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Les points positifs:
  • C’est un classique, cela doit être lu
  • Belle réflexion sur le danger potentiel des super héros
  • Alex Ross au sommet de son art
Les points négatifs:
  • Trop court ?
  • Peut-être beaucoup de nouveaux personnages on s’y perd un peu

« Je suis Superman. Je peux tout faire. »


  • Scénario : Mark WaidDessin : Alex Ross
  • DC ESSENTIELS – Kingdom Come – 8 juin 2012 – 320 pages – 28€

Après  quelque chose de si énorme, une chose me vient directement en tête. Il y a un avant Kingdom Come et un après Kingdom Come ! Après la lecture d’un comics aussi bon que celui ci, on ne peut lire d’autres comics de la même façon, du même point de vue. On sent à la qualité de l’ouvrage, des textes, des dessins, de l’édition, qu’on tient quelque chose de grand.

Même si c’est un tout ! On est d’abord frappé par la beauté du travail d’Alex Ross ! On est émerveillé page après page, case après case. Le travail sur le vieillissement des personnages est bluffant. Les tempes grises de Superman, un Bruce complètement articulé de façon métallique. Que dire d’Aquaman qui ressemble de plus en plus au roi Arthur. Ou du Flash qui n’est plus qu’un nuage de particules de par sa vitesse.

Tous les nouveaux personnages ont le droit à un look travaillé en profondeur, même si on ne les voit que quelques instants. Ma préférée étant sans doute Nightstar (fille de Starfire et Nightwing), tout bonnement magnifique! Je pense qu’on a là, l’un des travaux les plus aboutis d’Alex Ross. Voir un artiste bosser autant sur des personnages qu’on entre-aperçoit simplement, nous permet de voir que le projet lui tient à cœur. On ressent qu’il y a une profonde envie de d’oeuvrer sur ce projet.

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Niveau scénario Mark Waid, et Alex Ross, nous offrent une œuvre magistrale, qui nous laisse à réfléchir sur la toute puissance de ces Super-Héros. Comment ils peuvent déraper en seconde. Une seconde de trop et car il est aussitôt trop tard.

Ce futur, hypothétique, qui nous est proposé, est des plus inquiétants. Les nouveaux Super-Hommes ne se soucient plus des civils et se battent sans en tenir compte. La goutte de trop, celle qui fait revenir de sa retraite Superman, est l’effacement du Kansas de la carte des USA. Mais notre idole reste avec ses idées du passé. Très vite son remède se montre être pire que la maladie. Guerre,  et enfermement des adversaires dans un camp.

C’est une vision qui peut nous ramener à la seconde Guerre Mondiale, avec les camps de concentration, en moins pire bien entendu. Mais on se retrouve là avec un Superman et une Wonder Woman qui n’hésitent pas à enfermer leurs adversaires. Une opposition, ou des oppositions à Superman vont se mettre en place, avec Batman, Lex Luthor et le gouvernement américain.

Il faudra un nouveau drame et un superbe combat entre Clark et Bruce pour faire ouvrir les yeux à notre héros Kryptonien.

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Tout ça plus l’intervention d’un homme. Norman ! Petit prêtre qui suit l’histoire depuis le début accompagnant le Spectre. Il en arrivera à cette réflexion : « Faut-il des pouvoirs pour être un Héros? » Car rien qu’avec des paroles Norman ne va-t-il pas sauver toute la planète? Nous avons le droit à un superbe épilogue, un couple, un parrain, des enfants, un enterrement, un avenir.

C’est une vision sombre du futur des Super-héros qui nous est présentée ici. A-t-on vraiment besoin d’eux? Ne sont-ils pas la cause de nos problèmes? C’est là le talent de cet ouvrage, tout au long de notre lecture, on s’émerveille et on s’interroge, on réfléchit. On vit l’histoire ! Et n’est ce pas là le but premier de la lecture? De pouvoir s’échapper et vivre la grande aventure?

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Cette superbe édition qu’Urban Comics nous offre en plus pas moins de 120 pages de bonus. On a le droit à des réflexions de Waid et Ross ainsi qu’à un crayonné de Ross de tous les personnages de la saga avec des commentaires du maître himself, des couvertures bonus, des affiches et des développements de scènes.

Bref, un véritable trésor. On s’en prend plein les yeux, on s’interroge sur le possible monde futur de nos super héros, sur ce qu’ils pourraient devenir. Et par la même sur ce que nous, nous ferions à la place des humains de l’univers DC. Et c’est tout ce que l’on attend d’une bonne lecture, lorsque les auteurs nous invitent à mêler dans notre imaginaire le réel et la fiction. Une réussite, un must have.


Un avis de plus c’est bien aussi!

Comme Waid, si je pouvais j’irais manger au resto Planet Krypton tous les jours. Autour d’une poitrine de bœuf façon Power Girl et un Black Condor à point je pourrais y admirer les reliques d’un passé glorieux des comics. Un passé enterré avec les superhéros qui illustrent et animent le lieu. Mais alors Kingdom Come c’est un musée? Un prétexte pour nous déballer une armada de superhéros que le temps a plus ou moins affecté? Shazam! Bien sûr que non! Je me souviens encore il y a quelques années quand j’ai ouvert une version VO de Kindom Come en bon candide des comics, outre la baffe graphique envoyée par Ross comme à son habitude, j’étais décontenancé face à ce Superman.

Où est passé la fougue justicière du héros solaire que j’admirais gosse? Le jaune a disparu du super-logo, le visage est plissé et les cheveux, d’abord longs, sont grisonnants. À côté Diana en couguar a bien meilleure mine, même Bruce tout articulé de métal semble toujours dans le coup. Pour la première fois, j’ai imaginé mes superhéros au pied d’un mur générationnel, déchus, délaissés, mentalement à côté de la plaque. « In the Our Father we pray; Thy Kingdom come, thy will be done on earth » – Kindome Come, c’est l’escalade de ce mur, non sans difficultés, même pour un Superman bien entouré. Enfin pour le moment je n’ai pas trouvé l’adresse du restaurant. En attendant vous pouvez lire encore et toujours Kingdom Come. Le menu est intergénérationnel lui.

-Baccano