Le Black Label commence tout juste son mois consacré au Joker et avant de voir arriver le Joker de Jeff Lemire, c’est ce Joker/Harley : Criminal Sanity qui nous arrive. Alors est-ce qu’après le très bon Harleen le Black Label continue sur sa lancée ?

Joker/Harley Miami

Joker/Harley : Criminal Sanity met donc en scène Harley Quinn, qui ne veut pas qu’on l’appelle Harleen, ce qui est bizarre d’ailleurs, mais on aura sans doute une explication à ça. Harley est une spécialiste dans la psychologie criminelle qui aide la police de Gotham. Bien entendu la dite police est complètement inefficace, peuplée en majorité d’incapable et dirigée par un connard qui ne croit pas en les capacités d’Harley. Ça vous semble familier ? Normal, c’est le même scénario que 90% des procédurales que les américains nous vomissent à la chaîne. Tout cette idée de la police qui collabore avec un élément extérieur et cela crée des étincelles, c’est du vu et revu.

Et oui, Joker/Harley respire les cliché et aurait très bien pu être une série télévisée à la ExpertsCSI, ou je ne sais quoi. C’est bien simple elle n’invente absolument rien, ce qui en soi n’est pas tant un problème, l’originalité et la qualité ne vont pas toujours de pairs. Cependant ici le problème c’est que tout ce qu’elle entreprend à déjà été mieux fait ailleurs. Je ne suis pas familier des séries procédurales américaines ça je dois bien l’avouer. Néanmoins je suis persuadé qu’il y en a des dizaines qui traitent mieux son sujet que Harley/ Joker. Après, on pourra arguer que ce n’est que le premier numéro et que la scénariste, Kami Garcia réussira à créer quelque chose autour de cette étude des sociopathes de plus intéressant. Mais permettez-moi d’en douter, car ce que l’on a déjà autour de ce thème est loin d’être glorieux.

Le Mindhunter du pauvre

Lorsque Kami Garcia se met à parler pendant plusieurs pages de célèbres sociopathes, le thème de son histoire quand même, on ne peut que regretter la fadeur qui se dégage du tout. On en vient même à se demander si la scénariste n’a pas juste vu Mindhunter (qui est excellente regardez la, vraiment) et s’est dit qu’elle allait faire pareil. Et on ne parlera même pas de cette fin qui nous sort le pire cliché du « le mal est parmi où ». En plus de nous offrir une fin des plus insatisfaisante, qui ne donne aucune envie d’en voir plus.

En plus quand on ajoute à tout ça une écriture qui est loin d’être des plus fines, voire qui est carrément lourdingue par moment c’est loin d’être reluisant. D’ailleurs toujours pour parler de l’écriture, globalement la caractérisation des personnages est vraiment caricaturale et renforce encore plus cette impression de mauvaise série.

Des visuels dérangeants (et pas dans le bon sens)

Quant à la partie graphique, à ce niveau-là Joker/Harley est compliqué. Déjà il faut souligner une idée qui en premier lieu est un peu déroutante, mais finie par être plutôt intéressante. En fait toute la partie dans le présent est en noir et blanc, tandis que dès que l’on passe aux flash-backs on revient aux couleurs. Cela va à l’encontre de tous les codes existant, mais ça permet aussi de  souligner la morosité de la vie à Gotham. Donc bien que perturbante au premier abord cela reste une idée intéressante.

Qui plus est toute la partie en noir et blanc est vraiment magnifique. Il y a un vrai travail sur les textures, rien que la veste de Harley sur la première page. Mais aussi sur le découpage qui est vraiment réussi la plupart du temps. On notera bien une tête flottante un peu étrange à un moment.

Cependant le vrai problème vient quand on arrive aux  flashbacks. Ici la colorisation est réalisée par Michael Mayhew et le rendu est vraiment dérangeant. Les dessins surdétaillés couplé à cette colorisation numérique donne un résultat qui interpelle tout de suite. En réalité les dessins ressemblent presque à des captures jeux-vidéo. On pourrait même aller jusqu’à parler de vallée dérangeante ici.

Malheureusement, Joker/Harley est donc une vraie déception. Sans aucune originalité, ne racontant pas grand chose et ressemblant beaucoup trop à une série policière américaine de base. Il en reste une partie graphique qui n’est qu’à moitié bonne. Bien que ce début n’est pas du tout engageant, peut-être que le titre parviendra à se rattraper par la suite en créant une vraie relation intéressante entre le Joker et Harley. C’est tout ce que l’on peut lui souhaiter. 

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- Partie graphique du présent vraiment bonne...
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- Une fin des plus cliché
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