Voilà des années que la Legion of superheroes avait disparu des rayons du NCBD. À part un petit run pas forcément bien accueilli par tout le monde lors des New 52, cela fait un petit moment qu’elle a été enterrée par l’éditorial de DC. Mais par la grâce de Rebirth, de Doomsday Clock et de Brian M. Bendis, la Legion fait son retour en grandes pompes chez notre éditeur fétiche. Après deux numéros introductifs Millenium assez faiblards, on est en droit de se demander si le scénariste de Cleveland saura les mettre en valeur.

Legion of Super Heroes

Une Legion de bavardages

Je ne suis pas le plus grand des spécialistes de la Legion of superheroes. L’équipe a son lot de fans absolus et radicaux, qui la connaissent jusqu’au bout des doigts, je le sais. Moi, je ne suis qu’un amateur du dimanche, ayant lu des runs et des histoires par-ci et par-là. C’est à la fois une tare et un avantage. D’un côté, je ne suis pas toujours au fait des petites subtilités concernant l’histoire complexe de l’équipe : ça plaide en ma défaveur… Et je demande pardon par avance si je heurte des passionnés pour avoir manqué l’une de ces subtilités. Mais en même temps, cette relative inexpérience me permet de juger le numéro avec un certain recul que j’aurais davantage de mal à avoir sur Shazam, Plastic Man ou Doom Patrol.

La première impression en sortant de ce numéro, c’est l’étourdissement face à une grosse vague de répliques. On sait qu’on est dans un comics de Bendis : ça parle, dans tous les sens, avec un tas de personnages. Parfois, il devient difficile pour le lecteur de savoir qui parle exactement. Un peu comme Superboy, nous sommes plongés au milieu du 31è siècle presque sans transition. On est laissés un peu paumés au milieu de ces dialogues et ses personnages. Le scénariste pose quelques enjeux et des éléments fondamentaux pour bien saisir la suite de son run. Mais il échoue encore à nous faire saisir les subtilités de ses personnages. Ils se ressemblent tous un petit peu et sonnent tous pareils. Peut-être est-ce seulement pour nous plonger dans l’ambiance de groupe… Mais si Bendis continue de faire intervenir TOUS les membres de la Legion dans chaque numéro, on est mal barrés.

Legion of super heroes

Un fascicule magnifique

Là où Legion of Super Heroes #1 brille, c’est sur la partie visuelle. On en prend plein les yeux avec les visuels de Ryan Sook, bien détaillés. Le dessinateur, aidé en cela par Jordie Bellaire à la colorisation, parvient à donner chair à tous les environnements. Il y a vraiment une ambiance différente entre le QG de la Legion et les rues de Planet Gotham. Il parvient aussi à offrir des nouveaux designs intéressants aux personnages et à donner à chacun son identité propre (à voir si ces nouveaux designs seront approuvés par les fans, par contre…). Si Bendis échoue à leur donner une âme véritable dans ses dialogues, Sook compense aux dessins. Sous son trait, chacun irradie d’une présence particulière qui lui donne son expressivité et son supplément d’âme. Il parvient également brillamment à représenter l’équipe en mouvement, avec pas mal de dynamisme.

À côté des personnages et de l’ambiance, Sook s’amuse aussi dans la construction des pages. L’artiste joue sur les splash pages et s’amuse dans la construction des cases pour leur donner un aspect non-conventionnel, afin de renforcer cette impression d’être dans le futur. Sook parvient à le faire en permettant toujours au lecteur de pouvoir naturellement accompagner l’image avec ses yeux, sans être trop saisi par une quelconque aspérité.

Il faut aussi souligner de bon travail de Wade Von Grawbadger à l’encrage, qui participe formidablement à la partie artistique avec un travail adapté à chaque page. Sur Planet Gotham ou dans l’espace, les noirs sont font plus intenses et épais. A Metropolis, la lumière irradie et l’encrage se fait beaucoup plus discret. C’est un travail qualitatif, qu’il ne faut pas oublier.

Legion of super heroes

Prometteur, malgré tout

A la lecture de ce premier chapitre, on peut être également par la faiblesse des enjeux. Ici, pas de menace intergalactique, ou de grands concepts incroyables. Simplement le premier chapitre d’un comics de la Legion, pour nous introduire doucement à cet univers. Et paradoxalement, c’est rafraichissant. Le public cible de Bendis est clairement des lecteurs qui n’ont jamais touché à la Legion, et cherche à ne pas à les perdre. Espérons que ce faisant, il ne s’aliène pas non plus les fans historiques, que sa réinvention pourraient déranger. L’équipe a toujours eu une relation compliquée à la continuité, donc peut-être ont-ils l’habitude.

Legion of Super Heroes #1 s’en sort donc plutôt bien et peut laisser le lecteur assez optimiste pour la suite grâce à l’univers mis en place. Bien sûr, le numéro pèche en cherchant à trop en faire, par trop de parlotte, trop de personnages d’un coup, et du coup une caractérisation bien faiblarde. Mais on sent que c’est du show-off de la part du scénariste qui cherche à nous plonger dans le bain de manière abrupte pour nous faire comprendre l’échelle de grandeur de la série. Pour l’instant, c’est néanmoins surtout la partie artistique de Sook, Bellaire et Von Grawbadger qui rend ce numéro franchement appréciable. Pour le reste, on attendra la suite. 

Bon / 10 Notre avis
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Les +
- Les dessins de Ryan Cook
- L'encrage de Wade Von Grawbadger
- Un esprit positif et une bonne ambiance
- Une réinvention intéressante...
Les -
- Un peu trop bavard
- Des problèmes de caractérisation
- Bendis saura-t-il aller au-delà de son idée de base ?
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