Je sais, je sais, j’ai du retard, ne commencez pas ! Aujourd’hui, faisons un bilan de la dernière saison de Preacher, et de la première saison de Pennyworth. C’est parti !

Son of a Preacher man

Preacher c’est terminé, et qu’est-ce que cette dernière saison était bonne. Durant ces trois dernières années, la série a su mener sa barque en dépit des difficultés à trouver son public. Qu’elle n’ait pas été annulée relève sincèrement du miracle, et heureusement que ce dernier a eu lieu, car les spectateurs et les fans y auraient perdu beaucoup.

Lorsqu’il est question d’adapter une œuvre, il y a deux méthodes : soit suivre dans les grandes lignes le matériau originel, soit capter l’essence de ce dernier et broder une nouvelle histoire. C’est cette seconde option qu’ont décidé de suivre les créateurs du show. Si bien entendu, il n’est pas non plus question de faire totalement du hors piste, certains grands moments du comics finissant par apparaitre, Seth Rogen, Evan Goldberg, et Garth Ennis ont décidé de partir sur quelque chose de neuf, et d’encore plus barré.

Critique de la religion, du fanatisme, tout le monde prend cher. Quant on sait que l’équivalent de Famille de France était parti outre Atlantique en croisade contre Lucifer, on se dit qu’il s’en est fallu de peu. Pourtant, Preacher a réussi à passer sous les radars de la bien-pensance, et c’est tant mieux. Ici, les scénaristes ne se refusent rien, aidés par une violence et une irrévérence crade et très graphique. Alors qu’on aurait pu justement penser que certaines choses seraient passées sous silence, il n’en est rien, en témoigne les diverses évolutions physiques du patron du Graal.

Comme d’habitude, la réalisation est très soignée. Si la scène de combat dans le corridor lors de la première saison de Daredevil en a impressionné certains, force est de constater qu’elle n’arrive pas à la cheville de celle se passant dans le couloir du manoir de De Sade. Le travail des différents directeurs de la photographie doit soit dit en passant également être salué.

Concernant le casting qui n’a plus grand-chose à prouver, on sent que les acteurs s’éclatent, et profitent de leurs derniers instants dans la peau des personnages.

Si certains pourraient pester contre un Cassidy bien moins connard que prévu, Joseph Gilgun incarne un vampire par ailleurs tout aussi misérable que sa version papier. Un homme ayant vécu tellement de temps et ayant fait tellement de choses qu’il a fini par se haïr. Son final, comme celui des autres personnages, surprendra d’ailleurs les spectateurs, ainsi que les fans de la première heure.

Conclusion : Cette dernière et excellente saison est probablement la meilleure qu’ait pu proposer le show, les précédentes ayant, malgré une bonne réalisation, tendance à stagner. Le tout se conclut dans un final qui n’a pas grand-chose à envier à celui de comics, bien qu’on aurait apprécié que Herr Starr s’en prenne un peu plus dans la gueule, juste par principe.


Manners maketh man

Pennyworth, c’est la série que personne n’attendait, et qui a finalement su trouver son public.

Expédions ça au plus vite, la vérité est que même au bout de ces dix épisodes, la série n’a toujours de DC que le nom de certains personnages, rien de plus. On pourrait faire exactement la même chose en changeant les noms, et les gens n’y verraient que du feu. Cependant, soyons honnêtes, sans ses Pennyworth et ses Wayne, personne n’aurait regardé ce show, et je ne serais pas en train d’en faire la review.

Proposant une ambiance façon film espionnage, la série alterne entre un côté comédie/aventure assumé, et un aspect tragique qui fonctionne plutôt bien dans l’ensemble. Les acteurs et les personnages sont attachants et font du bon travail, même si la tendance de certains vilains à cabotiner un max est parfois de trop. Si on aurait pu craindre que tout le budget soit passé dans les premiers épisodes, il n’en est rien. Le Londres des années 60 rend vraiment bien en dépit du peu de moyens de la petite chaîne qu’est Epix.

Pennyworth est vraiment agréable à regarder en dépit de gros points noirs venant ternir le tableau. Parmi eux, on notera un milieu de saison un peu faible, où après la mort d’un personnage, la série ne semble pas savoir comment avancer. Alors que tout semblait destiné à rester une série d’espionnage/aventure/action divertissante, le show se perd dans un délire magique/surnaturel qui semble tout droit sorti de nulle part, et qui honnêtement, n’a définitivement pas grand-chose à foutre là, avant de revenir à ce qui faisait sa force dans les premiers épisodes.

On notera aussi les carabistouilles typiques de Bruno Heller auxquelles le monsieur nous avait habitué avec Gotham, que ce soit avec ses ennemis parfois un peu trop granguignolesques ou  quelques situations devant lesquelles, même les fans les plus hardcore du monsieur se diront : « Non, vraiment, c’est marrant, mais là, c’est peut être un peu trop ». Oui, le sadomaso qui sort d’un placard pour poignarder un personnage, je parle de toi.

Conclusion : Pennyworth est une série très correcte et sans prétention. Les héros sont des héros, les fascistes sont des fascistes, et les autres méchants sont soit très méchants, soit quasiment inoffensifs et sympas. Cependant, la série s’avère divertissante à regarder, avec une réalisation qui fait vraiment le taff, et des retournements de situations plutôt bien pensés. Malheureusement, un milieu de saison un peu faible se perdant dans un délire occulte assez étrange, ainsi qu’ un Heller et ses situations granguignolesques viennent un peu ternir le tableau.

Sans allez jusqu’à vous dire d’aller sans plus attendre regarder Pennyworth, si vous n’avez rien à faire, un week-end, ce show vous fera passer à coup sûr un bon moment.