En publiant cet album Urban nous rend disponible la série, de l’initiative DC You (mais si vous vous rappelez le truc là, il y avait Telos), Black Canary. Cette série prenait le parti-pris d’une réinvention complète du personnage en faisant d’elle une chanteuse. La question va être de savoir jusqu’à quel point peut-on réinventer un personnage avant de le rendre impossible à reconnaître.

Une série peu inspirée

Black Canary birds of prey

Black Canary n’a jamais été très heureuse avec ses séries solo. Il y a bien eu des essais de la part de DC au fil des années, mais le succès n’était jamais réellement là (la qualité non plus à vrai dire).  Et comme, pour une raison mystérieuse, Urban ne publie toujours pas le Birds of Prey de Gail Simone, pourtant la meilleure version de Dinah, il faut se contenter de la version DC You. Le fait que cette dernière ait influencé le film Birds of Prey n’y étant sans doute pour rien. On se retrouve donc avec cette Dinah, qui, à cause des New 52 a vue ses origines complètement chamboulées (voir ce dossier pour plus de détails). Et ici la jeune femme laisse derrière elle son passé d’espionne et de super-héroïne pour embrasser une carrière de chanteuse. Cependant son passé finit par la rattraper.

Le scénario est assez basique. Brenden Fletcher, que vous aurez déjà vu sur la Batgirl de Burnside (review ici) livre un travail très basique ici. Entre le cliché du passé qui vient la rattraper, ou encore le jeune personnage aux origines inconnues et aux mystérieux pouvoirs que le personnage principal doit protéger. Tandis que ce personnage est poursuivi par une agence secrète. Oui vous pouvez nommer des dizaines de films, séries, romans, avec le même scénario et oui ici rien de nouveau ne sera apporté.

Qui plus est une galerie de personnages secondaires sont amenés et ils sont tous aussi inintéressants les uns que les autres. Rien chez eux ne crée un réel attachement et retenir le prénom de chacun de ces personnages est un vrai défi. Cependant, ces personnages aussi insipides soient-ils servent tout de même à montrer le côté protecteur et très aimant qui est inhérent au personnage et qui n’est donc pas oublié. C’est donc un bon point de ce côté-là, car le personnage est reconnaissable.

Black Canary, une chanteuse ?

Black Canary birds of prey

Néanmoins le vrai pari ici était de réussir à faire prendre cette idée de faire de Dinah une chanteuse. L’idée ne vient pas totalement de nulle part, l’un des éléments les plus reconnaissables associés au personnage est son cris et donc sa voix. Il n’était donc pas complètement tiré par les cheveux de l’imaginer en tant que chanteuse. Enfin, entre l’imaginer et le réaliser il y a un monde. Et dans la réalisation autant le quotidien de Dinah en tant que chanteuse est tout juste effleuré, bien plus aurait pu être fait de ce côté-là. Brenden Fletcher se contente du strict minimum, l’intrigue devant se centrer sur la protection de Ditto et le passé de Dinah. On ne peut s’empêcher de se dire qu’une série beaucoup plus tranche de vie, où on aurait suivi le quotidien des personnages dans leur vie de groupe de rock, aurait été plus sympathique et original.

Toutefois c’est du côté graphique que cette idée de chanteuse et de musique se démarque vraiment. Annie Wu, qui avait fait un excellent travail sur la série Hawkeye avec Matt Fraction, série que je ne peux que vivement vous conseiller, fait ici aussi un très bon travail. Il y a tout un travail sur les parties dans les concerts qui est très bon, mais il y a surtout une vrai inventivité dans les planches qui poussent à continuer de tourner les pages. Le meilleur exemple est dans le septième numéro où le combat de Dinah est représenté comme se déroulant sur une partition musicale. Qui plus est la colorisation donne un aspect acidulé au tout qui fonctionne bien.

Néanmoins il faut bien reconnaître qu’on est très loin de ce à quoi on est habitué dans les comics mainstream, il est donc possible d’être un peu perturbé par les dessins. Cependant, le vrai problème n’est pas là, il est que visiblement Wu n’a pas eu assez de temps pour réaliser l’intégralité de la série et plus de la moitié est donc réalisée par d’autres artistes et le changement se voit et est assez désagréable. Ceux-ci n’étant pas nécessairement mauvais (ils ne sont pas tous bons non plus), mais ils sont très éloignés de ce que faisait l’artiste.

Pour conclure, ce Black Canary n’est pas une mauvaise lecture, mais est loin d’en être une bonne. Le scénario est sans grand intérêt et est rempli de clichés et les nouveaux personnages sont inintéressants. Qui plus est tout l’idée de faire de Dinah une chanteuse à succès est tout juste abordé, il s’agit presque plus d’un prétexte qu’autre chose. Il en reste que les dessins de Annie Wu valent vraiment le coup, cependant celle-ci n’étant pas présente sur tous les numéros, difficile de conseiller la série seulement pour elle. Est-ce que ce Birds of Prey – Black Canary est la meilleure façon d’apprendre à connaitre le personnage ? Absolument pas, même si le personnage est reconnaissable, il est toujours tiré vers le bas par ses nouvelles origines des New 52.  Celle-ci allant à l’encontre de tout ce qu’était le personnage auparavant. Cependant, faute de mieux, il fait le minimum syndical pour que l’on puisse se rabattre dessus si l’on veut connaitre Black Canary en VF. Néanmoins la série Green Arrow de Percy sera une bien meilleure lecture pour cette tâche. 

Moyen / 10 Notre avis
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Les +
- Les dessins d'Annie Wu
- Une lecture pas désagréable...
Les -
-... mais tellement peu inspirée
- N'exploite pas ses idées au maximum
- Personnages secondaires sans intérêts
- La couverture et le titre "Birds of Prey" qui n'ont rien à voir avec le contenu
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