Après une publication en 2013 sous forme de deux volumes, Urban Comics compile le récit complet Blackest Night dans sa quatrième intégrale centrée sur l’univers de Green Lantern. De quoi profiter d’un bon recueil à prix imbattable. Plus qu’un event, nous sommes en présence d’un pur chef d’oeuvre mené de main de maître par Geoff Johns et de son équipe. Sorti initialement aux Etats-Unis entre juin 2009 et mai 2010, ce crossover est considéré comme l’un des plus importants du run de l’auteur débuté en 2004. Alors que raconte l’intérieur des planches? Et en quoi est-ce si marquant dans l’univers cosmique de DC ?
Black Hand se dévoile

POUR LA LUMIÈRE, POINT D’ESPOIR

La prédiction du cataclysme annoncée dans les tomes précédents se réalise. La Nuit Noire (Blackest Night en VO) arrive, et plus rien ne peut l’en empêcher. Ce ne sont pas les Gardiens de l’Univers qui diront le contraire, car en se bornant à vouloir tout dissimuler, ils ont fini par la provoquer indirectement. En effet, la Nuit Noire n’annonce pas seulement la fin des porteurs d’anneaux, mais aussi celle de toute vie dans l’univers. Le récit débute par le personnage de William « Black » Hand, qui deviendra le premier des Black Lanterns. À travers les premières pages, on parcourt son enfance, son lien émotionnel avec la mort, et les conséquences que cela a eu sur sa vie. La narration bascule ensuite sur Barry Allen et Hal Jordan qui évoquent le vide laissé par la disparition de leurs camarades. Un constat bien triste qui s’oppose, tel un miroir, avec la joie que cela provoque pour Black Hand. Enfin, le premier chapitre se termine en nous dévoilant le redoutable pouvoir de nécromancie de l’anneau noir. Et c’est à partir de là que les choses sérieuses vont s’enchaîner. 

L’antagoniste, à l’image d’un marionnettiste, va piocher dans tout le lore DC pour nous offrir une des confrontations les plus épiques de ces dernières années. En outre, cette guerre représente à merveille la lutte du Bien et du Mal, la Lumière contre les Ténèbres, la Vie face à la Mort. On reconnaîtra le talent du scénariste Geoff Johns dans le choix de ses personnages et des dialogues. Certes, il ne sera pas aisé de cerner toutes les références car il faudra avoir lu la plupart des récits majeurs DC (toutes les Crises précédentes, 52, Identity Crisis, la Mort de Superman…), voire de certains tie-ins. Cependant, ce n’est pas handicapant pour la compréhension de l’histoire principale. Il faut surtout se rendre compte de l’énorme effort de recherche qu’il aura fallu pour rester le plus cohérent possible. 

Serments des lanterns

THE LANTERN LEAGUE

Bien au-delà d’un simple divertissement blockbusteresque, la force de Blackest Night repose sur le mélange efficace de plusieurs éléments: les situations narratives, les relations entre protagonistes et le rythme de lecture. C’est une approche très schématique certes, mais cela permet de mieux illustrer les propos qui vont suivre. Premièrement, nous savons qu’Hal Jordan et le Green Lantern Corps en ont vu de toutes les « couleurs » dans les précédents numéros. Les Corps de Lantern Jaune, Rouge, Violet, Bleu, Orange et Indigo se manifestent ouvertement aux quatre coins de l’univers. Mais lorsque les Black Lanterns commencent à pulluler un peu partout sur Terre, dans l’espace ou les autres planètes, la situation devient impossible à gérer pour le seul Corps des Green Lantern. Ainsi se forme l’alliance des sept couleurs (représentée par les sept plus forts porteurs d’anneaux de chaque Corps), ce qui donnera lieu à des rivalités tendues, voire explosives. Il y a des dizaines de mentions spéciales à attribuer aux personnages. Puis, à plusieurs reprises le récit enchaînera les scènes épiques, que ce soit avec le débarquement de tous les Lantern Corps sur Terre ou les Adjoints Lanterns. D’ailleurs, Johns mettra plusieurs fois l’accent sur Mera et Atom, ce qui font d’eux des personnages secondaires très réussis et empathisants.

Côté vilain, l’effectif des Black Lanterns est gonflé par la corruption du Spectre ou de certains héros bien particuliers. On se retrouve au final avec une galerie de gentils/méchants tout simplement phénoménale. Le soucis, c’est que cela peut faire beaucoup à encaisser. Alors, on se pose naturellement des questions de «Qui? Pourquoi elle…? Comment lui…?» Toutes trouveront une réponse, mais il faudra creuser dans les tie-ins pour connaitre le détail. Et si ce n’est toujours pas clair, le « making of » en fin de tome comblera la plupart des trous majeurs. Quant au rythme, il tient en haleine jusqu’à la fin. Que ce soit dans les moments dramatiques, épiques ou tragiques, l’ensemble demeure très dynamique. Les révélations sont surprenantes, le suspense constant et les retournements de situation maîtrisés. C’est impressionnant de voir comment l’auteur est parvenu à faire cohabiter toutes ces paillettes colorées avec cette tonne de personnages aux caractères parfois bien trempés. Un vrai régal.

lanterns contre scar

L’ARMÉE DES TÉNÈBRES 

En plus de tout ce qui a été dit, ce volume réserve d’autres lots de surprises. Notamment dans sa patte graphique car certaines scènes sont parfois violentes, et ne font pas dans la finesse. Il arrivera de croiser des scènes d’éviscération, de démembrement ou de perforation. Mais globalement on reste dans le divertissement, cela ne tend pas vers le gore non plus. Les artistes expérimentent habilement le mélange des genres horreur et superhéroïque, ce qui est logique avec le contexte des Black Lanterns.

Concernant les dessins, Ivan Reis et Doug Mahnke livrent des planches absolument superbes. Les dessins explosent la rétine, on sent la puissance des scènes d’action et les émotions des personnages. Il est difficile d’imaginer le nombre d’heures qu’il aura fallu pour fournir certaines splash pages. Mais quel résultat ! Quel soin apporté au détail ! De plus, il ne faut pas oublier les coloristes et les encreurs dont le choix des couleurs et du contraste sied parfaitement à la narration. Le volume mérite clairement une deuxième lecture rien que pour ses planches finales. Plus sérieusement, l’oeuvre s’en sort plus que bien. Elle reste très accessible pour les lecteurs de Green Lantern uniquement. Geoff Johns fournit une histoire solide avec des personnages vraiment attachants. Et même lorsqu’on referme le tome à la toute fin, les réflexions et les questionnements continuent de résonner.

nekron apparait

Près de dix ans plus tard, Blackest Night n’a rien perdu de sa superbe. Quasi-indispensable à la mythologie de Green Lantern, tant les concepts sont riches, Geoff Johns signe ici une oeuvre culte. Ce n’est pas un hasard si Batman et Green Lantern ont conservé leurs origines lors du reboot causé par le Flashpoint en 2011. C’est riche, beau, accessible et très divertissant. Que demander de plus? Tout lecteur de Green Lantern se doit de connaître Blackest Night. Tout lecteur de Green Lantern se doit de lire Blackest Night.    

EXCELLENT / 10 Notre avis
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Les +
- Une pléthore de personnages
- Tout simplement épique
- Une claque visuelle dans les dessins
- Un énorme travail d'écriture
Les -
- Une compréhension difficile si vous n'avez pas quelques connaissances des récits majeurs DC ou des tie-ins
- Pour public averti
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