Urban vient compléter sa collection d’histoires centrées sur l’occultiste britannique avec le run de Delano, proposant par conséquent les toutes premières aventures en solo de John Constantine. En effet, si l’ancien punk est d’abord apparu pour la première fois en tant que personnage secondaire de Swamp Thing, il a droit à sa propre série dès 1988. C’est parti pour la review de ce premier tome !

Anarchy in the UK

La première partie de ce volume est consacrée à une succession d’histoires courtes, pour la plupart non reliées entre elles, à l’exception de quelques détails. Si l’aspect politique du titre s’est malheureusement perdu à l’heure actuelle, cela a pendant très longtemps été une composante majeure de Hellblazer. Cependant, de tous les auteurs s’étant succédés, c’est sans doute à Delano que l’on doit une partie des récits les plus satyriques.

Bien entendu, pour être pleinement appréciés, certains nécessiteront chez un lectorat peu renseigné sur l’histoire de la politique du Royaume-Uni et des années 90 en général, quelques rattrapages. Si normalement, la guerre du Vietnam est connue de tous, du moins dans les grandes lignes -pour résumer, que ce conflit a été une boucherie absolue-, la politique de Margaret Thatcher aka la Dame de fer,  ne parlera pas à tout le monde.

Delano n’en démord pas, il a un calendrier et des cibles, et sans jamais abandonner l’aspect occulte, continue à tirer sur la politique et les puissants. Les financiers deviennent littéralement des démons, les âmes sont balancées et vendues en suivant les aléas des élections, etc… Cependant, que le lecteur se rassure, là où on aurait pu craindre une certaine redondance dans le propos ou un côté too much causant chez le lecteur la fameuse réaction « C’est bon, les méchants ce sont les riches, on a compris », le tout s’enchaîne d’une belle manière et fluidement.

En parlant du lecteur, celui n’ayant suivi Hellblazer que par le prisme des sorties Urban ou de la série TV sera heureux de découvrir les premières apparitions de Chas, Zed, ou de Papa Midnite. Soit dit en passant, la traduction peut être légèrement questionnable sur certains diminutifs. Le choix de traduire le « Pops » Midnite, diminutif de père,  par « papounet » n’est pas incorrect, mais fait très étrange. Un peu comme lorsque Ragman était devenu « Le Loqueteux » dans Infinite Crisis.

jamie delano hellblazer

Seventeen

La deuxième partie du tome est consacrée quant à elle à la mythologie DC et à la mythologie du personnage de Constantine lui-même.

Dans une première intrigue, Delano revient aux racines du personnage, et faire réapparaitre la créature du marais. L’aventure ramène également dans la partie le mystérieux Phantom Stranger, et le démon Etrigan dans une quête visant à permettre à Alec Holland de planter sa graine pour engendrer son futur successeur. L’échelle de grandeur dans lequel se passe le titre change, donnant une impression d’immensité. Ce qui n’était jusque là que les aventures d’un héros solitaire se connecte au reste de l’univers DC, permettant à cette occasion de réaliser que tout ce qu’on voit se déroule finalement dans le même monde que Batman et autres tarés costumés.

Dans la seconde histoire, les lecteurs pourront découvrir le fameux incident de Newcastle. Enfin, oui ! Enfin ! Ces tragiques événements, vous le savez, on vous les rabâche à chaque tome, à chaque run. Newcastle pour Constantine, c’est un peu la mort de papa et maman Wayne pour Bruce. C’est ce qui constitue l’ADN du personnage. Et vous savez quoi, sans spoiler, on comprend pourquoi.

jamie delano hellblazer

Bodies

Enfin, rendons à César ce qui revient à César. Cette ambiance très particulière qui se dégage du tome n’aurait pas été possible sans les dessins d’une pléthore d’artistes qui se sont succédés sur le titre.

Si je ne suis à titre personnel jamais effrayé par un comics, certaines scènes particulièrement glauques pourront impressionner certains lecteurs. En effet, plus que de la simple horreur, c’est l’aspect dégueulasse de l’univers qui marque, et la première histoire donne le ton avec des vers, de la moisissure en pagaille, des corps décharnés à cause de la drogue.

Une véritable recherche est effectuée pour dépeindre les différents personnages et environnements, avec quelques tentatives assez réussies d’intégrer les nouvelles idées visuelles liées aux technologies modernes.  On notera par exemple, l’introduction d’un style rappelant le pixel à l’occasion d’une intrigue centrée sur un ordinateur.

jamie delano hellblazer

Hellblazer continue de faire vendre, et tant mieux, parce que lorsqu’on voit le nombre de publication vf arrêtées par Urban, on aurait pu craindre que ce tome,  première partie d’une trilogie ne voit jamais le jour. Cet  excellent volume devrait ravir les fans du personnage autant dans son orientation satyrique, que dans ce qu’il représente : la première grosse pierre dans la mythologie de Constantine.

Excellent / 10 Notre avis
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Les +
- Les origines du personnage
- Des histoires prenantes
- Une bonne satyre
- Une ambiance pesante servie pas un collectif d'artistes talentueux
Les -
- Comme d'habitude, à ne pas mettre entre toutes les mains
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