de l’améthyste. Cependant, j’aurais aimé qu’elle accentue un peu sa palette de couleurs lorsqu’on se retrouve en face du peuple turquoise par exemple. Cependant, c’est un bon numéro qui engage plutôt à de bonnes augures.

Harley

 

LES DECEPTIONS

Year of vilains - Hell arisen

Year of vilains – Hell arisen #3

Collection

Rebirth

Scénario

James Tynion IV

Dessins

Steve Epting & Javier Fernandez

 

Le concours pour savoir qui a la plus grosse entre Apex Lex ou le Batman who laughs continue cette semaine dans Hell Arisen. Et même si ce numéro n’est pas complètement et authentiquement mauvais, où tout serait à jeter, on est quand même vraiment dans le bas du panier. Tynion IV essaie clairement de faire de son mieux pour nous convaincre que l’histoire est importante, que quelque chose de majeur se passe ici… Mais il ne parvient pas à convaincre, tant tout est marqué par des tonnes d’expositions et de vilains qui expliquent leur démarche, leur caractère et leur motivation. Et ça me fait de la peine pour Steve Epting et Javier Fernandez, qui assument quelques très belles pages. Et quand bien même j’aurais envie d’apprécier le numéro pour la simple présence de Monsieur Mallah et The Brain, ma déontologie m’en empêche : Hell arisen reste une série d’une vaste platitude qui n’arrive pas à trouver son intérêt, quand bien même elle mettrait en place des choses importantes pour l’avenir de DC.

Myplasticbus

Leviathan Dawn

Leviathan Dawn #1

Collection

Rebirth

Scénario

Brian M Bendis

Dessins

Alex Maleev

 

Malgré sa fin ouverte très décevante, Event Leviathan fut un joli voyage, intrigant et prenant. Malheureusement, Dawn Leviathan est plutôt à l’image du final de la mini-série : il n’enthousiasme pas, et cela ne laisse pas augurer le meilleur pour Leviathan Checkmate à venir. Je n’ai rien à reprocher à Bendis à priori. C’est un auteur que j’apprécie plutôt, même si, après 20 ans de carrière, on connaît ses faiblesses. Mais très clairement, Bendis écrit beaucoup trop de séries, et ça commence à se sentir partout… En tout cas, ça se sent profondément ici. L’écriture est automatique, mais pas dans le sens positif, surréaliste et créatif de l’expression. On est plutôt sous le signe du chiant, du banal et du vide. Tous les personnages ont la même voix, sonnent pareil. C’était déjà un peu le cas dans Event Leviathan, mais ici, c’est décuplé, notamment lorsqu’il n’y a aucune différence de ton entre Green Arrow et Steve Trevor. Bien plus que décompressé, le rythme est absent, avec une sorte de sur-place permanent dans tout le numéro. Malgré quelques scènes intéressantes, ce one-shot n’est qu’un vaste teaser pour la série à venir, et n’a rien à apporter sur le fond. Ca se sent dans le rapport que l’organisation Leviathan entretient avec elle-même : on ne fait que parler des grands plans à venir, du statu-quo à renouveler, de tout ce qui va bientôt se tramer… mais concrètement, le lecteur voit les ficelles et comprend que l’unique but de ce single est de faire acheter la série suivante qui va bientôt arriver, où l’organisation très menaçante Leviathan va retourner l’univers DC, attention, ce sera exceptionnel, ça changera à jamais la face du monde, ne loupez pas ça, pré-commandez votre exemplaire et pourquoi pas avec une couverture variante, partagez-le avec vos amis, c’est immanquable. Peut-être suis-je devenu trop cynique, peut-être ne suis-je tout simplement plus le public pour ce genre de choses, mais si on m’avait dit il y a 15 ans que j’allais foutre une série Bendis/Maleev en déception, je me serais retourné dans la tombe que je n’ai pas encore en anticipation.

Myplasticbus

Action Comics #1020

Action Comics #1020

Collection

Rebirth

Scénario

Brian M Bendis

Dessins

John Romita Jr.

 

Toutes les semaines, je montre ma pile de comics à ma femme. Elle ne les lit pas, elle aime juste regarder les couvertures et les commenter. Cette semaine, je lui ai montré la couverture d’Action Comics #1020, et sa réaction a été de dire : « Attends, il y a des gens qui ont validé une couverture aussi moche ? » Je me devais de vous raconter l’anecdote, car elle résume assez bien mon sentiment vis-à-vis de ce numéro. Semaine après semaine, Action Comics devient un petit peu plus nul. Certes, sans vouloir défendre Bendis, la série n’est pas exactement maîtresse d’elle-même en ce moment, et sert des intérêts éditoriaux un peu plus vaste, entre la Legion of Doom qui lui est imposée et son propre petit univers lié à Leviathan. Mais quand même, quelles abysses ! Ce combat entre Superman et la Legion est interminable, inintéressant, prévisible et fatiguant. D’autant plus que pour un arc censé être centré sur l’action et le fight, c’est catastrophique. Les dessins de Romita Jr. sont encore une fois illisibles, encrés à l’arrache, avec des visages difformes. Il semble loin ce temps où Action Comics était captivant…

Myplasticbus

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